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09/01/2010

Le « Grand emprunt » : du mythe à la réalité (deuxième partie)

Le « Grand emprunt » (22 Md€), additionné au recyclage des sommes prêtées aux banques et maintenant remboursées (13 Md€), permettraient d’injecter 35 Md€ dans l’économie française.

 

Cette somme appelle deux comparaisons :

-         la première avec les 29,9 milliards d’€ affectés aux mesures du « Plan de relance » dont l’effet sur l’économie est passé presque inaperçu,

-         la seconde avec une dizaine de milliards d’euros que l’Etat arrive à dégager annuellement sur son budget pour l’investissement (soit 3 % seulement de son budget).

 

Alors, "verre à moitié vide" ou à "verre moitié plein" ?

 

Disons que ce qui va être primordial, c’est la capacité à investir ces 35 milliards d’euros le plus rapidement possible dans des actions porteuses d’avenir, sans que l’effet d’aubaine ne prime.

 

Si l’on se réfère au « Plan Campus », cette opération d’envergure nationale piétine.

 

Il y a un an, elle devait être financée par une partie de la privatisation d’EDF : cela n’a pas été le cas.

 

Aujourd’hui, seul le regroupement en pôle universitaire a avancé.

 

Le « Plan Campus » de Montpellier a été notamment défini avec l’appui de la Ville, du Département et de la Région mais aucun début de commencement n’est à ce jour visible.

 

Or, si les 12 pôles d’excellence retenus doivent recevoir une dotation de 10,3 Md€ (dont 1 Md€ spécifiques pour l’Université Paris-Sud à Saclay), issus de l’opération « Grand emprunt », ils ne pourront en réalité bénéficier que de l’intérêt de cette somme qu’ils devront placer !

 

Ces 10 Md€ (milliards d’euros) se transforment donc en une rente annuelle de l’ordre de 350 M€ (millions d’euros) qui, seule, pourra être dépensée !

 

Ce ne sont donc pas 35 Md€ qui sont à investir mais seulement 26 Md€ sur 4 ans !

 

Le Gouvernement a, de façon réaliste, pris en compte cette lenteur de mise en œuvre inhérente à tout projet humain (il suffit de penser au retard pris par l’Etat sur la réalisation de l’A750 entre Gignac et Montpellier ou encore sur la rénovation de l’immense copropriété privée délabrée du Petit-Bard à Montpellier) : l’emprunt ne sera mobilisé que progressivement, au fur et à mesure des besoins, sur plusieurs mois et certainement sur plusieurs années.

 

C’est de bonne gestion et c’est déjà une pratique ancienne chez les collectivités territoriales.

 

D’autre part, quatre priorités ont émergé du travail de la commission Rocard pour utiliser les nouveaux fonds : recherche, université, haut débit et croissance verte.

 

Concernant les 25 Md€ à investir en dehors du « Plan Campus, les priorités sont les suivantes :

-         recherche, avec 10 Md€ dont 2,5 Md€ destinés à la santé (cancer, SIDA, maladies génétiques, Alzheimer) et aux biotechnologies, 3,5 Md€ à des sociétés de valorisation de la recherche et 0,85 Md€ pour créer des instituts hospitalo-universitaires,

-         industrie-PME, avec 6,5 Md€ pour les filières d’excellence du domaine de l’aéronautique, du spatial, de l’automobile, du ferroviaire et de la construction navale,

-         numérique, avec 4,5 Md€ pour généraliser le haut débit sur tout le territoire (sachant que c’est déjà lancé en Languedoc-Roussillon par la Région et le Département de l’Hérault),

-         développement durable, avec 5 Md€, qui devraient se rajouter aux 7 Md€ annuels du Grenelle de l’environnement, pour développer le nucléaire (50 % des crédits) et les énergies renouvelables (50 % des crédits) via l’ADEME.

 

Le bilan des investissements effectivement réalisés, le bien fondé de l’utilisation des crédits et l’effet de levier de ces dépenses ne pourront être évalués qu’a posteriori, c’est-à-dire d’ici quelques années.

 

Le « Grand emprunt » est certes une opération de communication de grande ampleur mais elle le sera moins que prévu : en effet, le Gouvernement Fillon a dû renoncer à faire appel à l’épargne des Français (le mot d’épargne populaire aurait pu être facilement remis d’actualité).

 

Malheureusement pour le pouvoir en place, l’annonce prématurée n’avait pas pris en compte le fait que l’épargnant français demande un taux d’intérêt supérieur (majoration de rémunération d’environ 1,5 % par an soit un coût supplémentaire de l’ordre de 300 M€) aux fonds de pensions anglo-saxons ou aux consortia internationaux de banques.

 

Le « Grand emprunt » n’aurait pas été attractif pour les particuliers et il serait donc apparu comme un « flop ».

 

Les gros « investisseurs » étrangers viendront donc en secours, alléchés par un placement sûr garanti par les Français sur leurs impôts : ces financiers détiennent déjà 60 % de la dette de l’Etat français et devraient souscrire au moins à cette hauteur le nouvel emprunt.

26/07/2009

L’emploi à Montpellier et sur les villages alentours

Le crise économique a conduit dès l’été 2008 à une baisse de l’emploi salarié. La crise financière de l’automne 2008 a précipité ce déclin.

Au premier trimestre 2009, en tenant compte des fluctuations des missions d’intérim, l’industrie a perdu en France 7,5 % de ses effectifs, le BTP (bâtiment et travaux publics) 1 % tandis que le tertiaire est resté stable.

Globalement, ce sont 175.100 postes de travail qui ont été perdus en 3 mois. Le nombre de salariés dans des secteurs concurrentiels a donc été ramené, au 31 mars 2009, à 16.478.200.

Alors que le chômage avait atteint en France un minimum après le passage aux 35 heures (près de 700.000 emplois directement générés par les lois Aubry), il atteint maintenant un sommet historique.

Compte tenu de son économie spécifique, avec en l’espèce quasiment pas d’industrie, le bassin d’emplois de Montpellier, comprenant de très nombreux villages alentours, a subi plus tardivement la contraction de l’emploi salarié.

En effet, la construction régresse ici moins qu’ailleurs, essentiellement du fait :
- des investisseurs privés dans la pierre, alléchés par les avantages fiscaux de la loi Scellier,
- des investissements des collectivités territoriales, comme par exemple avec la construction du Lycée Pierre Mendès-France par la Région Languedoc-Roussillon (les collectivités territoriales réalisent en France les 3/4 des investissements publics, qualifiés de « Formation Brute de Capital Fixe, et elles ont fourni un effort supplémentaire en 2009 compte tenu de la conjecture économique).

Sur Montpellier et sa périphérie, les PME sont nombreuses et très diversifiées ce qui permet une meilleure résistance.

Il n’y a donc pas de plans de licenciement massif.

La plupart des entreprises locales parviennent à maintenir leur activité mais elles ne génèrent plus de nouveaux emplois.

Toutefois, compte tenu de la prééminence du tertiaire, où les emplois sont plus particulièrement précaires et de l’afflux démographique plus difficilement absorbable par le tissu économique local, le chômage dans le Montpelliérain croît substantiellement.

En fait, les agences du Pôle Emploi à Montpellier et autour ont constaté :
- une réduction immédiate des missions d’intérim et de remplacement,
- la division par 2 du nombre d’offres d’emploi en moins d’un an,
- une augmentation de l’ordre de 15 % du nombre de demandeurs d’emploi à temps plein (dit catégorie A),
- un impact plus fort de la dégradation du chômage sur les plus publics fragiles : jeunes de moins de 25 ans peu ou pas qualifiés, salariés en CDD ou en intérim,
- une modification dans le profil des inscrits avec plus de jeunes diplômés, d’agents de maîtrise, voire de cadres et enfin de travailleurs à compétences très spécifiques, dorénavant moins sollicités en intérim,
- une mobilisation, avant même la perte de leur poste, des salariés en fin de contrat, en vue de rechercher un autre emploi.

Les salariés constatent de leur côté une tension nette à la baisse sur le niveau de rémunération maintenant proposé par les employeurs.

Le dynamisme économique de Montpellier est cependant un gage d’espoir avec notamment les chantiers liés à la construction de la 3ième ligne du Tramway et l’ouverture du vaste centre commercial d’Odysseum.