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22/02/2013

Faut-il recruter davantage d’enseignants ?

Faut-il recruter davantage d’enseignants ?

La réponse est clairement non s’il s’agit de maintenir des professeurs dans des filières à faible débouché professionnel ou sur des territoires où le nombre d’élèves est trop faible.

De même, les établissements accueillant un public sans problèmes particuliers ne mérite pas forcément un encadrement aussi important que dans les quartiers difficiles.

Force est de constater qu’un gaspillage significatif de fonds publics est intervenu sous le quinquennat de Nicolas Sarkozy avec une approche purement comptable de l’affectation du personnel (réduction proportionnelle et égale partout en France).

Surtout, les recteurs, seulement responsabilisés sur un objectif d’économie, ont traité l’allocation de ressources de façon démagogique, notamment en milieu rural, afin d’éviter d’avoir des maires et des grands élus sur le dos.

Les yeux rivés sur la réduction, coûte que coûte, des effectifs, l’objectif de réallocation vertueuse des moyens a été oubliée.

Or, la montée en puissance des baccalauréats professionnels, l’émergence de nouveaux métiers, les difficultés en lecture et en compréhension de texte d’un nombre alarmant d’enfants, méritaient une prise en compte.

En supprimant 80.000 postes d’enseignants en 5 ans, c’est la création de nouvelles formations nécessaires à la compétitivité de nos entreprises qui a été oublié, le suivi des enfants en situation d’handicap ou en difficultés majeures abandonné (RASED) et le vivier de maîtres remplaçants supprimé.

Cela signifie, concernant ce dernier point, qu’au hasard de la vie, que dans les classes où les professeurs étaient absents durablement, les élèves se trouvaient sacrifiés dans leurs apprentissages.

En outre, les trous dans l’emploi du temps désorganisaient et dépréciaient le reste de la formation, en démobilisant les élèves.

Considérer l’enseignement comme une dépense est forcément péjoratif : il s’agit d’un investissement, certes immatériel, mais hautement productif.

C’est d’ailleurs, de très très loin, l’investissement principal de l’Etat.

Celui qu’il doit à la société pour préparer la richesse de demain.

Quel est le nouveau dispositif mis maintenant en place par le Ministre de l’Education Nationale, Vincent Peillon ?

Il créé 6.770 postes d’enseignants dans le public, pour la rentrée 2013/2014 :

-         3.006 dans le premier degré,

-         3.764 dans le second degré.

Cette mesure d’un coût en année pleine de l’ordre de 200 millions d’euros est largement couverte par les économies escomptées à l’occasion du retrait de nos troupes en Afghanistan (522 millions d’euros de dépenses en 2011, hors aide civile).

Cette rupture dans l’évolution du nombre d’enseignants (une hausse au lieu de baisses systématiques depuis 2008) est surtout accompagnée d’une rupture dans l’affectation.

Vincent Peillon a demandé aux recteurs de répartir les postes sans saupoudrage et « sans donner plus à ceux qui ont déjà beaucoup ».

Ces créations doivent notamment permettre de faire face à l’afflux de 30.328 enfants supplémentaires dans les écoles maternelles et primaires publiques (besoin de 1.000 postes environ).

Mais si François Hollande a promis dans son programme présidentiel la création de 60.000 postes d’enseignants sur le quinquennat, il faut que cette action volontariste soit vertueuse et efficace.

Premièrement, le rééquilibrage entre académies débute :

-         la Martinique (- 1.000 élèves en maternelle-primaire et - 771 élèves en collèges-lycées), Nancy-Metz (- 986 et - 366) et la Guadeloupe (- 665 et - 504) perdent des maîtres, les effectifs ayant une tendance lourde à la baisse,

-         Versailles (+ 439 enseignants en maternelle-primaire et + 400 enseignants en collèges-lycées), Créteil (+ 405 et + 430) et Toulouse (+ 109 et + 369) constituent le tiercé de tête, en terme d’augmentation des moyens humains,

-         Montpellier (+ 117 et + 235) connaît des ouvertures de postes supérieures (de l’ordre de 20 %) à la moyenne nationale.

Un mal de l’Administration d’Etat est bien cette lourdeur à redéployer les moyens sur le territoire, le conservatisme étant le penchant naturel de beaucoup de Français et de certains de leurs représentants.

Seules les académies d’Aix-Marseille, Grenoble et Lyon nécessitent plus de créations en premier degré qu’en second, signe de leur dynamisme de leur nombre de naissances.
Pour les autres académies, les besoins d’enseignants supplémentaires, du fait de la croissance des effectifs, sont tendanciellement de plus en plus faibles, ce qui permettra donc un approfondissement qualitatif sur les 4 dernières années du quinquennat.

Quels sont les objectifs qualitatifs du Gouvernement ?

Tout d’abord, recréer des viviers de remplaçants pour éviter à certains jeunes des années de formation chaotiques, surtout quand ce sont les enseignants de matières principales qui sont longuement absents.

Ensuite, scolariser les enfants de 3 ans dans les zones difficiles.

On sait depuis longtemps que la réussite scolaire est d’autant plus élevée que l’entrée en maternelle est précoce.

Si les familles les moins intégrées ont de la réticence à confier leurs enfants à l’institution, ce sont pourtant bien eux qui auraient besoin d’une sociabilisation précoce.

Or, l’école offre souvent peu de capacité d’accueil dans les quartiers populaires (d’où la prudence de laisser du temps aux municipalités pour construire les salles de classe nécessaires).

Vincent Peillon a fixé comme objectif initial l’accueil de 15.000 jeunes enfants à la rentrée 2013/2014 et d’ici 2017 de 30 % d’une tranche d’âge.

15 académies ont été ciblées comme prioritaires.

En outre, il est prévu d’affecter 7.000 enseignants, en sus des effectifs classiques, dans les écoles accueillant des enfants de milieux défavorisés afin d’endiguer la difficulté scolaire des première années et réduire plus tard l’échec scolaire, très coûteux pour une économie du savoir et de la connaissance comme la nôtre.

La dotation en enseignants surnuméraires sera conditionnée à la production d’un projet pédagogique, toujours dans un souci de performance.

Une évaluation du dispositif sera nécessaire pour éviter que l’argent dépensé ne produise pas tous les effets escomptés.

Enfin, le Ministre de l’Education Nationale donne priorité à l’enseignement professionnel.

Si globalement, dans les collèges et les lycées, environ 2.500 postes nouveaux iront à l’accueil de 29.825 élèves supplémentaires, les 1.300 restants renforceront l’enseignement professionnel.

Les formations de ce dernier seront progressivement adaptées à la demande du marché de l’emploi et à la demande des élèves.

La Cour des Comptes a en effet pointé du doigt, dans un rapport paru le 12 décembre 2012, l’inégalité d’offre de formation aux élèves en fonction du lieu ou des spécialités.

Plus globalement, c’est le souci d’une orientation optimale et équitable qui reçoit un début de réponse.

Avoir un système éducatif doté des moyens financiers et humains idoines, performant, juste socialement, est la condition majeure pour que notre pays tienne son rang de nation avancée (le 5ème au Monde).

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16/09/2010

Où sont scolarisés nos enfants ?

La carte scolaire est un outil administratif permettant d’affecter les élèves à des établissements scolaire de proximité.

 

Cette proximité est réelle en ville et en périurbain ; elle peut l’être moins en milieu rural où certains enfants doivent opter pour l’internat.

 

Les dérogations à la carte scolaire sont génératrices de temps de transport supplémentaire pour les élèves et donc de fatigue et de prédisposition supplémentaire à l’échec scolaire.

 

Chaque établissement draine un secteur plus ou moins important dans lequel se crée une identité territoriale.

 

En effet, les adolescents qui fréquentent le Lycée Ambrussum à Lunel (Vérargues, Saint-Christol, Saint-Sériès, Saturargues, Villetelle) ont tendance ensuite à se rendre visite sur le secteur concerné (Nord-Lunellois) et à développer des activités communes.

 

Il en est de même pour les lycées :

-         Frédéric Bazille à Montpellier avec les communes d’Assas, Clapiers et Jacou,

-         Jean Jaurès à Saint-Clément de Rivière, avec les communes de Combaillaux, Saint-Gély du Fesc, Les Matelles, Montferrier sur Lez, Prades le Lez, Saint-Vincent de Barbeyrargues, Saint-Jean de Cuculles, Le Triadou et bien d’autres plus au Nord,

-         Jean Monnet à Montpellier avec les communes de Murviel lès Montpellier, Saint-Paul et Valmalle, La Boissière, Montarnaud, Vailhauquès, Argelliers, Murles, Grabels et une partie de Saint-Georges d’Orques,

-         Champollion à Lattes avec les communes de Villeneuve les Maguelone, Palavas, Pérols, Saint-Aunès, Mauguio et La Grande-Motte,

-         Louis Feuillade à Lunel avec les communes de Baillargues, Mudaison, Candillargues, Saint-Brès, Valergues, Lansargues, Lunel-Viel, Saint-Just, Saint-Nazaire de Pézan et Marsillargues,

-         Jules Guesde à Montpellier avec les communes de Cournonsec, Cournonterral, Pignan, Juvignac et une partie de Saint-Georges d’Orques,

-         Pierre Mendès-France à Montpellier avec les communes de Fabrègues, Saussan, Lavérune et Saint-Jean de Védas,

-         ou encore Georges Pompidou à Castelnau le Lez avec les communes de Vendargues, Le Crès, Teyran, Guzargues, Montaud et Saint-Drézéry.

 

Une singularité concerne le Lycée Joffre au Centre de Montpellier : sa carte scolaire se résume presque à Montpellier mais aussi, accessoirement, à une partie de Castelnau le Lez qui est partagée entre Joffre et Georges Pompidou.

 

C’est un peu comme si la Ville de Castelnau le Lez - la seule de l’Hérault à envoyer une partie de ses adolescents à l’extérieur alors qu’il existe un lycée sur son sol - n’avait pas entièrement confiance en son propre lycée.

 

Cette dichotomie trahit l’absence de vision unitaire de cette commune par ses élus dirigeants et leur acceptation qu’elle se fonde de façon indifférenciée dans la ville de Montpellier.

 

Tout établissement scolaire crée en fait du lien sur un territoire en renforçant sa cohésion.

 

Bien sûr, certains diront que le territoire prééxiste à l’implantation d’un établissement scolaire, sauf qu’il n’y a pas forcément correspondance fidèle entre carte scolaire et territoire historique.

 

A l’évidence, lorsqu’il y a discordance entre les deux, l’établissement scolaire pèse dans le sens d’une nouvelle répartition des identités territoriales.

 

En examinant de près les cartes scolaires tant au niveau du Collège que du Lycée, il apparaît clairement une inégalité de présence du service public éducatif sur le terrain.

 

L’implantation des lycées est ainsi exclusivement urbaine, essentiellement sur la plaine côtière, avec 3 établissements (Lodève, Clermont l’Hérault et Bédarieux) qui constituent une exception dans les Hauts-Cantons.

 

Pour beaucoup de lycéens, l’entrée en Seconde constitue donc le départ pour de nouveaux horizons, apprécié par les adolescents comme une ouverture sur le Monde et sur les autres.

 

Les lycéens appellent d’ailleurs de leurs vœux un brassage que des établissements plus centralisés offrent.

 

Même s’ils ambitionnent de conserver des amis, les adolescents aspirent à cet âge à un renouvellement et un élargissement de leur cercle de proches.

 

L’implantation des collèges, quant à elle, s’inscrit dans un maillage plus fin du territoire (79 collèges contre seulement 20 lycées d’enseignement général) adapté à l’horizon d’élèves tout juste sortis de l’enfance à l’entrée en Sixième.

 

Il y a eu un débat il y a une vingtaine d’années pour savoir s’il était préférable d’installer un nouvel établissement scolaire dans le bourg-centre, comme cela se faisait historiquement, ou en rase campagne,comme pour le Lycée Jean Jaurès à Saint-Clément de Rivière.

 

A l’heure du Grenelle de l’environnement où l’on privilégie les transports en commun le plus souvent organisés en étoile, c’est la solution historique qui tient à nouveau la corde.

 

La carte scolaire doit-elle évoluer dans l’Hérault à l’avenir ?

 

Deux phénomènes pèsent lourds : la métropolisation croissante du département (la Ville de Montpellier gagne cette année tout de même 1.100 élèves en Primaire sur un effectif antérieur d’environ 19.000) et le vieillissement de la population.

 

La construction d’un collège neuf à Roujan (ouverture prévue pour la rentrée 2013-2014) aura des incidences sur la carte du collège voisin de Servian (déjà entièrement rénové par le Conseil Général de l’Hérault) mais aussi sur tout le Centre-Hérault.

 

A noter que les élèves des communes de Buzignargues, Galargues, Garrigues, Campagne, Saussines, Boisseron sont dans l’obligation de rejoindre un collège non héraultais, en l’occurrence celui de Sommières dans le Gard, certes proche en terme de distance.

 

Si la croissance démographique de la deuxième couronne de Montpelllier et du Lunellois ne se dément pas, la création d’un collège dans le secteur de Saint-Christol ou de Saint-Drézéry pourrait s’avérer souhaitable.

 

Plus globalement, la création de nouveaux établissements n’est cependant plus très utile du fait de la stagnation des effectifs : ce sont donc les investissements dans l’équipement (laboratoires, informatique notamment) et l’amélioration des locaux qui sont à privilégier.

 

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Carte scolaire des collèges dans l'Hérault (année scolaire 2010-2011)

 

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Carte scolaire des lycées dans l'Hérault (année scolaire 2010-2011)