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03/10/2010

A quand une eau propre ?

Les Français sont très sensibles à la qualité des eaux de baignade.

 

L’Administration de la Santé fait procéder à des prélèvements réguliers dont les résultats d’analyse sont publiés.

 

Si des pollutions passagères sont encore constatées, l’eau de baignade en mer est la plupart du temps de meilleure qualité que celle des eaux douces des lacs, rivières et fleuves.

 

L’eau de mer est en effet un milieu à fort pouvoir aseptisant.

 

Il n’en reste pas moins que les eaux de baignade en Méditerranée font encore trop souvent les frais de pollutions chroniques ou accidentelles.

 

C’est notamment le cas pour certaines plages montpelliéraines allant de Villeneuve lès Maguelone au Grau du Roi.

 

Certaines stations balnéaires peuvent se voir refuser le « Pavillon Bleu » pour une non-conformité des eaux de baignade.

 

La Directive Cadre Européenne (dite DCE), adoptée le 23 octobre 2000 par le Parlement Européen et le Conseil Européen, fixe un objectif de bon état écologique des masses d’eau à l’horizon 2015 ainsi que le principe de non dégradation.

 

Tous les milieux aquatiques sont concernés : cours d’eau, lacs, nappes souterraines, estuaires et eaux côtières.

 

Le bon état écologique est atteint quand l’écart est léger par rapport à la situation naturelle pour l’ensemble des différents indicateurs de qualité biologique : invertébrés, diatomées, poissons et macrophytes).

 

Concernant le contrôle de la qualité des eaux de baignade, il passe par l'analyse d'un certain nombre de paramètres physiques, chimiques et microbiologiques.

 

Des normes à respecter obligatoirement, « valeurs limites impératives », ont été définies par la Directive 76/160/CEE relative à la qualité des eaux de baignade.

 

Les États membres peuvent en outre être plus stricts en se dotant de « valeurs limites guides » nationales plus exigeantes.

 

 

Paramètre Valeur limite impérative Valeur limite guide
Coliformes totaux / 100ml 10000 500
Streptocoques fécaux / 100 ml  -  100
Escherichia Coli / 100 ml 2000 100
Huiles minérales Absence  - 
Phénols Absence  - 
Substances tensio-actives (mousse) Absence  - 
Changement anormal de coloration Absence  - 
Transparence Secchi 1 2

 

Sur la côte montpelliéraine, de Villeneuve lès Maguelone au Grau du Roi, 25 plages sont surveillées ainsi que deux lieux de baignade en étang.

 

La qualité des eaux est très satisfaisante pour 2/3 des plages avec des classements A en 2006, 2007, 2008 et 2009.

 

En revanche, 1 point de baignade à La Grande-Motte (Saint-Clair) et 2 au Grau du Roi (Etang du Ponant, Etang de Salonique) s’avèrent fréquemment pollués (catégorie C ou « Eau de mauvaise qualité »).

 

En outre, 5 plages à Palavas (Le Prévôt, Saint-Pierre, Hôtel de Ville, Les Flots du Sud, Le Grec) ont été classées en B (« Eau de qualité moyenne ») au moins une fois sur les années 2006 à 2009.

 

Mauguio-Carnon s’en tire mieux avec des classements en A (« Eau de bonne qualité »).

 

Toutefois, un classement en A n’exclut pas des anomalies temporaires.

 

Or, c’est le cas en 2009 où plus de la moitié des plages ont connu un dépassement de la valeur guide en teneur d’Escherichia Coli (cf. tableau donnant le résultat des analyses pour la saison 2010 s’étendant du 15 juin au 15 septembre).

 

Ces bactéries colonisent le tube digestif des humains et des animaux à sang chaud : leur présence est un indicateur certain d’une contamination fécale récente.

 

A titre indicatif, la présence d’Escherichia Coli dans l’eau potable n’est pas admise : une eau du robinet contenant un seul Escherichia Coli par ml est ainsi déclarée impropre à la consommation.

 

En effet, ces bactéries peuvent en effet être accompagnées d’autres bactéries pathogènes, de virus et de protozoaires pouvant provoquer des maladies chez les humains.

 

Le zéro défaut en matière de qualité des eaux de baignade devrait être un objectif des élus locaux mais ce n’est pas toujours le cas.

 

L’image de leur station est en effet en jeu.

 

Bien sûr, la Mer Méditerranée subit les apports des fleuves côtiers et des étangs au travers des graus, responsables de certaines pollutions microbiennes.

 

Toutefois, les rivières comme les étangs ont un pouvoir épuratoire indéniable qui leur permet de digérer la pollution d’autant plus facilement que sa source est plus à l’amont ce qui laisse le temps de sa dégradation.

 

Cela signifie que les pollutions locales dont sont directement comptables les édiles des stations balnéaires sont les plus pénalisantes.

 

Il s’agit bien entendu des déversements d’eaux usées, traitées ou non traitées, dans les étangs, les fleuves, les canaux ou la Mer directement.

 

Or, il existe sur la côte des assainissements autonomes ; beaucoup d’entre eux n’ont jamais été contrôlés ; la plupart dysfonctionnent et rejettent de la matière organique dans les nappes d’eau.

 

En bord de Mer, les nappes d’eau sont perchées sur un substratum imperméable et s’écoulent de façon naturelle vers la Mer.

 

D’autre part, les réseaux de collecte d’eaux usées dans les stations balnéaires sont souvent fuyards ; l’hiver, ils drainent la nappe alimentée par les pluies et l’été ils suintent plus ou moins fortement dans le sable.

 

En effet, un réseau d’assainissement en zone plate est très difficile à poser (contre-pente au moindre tassement de terrain, cassure plus facile dans des terrains meubles sans cohésion) et à gérer (faible autocurage ce qui engendre des obturations et des mises en charge ayant un effet majorant sur les fuites).

 

De plus, ces réseaux collectifs sont équipés de déversoirs d’orage afin d’éviter qu’ils se mettent en charge (remontées d’eau usées dans les habitations à la clef) du fait qu’ils collectent des eaux de pluies, soit parce qu’il sont anciens et donc souvent unitaires c’est-à-dire réunissant eaux usées et eaux de pluie, soit parce qu’ils sont percés et qu’ils drainent la nappe.

 

Or, la fonction du déversoir d’orages est de libérer dans la nature les eaux collectées en excès et qui viendraient perturber le fonctionnement des stations d’épuration.

 

Concernant ces dernières, elles sont souvent obsolètes, insuffisamment dimensionnées, surtout pour la période estivale.

 

En outre, lorsque les élus des stations balnéaires se sont occupés de leur modernisation, elles subissent tout de même invariablement une indigestion au moment du rush d’arrivée des vacanciers.

 

Cela explique pourquoi la qualité des eaux de baignade se dégrade toujours mi-juillet.

 

Les stations des villes de l’intérieur des terres, au contraire, sont moins sollicitées à cette période et ont leur meilleur rendement de l’année.

 

Les touristes se baignent donc dans une eau qu’ils se sont eux-mêmes chargés (lorsqu’ils logent en station) de polluer, aidés il est vrai par l’imprévoyance de certains décideurs.

 

C’est pourquoi, l’idée d’un émissaire en mer concernant la grande station d’épuration de Montpellier (400.000 équivalent-habitants et 96 % de taux de traitement global, soit le meilleur taux de l’Hérault), dénommée Maéra, s’est avérée fort judicieuse.

 

D’une part, la Mer Méditerranée connaît un déficit en nitrates et en phosphates utiles à la faune, d’autre part un rejet à 7 km de la côte permet de préserver à la fois le Lez et les plages.

 

Alors, entendre accuser cette station d’être à l’origine d’une nappe flottante de polluants non traités (plus vraisemblablement issus d’un délestage d’un bateau ou d’un rejet terrestre), alors que le puissant courant ligure pousse les eaux d’Est en Ouest, c’est-à-dire vers Sète, ressemble à un détournement d’attention sur le problème récurrent des rejets des stations d’épuration des villes balnéaires dans le milieu naturel.

 

A l’évidence, Mauguio-Carnon devrait emboîter le pas à Palavas en acceptant la solution du raccordement de Carnon et de Vauguières (Commune de Mauguio) à la station moderne de Maéra (6 M€ d'investissement seulement) et à l’émissaire en Mer plutôt que de vouloir mettre aux normes sa propre station d’épuration (coût de 12 M€ + 7 M€ pour dissocier le réseau d'eaux usées dont des parties sont communes à celui de Pérols, ce dernier étant collecté à Maéra) et de continuer à rejeter les effluents dans le milieu naturel.

 

C’était le cas de Palavas qui jusqu’à son raccordement à Maéra déversait dans l’étang du Grec et contribuait à l’asphyxie des étangs littoraux ainsi qu’à leur comblement progressif.

 

La solution Maéra a été la plus respectueuse de la santé publique et la plus économique.

 

A Palavas, le prix de l’eau battait en effet déjà des records, bien avant ce raccordement, avec un tarif proche de 5 €/m3 alors que la moyenne de l’Hérault est voisine de 3 €/m3.

 

Pour la Grande-Motte et le Grau du Roi, faute de capacité financière à réaliser un émissaire en Mer, les pollutions bactériennes risquent de perdurer encore de nombreuses années.

 

C’est un secteur où la pollution est chronique (cf. tableau donnant le résultat des analyses pour la saison 2010).

 

Comment viser dans ces conditions un tourisme haut de gamme ?

 

Ce n’est pas une mince hypothèque à lever.

 

Quant à la plage de Palavas, Hôtel de Ville – Rive Gauche, il faudrait que les élus concernés se penchent sérieusement sur le problème : elle est la seule polluée le 5 juillet 2010 entre Villeneuve lès Maguelone et le Grau du Roi ce qui démontre un déversement local venant de la terre ferme.

 

Du fait des conditions xériques de cet été (en tout et pour tout : 6 mm de pluie relevés à Fréjorgues le 11/06/2010, 10 mm le 01/08/2010 et enfin 28mm le 06/09/2010), ce ne sont pas les pluies et leurs habituels lessivages ou débordements qui peuvent être explicatifs.

 

Bien entendu, les réseaux d’assainissement sont enterrés et leur état n’est pas au vu de tous.

 

Certes, ils ne se voient pas mais ils trahissent par moment l’insouciance ou l’incurie de certaines municipalités.

 

Lorsqu’on est capable de financer des spectacles de variétés, des concours de feux d’artifices, des offices de tourisme et des publicités, on doit aussi être capables de veiller à la santé des baigneurs.

 

Les stations balnéaires sont riches : elles doivent aussi penser à se doter d’équipements structurants.

 

Espérons que la publication des mesures, par le Ministère de la Santé, relative à la qualité des eaux de baignade, et leur porter à connaissance de nos concitoyens, constitue un aiguillon suffisant pour que les choses changent.

 

Paramètres de qualité des eaux de baignade par plage (saison 2010)

pour les communes de Villeneuve lès Maguelone, Palavas, Mauguio-Carnon et La Grande-Motte

 

  

Plage Commune Classements 2006 à 2009 Relevé 01/06/2010 Relevé 18/06/2010 Relevé 05/07/2010 Relevé 16/07/2010
1 Maguelone-Ouest Villeneuve lès Maguelone AAAA     15 30
2 Maguelone-Est Villeneuve lès Maguelone AAAA 15 45 15  
3 Rive Droite - Le Prévost Palavas les Flots BAAB   15 15  
4 Rive Droite - L'albatros Palavas les Flots AAAA        
5 Rive Droite - Saint-Pierre Palavas les Flots ABAA        
6 Rive Gauche - Hôtel de Ville Palavas les Flots AAAB   15 3300 200
7 Rive Gauche - Les Flots du Sud Palavas les Flots AAAB     30  
8 Rive Gauche Saint-Roch Palavas les Flots AAAA     15  
9 Rive Gauche - Saint-Maurice Palavas les Flots AAAA   15 15  
10 Rive Gauche - Le Grec Palavas les Flots ABAA 15 61 15  
11 Carnon Plage - La Roquille Mauguio AAAA     15 46
12 Carnon Centre Mauguio AAAA       46
13 L'Avranche Mauguio AAAA       96
14 Carnon Petit-Travers Mauguio AAAA       130
15 Carnon Les Dunes Mauguio AAAA       15
16 Grand Travers La Grande-Motte AAAA   15    
17 Plage du Couchant La Grande-Motte AAAA 15 77 15 45
18 Plage de la Rose des Sables La Grande-Motte AAAA     15 140
19 Saint-Clair La Grande-Motte ACAB 30     96
20 Point Zéro La Grande-Motte AAAA     77 46
21 Le Boucanet Le Grau du Roi AAAA 15   94  
22 Etang du Ponant - L'Ile du Ponant Le Grau du Roi AAAC   30 30 410
23 Rive Droite Le Grau du Roi AAAA   77 30  
24 Rive Gauche Le Grau du Roi AAAA 15 30 560  
25 Port Camargue Nord Le Grau du Roi AAAA   140 230  
26 Port Camargue Sud Le Grau du Roi AAAA   93 30  
27 Etang de Salonique Le Grau du Roi ABBA 180 930 410  
28 Pointe de l'Espiguette Le Grau du Roi AAAA   30 290  

 

Suite ...

 

 

Plage Commune Classements 2006 à 2009 Relevé 19/07/2010 Relevé 02/08/2010 Relevé 16/08/2010 Relevé 03/09/2010
1 Maguelone-Ouest Villeneuve lès Maguelone AAAA   15 30  
2 Maguelone-Est Villeneuve lès Maguelone AAAA 140     30
3 Rive Droite - Le Prévost Palavas les Flots BAAB 160     15
4 Rive Droite - L'albatros Palavas les Flots AAAA 77     61
5 Rive Droite - Saint-Pierre Palavas les Flots ABAA 45 30   330
6 Rive Gauche - Hôtel de Ville Palavas les Flots AAAB 510 160 93 94
7 Rive Gauche - Les Flots du Sud Palavas les Flots AAAB 30 45 46 46
8 Rive Gauche Saint-Roch Palavas les Flots AAAA 190   15  
9 Rive Gauche - Saint-Maurice Palavas les Flots AAAA 93   15  
10 Rive Gauche - Le Grec Palavas les Flots ABAA 30 30 30 61
11 Carnon Plage - La Roquille Mauguio AAAA 160 30    
12 Carnon Centre Mauguio AAAA 94 30 77 30
13 L'Avranche Mauguio AAAA 15   46 15
14 Carnon Petit-Travers Mauguio AAAA 130 130 46  
15 Carnon Les Dunes Mauguio AAAA 15 45    
16 Grand Travers La Grande-Motte AAAA 30 15   15
17 Plage du Couchant La Grande-Motte AAAA 130 15   15
18 Plage de la Rose des Sables La Grande-Motte AAAA   46 15 30
19 Saint-Clair La Grande-Motte ACAB 77 15    
20 Point Zéro La Grande-Motte AAAA 94      
21 Le Boucanet Le Grau du Roi AAAA 46   46  
22 Etang du Ponant - L'Ile du Ponant Le Grau du Roi AAAC 780   30 46
23 Rive Droite Le Grau du Roi AAAA   30    
24 Rive Gauche Le Grau du Roi AAAA     61  
25 Port Camargue Nord Le Grau du Roi AAAA 15   30  
26 Port Camargue Sud Le Grau du Roi AAAA 15 130    
27 Etang de Salonique Le Grau du Roi ABBA 140 1100 30 30
28 Pointe de l'Espiguette Le Grau du Roi AAAA 77 15    

 

Légende : nombre d'Escherichia Coli pour un prélèvelemnt de 100 ml d'eau de Mer

 

  > 100   > 150   > 300

 

  > 600   > 1200

EauxBaignade.jpg

15/01/2010

Contraste de richesse entre littoral et intérieur des terres autour de Montpellier

Certains opposent souvent dans l’Hérault « rural » et « urbain ».

 

En revanche, le contraste de richesses saisissant entre les communes côtières, occupant le littoral méditerranéen, et celles de l’arrière-pays est rarement mis en avant.

 

Les 11 communes balnéaires résidentielles (Vendres, Sérignan, Valras, Portiragnes, Vias, Agde, Marseillan, Frontignan, Palavas, Mauguio-Carnon, La Grande-Motte) totalisent pourtant à elles seules 16% des recettes fiscales du département de l’Hérault (343 communes au total) au niveau de la Taxe d’habitation et de la Taxe sur le foncier bâti, ou encore 57 % des recettes de la Ville de Montpellier.

 

Le budget de ces 11 communes est, en sus, largement abondé par les droits additionnels sur les mutations à titre onéreux, c’est-à-dire les ventes d’immeubles ou les cessions de baux commerciaux qui sont nombreux dans les stations touristiques, du fait d’un parc immobilier conséquent et d’un turn-over rapide.

 

De plus, des revenus patrimoniaux, du type redevance d’occupation du domaine public pour les cafés-restaurants ou les plages privées, viennent améliorer l’ordinaire communal.

 

La taxe de séjour, quant à elle, acquittée pour chaque nuitée dans un hôtel ou un camping, sert à couvrir une partie des frais générés par l’afflux touristique.

 

En outre, la présence fréquente d’un casino assure des recettes de taxe professionnelle substantielles.

 

Enfin, toujours en matière de finances communales, l’Etat dote davantage ces communes en rajoutant à la Dotation globale de fonctionnement (DGF) une majoration liée à l’existence d’activités touristiques.

 

Ces stations balnéaires, pour la plupart des villes petites ou moyennes, bénéficient ainsi d’un niveau de vie incomparablement supérieur à celui de leur voisines de l’intérieur des terres.

 

N’essayons pas, par pudeur, une quelconque comparaison avec les communes des hauts-cantons !

 

De même, la clientèle visée, mais pas toujours au rendez-vous, est celle d’individus ou de familles à fort pouvoir d’achat.

 

En réalité, les communes côtières ne vivent pas dans le même monde (c’est d’autant plus vrai pour le Cap d’Agde, Palavas, Carnon et La Grande-Motte) :

-         les résidences secondaires prévalent largement sur les résidences principales,

-         leur population explose l’été (multiplication par 10 ou plus),

-         la saisonnalité estivale est inverse (arrivée des commerçants et travailleurs saisonniers ainsi que des touristes versus départ en vacances des autochtones dans l’arrière-pays),

-         leur électorat ne réside qu’en partie à l’année,

-         la population permanente est faite de davantage de retraités ou d’inactifs,

-         les habitants sont issus, encore plus que dans le reste du Midi, de toute la France et de toute l’Europe.

 

Ces contrastes transparaissent dans la presse quotidienne régionale (L’Hérault du jour, Midi Libre, La Gazette de Montpellier) : concours internationaux, concerts de portée nationale, animations commerciales à fort budget, concentrations de visiteurs, commerces de luxe, équipements publics sortant de l’ordinaire, communication et promotion hypertrophiées, etc., sont l’apanage de ces communes ayant une forte notoriété et exerçant sur le voisinage une forte attractivité.

 

Ces unités touristiques bénéficient de transferts monétaires très importants et elles développent à outrance les services marchands pour capter ce flux.

 

Les communes avoisinantes servent de réservoir pour fournir la nombreuse main d’œuvre nécessaire, pour grossir le tourisme de proximité - qui prime - et les Languedociens considèrent volontiers qu’il s’agit de « leur » Méditerranée et de « leurs » plages.

 

Cette proximité géographique n’est donc pas faite de deux mondes qui s’ignorent.

 

Toutefois, les communes de la plaine et des garrigues ne pourront jamais avoir les mêmes ambitions que les communes balnéaires.

 

L’intérieur des terres ne brillera jamais autant que la façade maritime.

19/07/2009

Risque de tsunami en Méditerranée

Le sénateur socialiste de l’Aude Roland Courteau a rendu fin 2007 son rapport intitulé : "Tsunami, un risque réel mais une impréparation manifeste".

En effet, il n’existe aucun dispositif d’alerte en France métropolitaine, contrairement à la zone Pacifique (dont la Polynésie française) où 26 pays se sont associés, suite au tsunami meurtrier du 26 décembre 2004 dans l’océan Indien (plus de 300.000 morts et disparus sur les côtes d’Indonésie, du Sud de l’Inde, du Sri Lanka, de la Thaïlande et notamment de l’île touristique de Phuket).

Le tsunami consiste en un raz-de-marée de cause sismique (déplacement de plaques tectoniques) ou volcanique (explosion, effondrement).

Deux exemples récents attestent de l’existence du risque en Méditerranée :
- en 1979, un petit tsunami entre Nice et Antibes emporte la digue du chantier d’extension de l’aéroport, causant 11 morts,
- en 1986, un petit raz-de-marée submerge sur une hauteur de 2 mètres la plage de Beauduc, près de l’Espiguette, suite à un séisme en mer.

En Méditerranée, la fréquence statistique d’un tsunami meurtrier est estimée à un par siècle.

"La France s'est réfugiée dans l'attentisme. N'attendons pas une catastrophe pour réagir et bouger".

Il existe en effet déjà des modèles de marées et d’ondes de tempête pour estimer les sur-côtes du niveau de la mer.

Il semblerait que l’impact maximum serait en fin de Golfe du Lion, vers la Camargue, du fait d’une topographie favorable (très faibles dénivelées).

Ce qui est principalement à craindre, c’est un tremblement de terre au large de l’Algérie (la plaque tectonique qui porte l’Afrique et la Méditerranée s’enfonce en effet très lentement sous la plaque de l’Europe) ce qui laisse tout de même 2 heures de temps pour évacuer !

Roland Courteau estime à "6 millions d'euros en équipement et 3 millions en fonctionnement" le coût de protection des côtes de la France métropolitaine. Compte tenu de la faiblesse des coûts (qui incombent à l’Etat), l’intéressé dénonce un "manque de volonté politique et de crédits".

En Méditerranée, il n'y a "aucun marégraphe en temps réel, pas de capteurs de pression (tsunamimètre) au fond de la mer, pas de récepteur pour l'alerte", a aussi déploré le sénateur de l'Aude.

Dans un premier temps, souligne le Sénateur socialiste, il faudrait établir des plans de secours, des cartes d'inondation et d'évacuation pour les principaux ports, installer des sirènes ou encore mener des campagnes de sensibilisation de la population.
Les personnes à la plage, notamment les baigneurs, sont particulièrement vulnérables.

Pour le moment, presque 2 ans après le rapport Courteau, le Gouvernement Fillon souhaite seulement "héberger un centre régional d'alerte aux tsunamis qui gérerait l'alerte pour les pays de la Méditerranée occidentale et de l'Atlantique Nord-Est" pour le compte de l’ensemble des pays concernés : une manière de renvoyer à plus tard la protection des populations et d’essayer de faire de bien maigres économies financières.