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09/10/2009

Trame Verte et Bleue (suite)

Qu’y a-t-il de si remarquable dans les villages autour de Montpellier en terme de richesse environnementale qu’il faille préserver au travers du concept récent de Trame verte et bleue (TVB) ?

Les communes de Villeneuve lès Maguelone, Mauguio, Lattes, Palavas et Pérols comptent chacune plusieurs Zones naturelles d’intérêt écologique faunistique et floristique (ZNIEFF) dont le périmètre a été arrêté de longue date par le Ministère de l’environnement.

Citons-en quelques unes aux noms évocateurs : « Etang de Vic, de l’Arnel et de Pierre blanche », « Salins de Villeneuve », « Bois de l’Abbaye de Maguelone », « Lido de Maguelone et des Aresquiers », « Marais de Lattes », « Prés humides de Gramenet », « Etang de Mauguio et ses abords », « Etang de la Maïre et ancien étang de Pérols », « Prairies de la Paluzelle », « Pointe du Salaison », « Marais du Clos Martin », « Dunes du grand et du petit travers », etc.

Tous ces milieux, richissimes sur le plan biologique, permettent le nourrissage, le repos, l’abri, la nidification, de très nombreuses espèces d’oiseaux : flamands roses, échasses, aigrettes, sternes, busards, râles d’eau, grèbes, fuligules, rapaces, etc., etc.

Poissons, batraciens et insectes sont aussi très variés et pour certains très rares.

Les lagunes et les prairies humides sont donc un milieu privilégié d’habitat naturel pour l’avifaune, la faune sauvage et la flore.

Plus au Nord, il existe aussi des milieux remarquables : garrigues, massifs boisés, coteaux calcaires, ravins abrupts, falaises, prairies sèches.

Ces milieux arides méditerranéens présentent tous un intérêt paysagers mais constituent aussi, pour certains, des biotopes favorables à la nidification de l’avifaune : notamment l’Outarde canepetière, le Faucon hobereau, le Busard cendré, la Pie-grièche grise, etc.

Le Causse d’Aumelas, le Massif de la Moure, le Puech des Mourgues à Saint-Bauzille de Montmel, le Devès de Péret à Assas et Guzargues, le Bois de Paris à Fontanès, Galargues et Garrigues, le Pic Saint-Loup, les Garrigues du Mas Dieu sont autant d’exemples qui concernent de nombreuses communes au Nord de Montpellier.

Il est important que ces habitats naturels, nombreux et de qualité, soient reliés par des connexions biologiques.

Ces dernières, qualifiées de corridors, permettent :
- le déplacement de la faune sauvage, notamment pour les migrations,
- la dispersion de la flore.

Ces corridors doivent être permanents ou non : exemple de la saisonnalité de la migration des oiseaux, des amphibiens, des insectes ou des poissons.

Ils peuvent ne pas nécessiter une emprise au sol : exemples des axes migratoires aériens pour les oiseaux ou aquatiques pour les poissons marins.

Il est donc de la plus haute importance d’éviter que des obstacles (urbanisation, aménagement, infrastructure, activité humaine, modification du paysage), viennent perturber des continuités spatiales existantes.

Toutefois, l’homme a quelquefois créé des corridors, sans s’en rendre compte : bords de canaux, talus et fossés de voies de communication, réseaux de jardins (dont ceux des lotissements), gravières et carrières, friches industrielles, etc.

Ces continuités anthropiques ne sont pas universelles mais elles peuvent s’avérer utiles à certaines espèces.

Il est possible aussi qu’à l’avenir, avec l’évolution des connaissances en matière de biodiversité, soient imaginés des aménagements ou infléchit l’urbanisation pour préserver le réseau biologique si riche du Montpelliérain.

Or, entre la « côte » et « l’arrière-pays », il existe des corridors naturels de « communication ».

Les plus ténus, ou les plus localisés, sont les haies et des parcs préservés, notamment de châteaux (ceux par exemple de Fontfroide, de Fontmagne ou encore de Boisseron).

Ce sont, aussi et surtout, les fleuves ou les rivières qui se jettent, soit dans la Méditerranée, soit dans les étangs littoraux.

On peut citer d’Ouest en Est, la Mosson, le Coulazou et ses gorges, la Lironde de Montferrier, le Lez et son affluent le Lirou, le Salaison, le Bérange, la Bénovie et le Vidourle.

Ces axes Nord-Sud sont remarquables par leurs ripisylves, éventuellement par la forêt-galerie et les prairies humides qui les accompagnent.

En tant qu’enclaves biogéographiques humides, ces « coupures vertes » dans des paysages souvent steppiques représentent des havres précieux pour les espèces préférant la fraîcheur, notamment pour les migrateurs recherchant un refuge.

 

02/10/2009

Trame Verte et Bleue

Le concept de « Trame verte et bleue » (TVB) est né dans les années 80-90, en lien avec l’objectif de lutter contre l’effrayant appauvrissement de la biodiversité sur Terre, en terme de gênes, d’espèces et d’écosystèmes.

Cet appauvrissement est le fait essentiellement de l’homme : changement climatique, croissance démographique, migrations de masse engendrées par les guerres, troubles civils ou encore recherche d’emploi « ailleurs ».

Ces phénomènes entraînent l’installation de l’homme sur des terres naturelles, jusqu’à présent en marge de l’urbanisation et de l’agriculture, en général très vulnérables sur le plan écologique.

L'homme est directement à l'origine de l'extinction massive de plusieurs espèces d'animaux ou de végétaux.

L'Union mondiale pour la nature (UICN) souligne qu'"un mammifère sur quatre, un oiseau sur huit, un tiers des amphibiens et 70 % des plantes pourraient disparaître dans ce siècle".

« Au total, 16.306 espèces animales ou végétales pourraient disparaître sur 41.415 espèces mises sous surveillance parmi 1,9 million connues dans le monde. »

Autre élément inquiétant : 785 espèces sont déjà éteintes et 65 survivent seulement en captivité ou à l'état domestique.

L’idée de parvenir en France a une Trame verte et bleue a été proposée par le Grenelle de l’environnement en 2007.

En effet, jusqu’à présent, la politique environnementale en France a consisté à protéger prioritairement des zones géographiques riches sur le plan environnemental (milieux humides, parcs naturels nationaux et régionaux) et à maintenir sur le reste du territoire un standard de qualité environnementale compatible avec les activités économiques et l’urbanisation.

Le concept de Trame verte et bleue va plus loin puisqu’il pousse à s’intéresser au paysage, aux éléments constitutifs de la richesse environnementale et de conserver des « ponts de vie » entre eux.

Dans cette approche, les activités économiques et l’urbanisation ne peuvent occuper que les vides à l’intérieur de cette trame à sauvegarder.

Il s’agit donc de maintenir, de reconstituer ou de créer ex nihilo un continuum naturel entre les écosystèmes riches en faune ou en flore pour conserver la biodiversité.

On peut aussi parler de « maillage écologique » ou encore de « réseau de corridors biologiques ».

Schématiquement, dans Trame verte et bleue, il y a « vert » pour les espaces naturels, dont les forêts, et « bleu » pour les zones humides, dont les milieux aquatiques.

La région de Montpellier est particulièrement riche sur le plan écologique du fait d’une part de la présence de lagunes littorales et d’autre part du climat méditerranéen qui favorise un spectre d’espèces très large (de glaciaire au tropical), incomparablement plus étendu que sous un climat océanique ou continental.

Suite de la note : mercredi 30 septembre 2009