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08/08/2011

Fête nationale et vins à Saint-Drézéry

Saint-Drézéry s’est offert un 14 juillet 2011 atypique en organisant un "4ème Salon des vins de Saint-Drézéry", réservée aux vignerons locaux.

6 caves particulières étaient représentées :

- Domaine Ellul-Ferrières (Nord de Castries, à Fontmagne),

- Mas de Carrat (Saint-Drézéry),

- Domaine Saint-Jean l’Arbousier (Castries),

- Château Montel (Teyran),

- Château Puech-Haut (Saint-Drézéry),

- Mas d’Arçaÿ (Saint-Drézéry).

Le Cave coopérative des Celliers du Val des Pins (vignerons de Montaud, Sussargues et Saint-Bauzille de Montmel) tenait aussi un stand de dégustation.

Le cadre de l’événement est magnifique puisqu’il s’agit du Parc du Château de Saint-Drézéry, havre de paix au milieu de l’urbanisation, à un jet de pierre du veux village.

Le lieu est évidemment symbolique un jour de 14 juillet puisque ce parc est celui du château acheté après la Révolution française par Jean-Jacques Régis de Cambacérès, Montpelliérain, un des principaux artisans de la Grande histoire de 1789 jusqu’à Napoléon Bonaparte.

Certes la paysannerie, souvent restée réfractaire aux idées progressistes de 1789, du fait du poids de l’Aristocratie et surtout du Clergé, n’a pas tout de suite goûté la liberté de l’agriculture, du commerce et de l’industrie : elle a su toutefois ensuite s’en emparer en opérant plusieurs révolutions.

Révolution agronomique (introduction des amendements), révolution prophylactique (« victoire » sur le phylloxéra avec l’obligation corollaire des traitements phytosanitaires sur les nouvelles vignes) au XIXème siècle, révolution vinicole (perfectionnement de l’œnologie) au début du XXème siècle, nouvelle révolution agronomique (mécanisation) dans les années 50 et enfin révolution qualitative (à partir des années 80).

La dernière révolution en date est celle commerciale avec l’introduction de l’outre à vin (bag-in-box), des mises en bouteilles de plus en plus massives, la conquête de marchés à l’exportation et l’irruption sur le Net avec la généralisation des vitrines informatives, virtuelles et universelles, que sont les sites Web.

Sur le plan de la reconnaissance qualitative, l’appellation VDQS (Vins délimités de qualité supérieure) est accordée dès 1951.

Le terroir concerné est intégré dans le périmètre de l’AOC (Appellation d’origine contrôlée) Coteaux du Languedoc (devenue assez récemment Languedoc).

La hiérarchisation à l’intérieur de cette classification française a permis la création de la sous-appellation Pic Saint-Loup, plus élitiste.

Et dans la même logique des crus et grands crus de la Bourgogne et du Bordelais, Saint-Drézéry espère la reconnaissance en cru communal ce qui donnerait la hiérarchisation AOC Languedoc / Pic Saint-Loup / Saint-Drézéry avec la possibilité d’utiliser une, deux ou trois de ces appellations.

Cette reconnaissance existe déjà en d’autres terroirs de notre région : citons l’exemple de l’AOC Languedoc / Minervois / La Livinière.

C’est évidemment le reconnaissance de l’excellence qualitative.

Parallèlement, les vins de Saint-Drézéry peuvent d’ores et déjà se prévaloir de l’appellation européenne : AOP Saint-Drézéry, c’est-à-dire Appellation d’origine protégée.

La viticulture dans les secteurs de Saint-Drézéry est donc bien vivante.

La présence de jeunes en passe de reprendre la succession sur les exploitations, malheureusement pas si commune en Languedoc-Roussillon, en est notamment le signe.

Plusieurs centaines d’habitants du Nord de Montpellier sont venus déguster ces grands vins – blancs, rosés et rouges – de Saint-Drézéry, Castries, Teyran et Sussargues.

Ce Salon des vins réussi a été ponctué par un concours amical des meilleures cuvées : il ne faut en effet jamais se reposer sur ses lauriers et accepter une saine émulation entre grands professionnels de la viticulture.

"Le 4ème Salon des vins de Saint-Drézéry", tenu le 14 juillet 2011

http://www.vinsaintdrezery.com - contact@vinsaintdrezery.com

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L'entreé du Parc municipal de Saint-Drézéry et du salon des vins en plein-air

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Un cadre buccolique pour des dégustations de rouges, blancs et rosés

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Quand le dialogue s'installe entre vigneron et consommateurs

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Le Château acheté par Jean-Jacques Cambacérès après la Révolution

à l'autre extrémité du Parc municipal, anciennement du château

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Vue sur le Parc et sur les jeux pour enfants

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Vers midi, l'affluence est à son maximum 

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 Proclamation des résultats du concours, après dégustation à l'aveugle

Crédit photographique : Michel Chastaing

19/04/2011

2ème Marché des Garrigues

Pour la deuxième année consécutive, le Foyer rural de Montaud, présidé par Joël Raymond, organise un marché paysan le dimanche 17 avril 2011, de 9 h à 17 h, à l’Espace Robert.

Un rendez-vous pour fins gourmets, à ne manquer sous aucun prétexte.

Cette manifestation est soutenue par la Municipalité de Montaud, notamment par son Maire Pierre Combettes.

La vague du « manger bien, manger sain » arrive en force dans la commune de Montaud et alentours, au grand bonheur des détracteurs du phénomène « mal bouffe ».

Devenez locavore (le mouvement « locavore » prône la consommation de nourritures produites dans un rayon de 100 à 250 km autour de son domicile) et mangez des produits du terroir de qualité, cultivés à quelques kilomètres de votre assiette !

Manger local n’est pas seulement l’opportunité de consommer des produits plus savoureux et plus frais : c’est aussi permettre à des producteurs respectueux de l’environnement de travailler « au pays » et de réduire notre empreinte Carbone, tout en participant positivement à l’économie de proximité.

Du champ à l’assiette, tel est l’esprit de cette journée festive.

Il s’agit de sensibiliser les consommateurs aux produits du terroir et de mettre en avant les atouts d’une filière courte et directe : transparente sur la provenance des produits, les modes de production et les prix.

Cette initiative bénéficie du soutien de Montpellier Agglomération (http://www.montpellier-agglo.com) qui, depuis des années, promeut les produits du crû (vins, olives, tomates, truffes, …) et aide les producteurs, dans le cadre d’une démarche de dynamisation de l’économie locale.

L'événement est aussi soutenu financièrement par le Conseil Général de l'Hérault et la Région Languedoc-Roussillon.

Une trentaine de producteurs (légumes, fruits, fromages, vins, miels, …) sont mobilisés pour défendre la qualité, l’origine locale, la fraîcheur et l’authenticité des produits de saison.

Cette initiative met en avant une agriculture paysanne ô combien importante pour notre territoire.

Certains exposants proposent leurs produits prêts à consommer (plats préparés, charcuterie, coquillages, fromages, vins, …) pour un buffet campagnard sur place.

Des artisans créateurs (ferronnerie, poterie, vannerie, …) et des pépiniéristes-horticulteurs présentent également une large gamme de produits mais aussi leur savoir-faire.

Des animations de bon goût autour de ce marché paysan sont prévues tout au long de la journée.

Diverses animations festives et pédagogiques sont proposées :

-         une exposition sur les variétés anciennes de fruits et légumes de l’Association Kokopelli,

-         une découverte du fruit de la saison, la fraise, au travers de son histoire, de la botanique et des activités sensorielles et ludiques, avec le centre de pomologie d’Alès,

-         une animation musicale lors de l’inauguration avec les « Fanfarons de Lassalle »,

-         des ateliers d’attraction (balade en calèche, réalisation de paniers, …).

La bienvenue sera enfin souhaitée au village homonyme de Montaud (Isère), dignement représentée par des artisans (peintre, tourneur de bois, …) présents sur un stand du marché.

Cette commune alpine et la Commune héraultaise de Montaud sont en effet en cours de rapprochement.

Pour plus d’informations : Mairie de Montaud – 04.67.86.91.53 - www.village-montaud.com

15/01/2011

Quel avenir après le grand incendie ?

Touché par des incendies à répétition, le Nord de Montpellier s’interroge sur le devenir de sa forêt.

 

Après Guerre, cette dernière a supplanté progressivement la garrigue.

 

Le recul de l’élevage ovin, issu de la tradition pastorale du néolithique, a entraîné la raréfaction des prairies sèches, milieux les plus riches sur le plan écologique.

 

Aujourd’hui, pins d’Alep, pins pignon, chênes verts et arbousiers couvrent des surfaces de plus en plus grandes du fait de la déprise agricole : les futaies que ces essences constituent à l’âge adulte correspondent bien à la vision qu’ont les Français d’une forêt idéale.

 

Cette forêt « rêvée » permet la promenade en habits de ville, offre des panoramas étagés dignes des grands peintres paysagistes, caresse le mythe de la forêt primitive conçue sans intervention humaine.

 

Cette représentation romantique de nos forêts n’est pas neutre :

- il existe une réticence à l’exploitation du bois, le public comprenant mal le prélèvement d’arbres de haute tige,

- la population n’est pas prête à consentir à payer le prix réel de gestion et de protection des forêts méditerranéennes puisque c’est la nature, et non l’homme, qui les construirait.

 

Pour mémoire, de récents travaux du groupe de travail sur la valeur économique de la forêt ont valorisé, en septembre 2009, le gain que tire la Collectivité nationale.

 

1 ha de forêt rapporte un équivalent financier de 969 €/an à la Collectivité, avec le détail suivant pour 5 fonctions identifiées : 50 € pour la chasse, 90 € pour la production de bois, 90 € pour la régulation et la filtration des eaux, 200 € pour la fonction récréative et 529 € pour la séquestration du CO2.

 

Malheureusement, on voit bien que celui qui investit et entretient la forêt, c’est-à-dire son propriétaire, ne bénéficie que d’environ 15 % de la valeur dégagée.

 

Les services qu’il rend à la Collectivité ne lui sont pas rémunérés.

 

Compte tenu de notre impuissance à juguler les grands incendies de forêt, les plus pessimistes concluent que nos magnifiques forêts méditerranéennes ont vocation à croître et embellir avant d’être inexorablement rattrapées, tous les 15, 25, 50 ou 100 ans selon les localisations, par des incendies destructeurs.

 

Montpellier Nord connaît ainsi de grands feux de forêts tous les 20 ans.

 

Le dernier en date, du 30 et 31 août 2010, a ravagé 2.544 hectares sur les communes de Fontanès, Sainte-Croix de Quintillargues, Saint-Bauzille de Montmel, Montaud, Guzargues, Assas et Teyran.

 

Certes, ce n’est pas à proprement parler une catastrophe écologique car, sur les sols calcaires et en climat méditerranéen, la végétation repart dès le printemps suivant.

 

Toutefois, les sols sont fragilisés avec un risque d’érosion.

 

En outre, alors que nos forêts constituent un puits de carbone capable de stocker de l’ordre d’une tonne de CO2 à l’hectare, le feu vient libérer, d’un coup, d’un seul, un stock de carbone accumulé durant de nombreuses années.

 

Sur approximativement 20.000 tonnes de CO2 émises en Languedoc-Roussillon (soit 3 % des émissions françaises), 5 % sont dues aux feux de forêt !

 

Pendant ce temps, sur la France entière, les forêts fixent environ 70 millions de tonnes de CO2, soit l’équivalent de 20 % des émissions du pays.

 

La performance d’une forêt en tant que puits de carbone dépend de sa productivité en bois (réduite en Languedoc-Roussillon du fait de précipitations faibles et irrégulières) et de l’âge des peuplements (une forêt mâture est en équilibre et ne capte pas du CO2, contrairement aux forêts jeunes en pleine croissance, ce qui signifie qu’en évitant le vieillissement on obtient une meilleure séquestration du carbone).

 

Le sinistre du Nord de Montpellier que nous vécu en fin d’été a été humainement très difficile à vivre : il porte en effet le danger à proximité ou au sein même de l’urbanisation (306 constructions ont été menacées) et il impacte notablement notre cadre de vie.

 

Au « lendemain » de ce grand incendie, les forestiers d’une part et les Pouvoirs publics d’autre part ont bien entendu souhaité faire un point sur les premières actions à mener et sur la politique de prévention des feux de forêt à mettre en place.

 

Les professionnels de la forêt ont notamment organisé à Assas le 15 décembre 2010, une demie journée d’information à destination des propriétaires forestiers.

 

 

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 Vue de l'assemblée nombreuse et attentive

dans la magnifique salle des Crouzets à Assas

 

Sous l’égide du Centre régional de la propriété forestière du Languedoc-Roussillon (CRPF) et de l’Association des communes forestières de l’Hérault (COFOR34), des techniciens et ingénieurs de la Chambre d’agriculture de l’Hérault, de la Direction départemental des territoires et de la mer (DDTM 34), de l’Office national des Forêts (ONF) et de la Communauté de communes du Grand Pic Saint-Loup ont apporté à l’assistance des informations et des réponses aux questions comme aux inquiétudes. 

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La grande famille des forestiers de l'Hérault présente au complet ou représentée

 

Après un incendie, il est effet nécessaire de prendre des précautions.

 

Tout d’abord, sur le plan juridique, un propriétaire forestier impacté doit porter plainte contre X avec intention de poursuivre (les incendies étant en général criminels), faire une déclaration de sinistre auprès de leur assurance, écrire à leur Maire pour signifier leur intention de participer à des opérations d’intérêt général de réhabilitation et donner leur accord à la réalisation d’éventuels travaux de première urgence sur les parcelles.

 

A court terme, il est nécessaire d’éviter les risques induits par l’incendie.

 

Pour lutter contre l’érosion, il est utile de réaliser dans les pentes des fascines à partir de la végétation brûlée, les végétaux abattus étant disposés en courbe de niveau.

 

En outre, les fonds de griffes d’érosion doivent être garnis de branchages.

 

Comme il existe des risques d’attaque sanitaire sur les bois affaiblis (insectes, champignons) et de dépérissement des souches au moins en partie brûlées, le propriétaire forestier doit procéder à un recépage des tiges mortes ou mutilées.

 

Les feuillus rejettent ensuite plus facilement.

 

Les résineux peuvent être laissés momentanément sur place pour servir de semenciers mais la mobilisation économique du bois, même brûlé donc dévalorisé, n’est pas à négliger.

 

Globalement, tous les arbres morts, dépérissants, mutilés ou affaiblis doivent être éliminés.

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Paysage de désolation après le passage de l'incendie

Seules la vigne et les cultures ont fait ostacle au front de flamme

 

A moyen terme, le réaménagement de la forêt est nécessaire.

 

Il s’agit de redéfinir les objectifs d’une nouvelle gestion forestière, les moyens de les atteindre et les actions nécessaires.

 

Le reboisement n’est pas forcément la solution (ce fut le cas après les grands incendies des années 80 avec l’implantation essentiellement de pins pignon).

 

En effet, après un incendie, les feuillus rejettent de souche et les résineux se resèment.

 

Le temps conduira à la reconstitution de la végétation à peu près à l’identique mais la vitesse de reconstitution naturelle est plus ou moins lente.

 

Bien entendu, sur des sites particuliers ou des zones vouées à des coupures de combustible, il peut être utile de reboiser avec de nouvelles essences conduisant à des peuplements forestiers moins combustibles.

 

Si l’on veut qu’un incendie n’ait pas que des aspects négatifs, il faut anticiper en adaptant la nouvelle sylviculture au réchauffement climatique qui va impacter plus encore les régions méditerranéennes.

 

Les communes forestières, c’est-à-dire propriétaires de bois, vont partager avec les propriétaires privés les affres de la reconstitution de leurs forêts.

 

Les premiers vont devoir fournir beaucoup de travail et les seconds rechercher des financements pour des dépenses dépassant largement leurs possibilités budgétaires.

 

La solidarité de l’intercommunalité s’est heureusement déjà manifestée.

 

Globalement toutefois, compte tenu des coûts multipliés par une si grande surface, des choix difficiles devront être faits car la forêt méditerranéenne rapporte peu au regard du coût de sa reconstitution.

09/10/2010

La solidarité après le sinistre

Le grand incendie de l’été a détruit 2.500 hectares de pinèdes et de garrigues au Nord de Montpellier.

 

Parti de Fontanès, vers 16 heures, le 31 août 2010, il a semé la désolation sur les communes de Saint-Bauzille de Montmel, Montaud, Sainte-Croix de Quintillargues, Assas, Guzargues, Castries et Teyran.

 

Ce sinistre a été la réédition de celui de 1989, parti de Saint-Bauzille de Montmel et qui avait déjà fortement touché Guzargues, en détruisant globalement 1.600 hectares de nature.

 

C’est le plus important incendie de forêt dans l’Hérault depuis 1973.

 

De nombreuses personnes ont été évacuées notamment par les gendarmes et ont dû laisser, en plein désarroi, leurs habitations : 8 d’entre elles ont brûlées.

 

L’habitation légère où résidait Catherine Garnier, à Montaud, en plein massif forestier, a été quant à elle totalement détruite.

 

Sur l’initiative du Comité Communal Feux de Forêts de Montaud / Saint-Bauzille de Montmel et de son dévoué animateur, Patrick Barbe, une première puis une deuxième journée de solidarité ont été organisées respectivement les dimanches 19 septembre et 3 octobre.

 

A chaque fois, une centaine de volontaires venus des alentours de Montpellier ont nettoyé les restes de l’incendie.

 

En coupant la végétation carbonisée, un pare-feu a été ménagé, long de plusieurs centaines de mètres.

 

La société Languedoc Granulats s'est engagée, quant à elle, à rénover gratuitement le chemin d'accès.

 

Si autant de personnes se sont déplacées, c’est bien sûr sur le coup de l’émotion soulevée par un tel sinistre mais aussi pour rendre à Catherine Garnier un peu de toute l’humanité qu’elle avait prodiguée dans sa vie professionnelle et de bénévole.

 

En effet, cette dernière anime et coordonne l’action de l’Association « Les Jardins de Tara », un club local affilié aux Jardiniers de France.

 

Culture en garrigue avec très peu d’eau grâce notamment à la technique du paillage, sans engrais, approche agro-écologique, conseils de Pierre Morez, un grand de l’agronomie en région sèche, Catherine Garnier a toujours su mettre en avant les savoir-faire qui pourraient permettre de reconquérir des terres aujourd’hui abandonnées.

 

Grande militante du jardin naturel, elle s’est mise au service du jardiner ensemble, toujours avec une grande ouverture aux autres.

 

En venant aider Catherine Garnier à reprendre ses activités pédagogiques de jardinage, les participants aux journées de solidarité ont pris toute la mesure du traumatisme que peut créer une telle dévastation, à aussi grande échelle, au sein de la collectivité bien sûr mais aussi chez les personnes touchées directement.

 

Comment faire pour que ces grands incendies ne se reproduisent plus ?

 

La prévention est déjà maximale, avec notamment :

- un remarquable travail hivernal d’entretien des pistes par les forestiers-sapeurs du Conseil Général de l’Hérault,

- la mise en place de plans de prévention des incendies de forêt et l’application de la loi sur le débroussaillement,

- un réseau de vigies de surveillance,

- le guet armé l’été des sapeurs-pompiers (environ 1.000 ont lutté contre le feu parti de Fontanès),

- la mise à disposition de moyens aériens,

- les patrouilles des comités communaux feux de forêt qui mobilisent des centaines de citoyens volontaires.

 

A l’évidence, les efforts de reboisement consécutifs aux sinistres sont voués à l’échec si le massif forestier, véritable poumon vert au Nord de Montpellier, n’est pas compartimenté par des coupures de combustible de grandes largeurs.

 

Il existe déjà des vignes, des oliviers ou des terres céréalières : elles sont souvent très efficaces pour barrer la route au front de flammes.

 

Encore faut-il que ces cultures perdurent : les viticulteurs et autres agriculteurs doivent donc pouvoir être aidés en vue de maintenir leur activité.

 

Vouloir réinstaller des troupeaux de brebis sur ces terres est certes une bonne idée, tendant à renouer avec une tradition sylvo-pastorale ancestrale.

 

Toutefois, compte tenu du marasme de l’élevage ovin, la vente d’agneaux devrait obligatoirement emprunter un circuit court afin que le prix payé par le consommateur aille en quasi-totalité à l’éleveur.

 

La voie agricole la plus facile à pratiquer est quoiqu’il en soit la culture (notamment le maraîchage Bio) et non l’élevage qui demande des capitaux importants pour l’acquisition du cheptel vivant et mort (machinisme), pour l’édification des bâtiments d’exploitation et pour l’achat de terres arables (au-delà des pâtures à mettre à disposition si possible gratuitement) afin que l’exploitation ne soit pas dépendante de l’excellent, mais très cher, « foin de Crau ».

 

Même les terres céréalières, moissonnées fin juin dans le Midi, sans que le déchaumage ne soit effectué (le chaume est en réalité traditionnellement enfoui au labour ce qui nécessite d’attendre l’ameublissement du sol consécutif aux premières pluies d’automne) sont efficaces pour couper la route au feu.

 

Une sylviculture adaptée et volontaire est aussi nécessaire : elle exige des prélèvements ligneux réguliers en vue notamment de cueillir le Pin d’Alep pour favoriser le Chêne-Vert.

 

Le Pin d’Alep de bon diamètre peut être vendu pour la papeterie tandis que pour les plus petites grumes et les branches une transformation sur site en plaquettes forestières est à développer.

 

Cela signifie que des chaufferies-bois doivent être créées localement afin de bénéficier pleinement de ce combustible bon marché, de proximité, renouvelable et créateur d’emplois comme de richesses.

 

Concernant les reboisements, compte tenu de leur coût et de l’incapacité dans lesquelles se trouvent ensuite des collectivités de les entretenir, ils doivent être réservés aux sites à fort impact paysager et privilégier les essences feuillues comme les chênes, l’érable de Montpellier, le frêne oxyphile, le tilleul argenté, le charme oriental, le cornouiller, le robinier, le févier d’Amérique, l’arbousier et tous les fruitiers comme l’olivier, le cornouiller, le sorbier, le micocoulier, l’azérolier, le jujubier ou encore l’amandier.

 

Pour modifier structurellement notre forêt nord-montpelliéraine, la réalisation de plans de massif est indispensable en vue d’optimiser le réseau de desserte, de modéliser les couloirs de feu et d’étudier l’emplacement des coupures de combustibles.

 

C’est un travail de longue haleine qui doit certes s’appuyer sur la mobilisation des collectivités territoriales mais aussi, sur l’initiative privée, à accompagner financièrement, de paysans établis ou désirant s’installer, soucieux de mieux occuper l’espace en développant une agriculture sociale de proximité, riche de ses produits mais aussi de ses services à la population.

 

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De l'habitat léger, il ne reste plus rien

 

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Le paysage est désolé après le désastre et une odeur âcre de fumée subsiste

 

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Un groupe de volontaires au travail avec tronçonneuses, sécateurs, cisailles et serpettes

 

 

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 Un travail de déblaiement qui demande beaucoup de bras

 

 

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 Les bénévoles des CCFF du Nord de Montpellier se sont mobilisés en nombre

 

 

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Fin de chantier : lavage des traces de suie avant le pique-nique partagé en commun
Crédit photographique : Patrick Barbe

06/05/2010

1er Marché des Garrigues à Montaud

En lançant le 1er Marché des Garrigues, le Foyer rural de Montaud a réussi un coup de maître.

 

Près de 2.500 personnes ont afflué dimanche 25 avril dans le cadre fleuri de l’Espace Robert.

 

Joël Raymond, Président de ce Foyer rural, si important pour la vie culturelle et citoyenne de Montaud, pouvait être fier du résultat de l’investissement des bénévoles engagés dans l’opération.

 

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L'entrée de l'Espace Robert est bien gardée :

avis aux amateurs de promenade à cheval !

 

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Un nouveau maraîcher Bio installé à Montaud, sous son abri de cannisses

 

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Les maraîchers ont été dévalisés : il ne reste plus que des salades

 

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Distillation andalouse de plantes aromatiques Bio

cueillies sur nos causses et garrigues

 

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Le berger et ses pélardons descendus du Plateau de Carlencas

 

Les membres des associations de parents d’élèves, des chasseurs, du Comité communal feux de forêts Montaud-Saint-Bauzille de Montmel, du Comité des fêtes et « Les toujours jeunes » ont en effet largement contribué à la réussite de l’événement.

 

La Mairie de Montaud (représentée à l’inauguration par Pierre Combettes, son Maire) et la Communauté d’agglomération de Montpellier (représentée à l’inauguration par Yvan Pellet, son Vice-Président délégué à l’économie agricole et viticole, à la ruralité et aux traditions populaires) ont quant à elles apporté leur soutien financier et logistique.

 

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 Les discours inauguraux

 

Les visiteurs sont venus d’un périmètre élargi avec des habitants de Vendargues, Galargues, Castries, Buzignargues, Saint-Croix de Quintillargues, Saint-Drézéry, etc., etc.

 

L’arrivée du printemps a certes poussé les habitants à sortir mais c’est aussi le bouche à oreille qui a décidé certains à se déplacer.

 

En effet, le marché paysan proposé était constitué uniquement de producteurs et non pas de revendeurs dont l’origine des produits est souvent inconnues.

 

Le marché était volontairement équilibré entre :

 

-         artisans et agriculteurs bien établis (charcuterie, foies gras, fromages) venant des Hauts-cantons de l’Hérault, de la Lozère et de l’Aveyron, avec une offre très diversifiée, notamment en produits transformés,

 

-         petits agriculteurs locaux (vins coopératifs, apiculteurs, maraîchers), avec des produits de saison, notamment des plants de légumes et de petits fruits recherchés en ce milieu de printemps par les jardiniers amateurs.

 

Un tel marché est en effet l’occasion de ventes en circuit-court, de débouchés locaux pour des exploitants agricoles récemment installés.

 

En milieu péri-urbain, c’est cette rencontre entre producteurs et consommateurs qui permet le maintien d’une agriculture paysanne.

 

Car la spéculation foncière générée par l’urbanisation et de grands propriétaires, ayant tendance à maîtriser toujours plus de terres, laisse peu d’espace aux petits paysans.

 

Or, le maintien en place de ces derniers est pourtant vital, en terme d’emploi local et de lien social.

 

Ce 1er Marché des Garrigues respectait la déontologie du commerce éthique suivant le souhait du Foyer rural de Montaud et des deux associations départementales venues en soutien : Terres Vivantes, présidée par Michel Chastaing et l’Association des marchés paysans de l’Hérault (AMPH), présidée par Yves Martinot.

 

Ces deux organisations militantes ont aussi appuyé la création des marchés hebdomadaires de Grabels, Vailhauquès, Prades le Lez et prochainement Clapiers ainsi que la dynamique initiée par l’Association Croquelune sur le Lunellois.

 

Terres Vivantes et AMPH co-organisent aussi des événements attirant plus de 6.000 personnes chacun : la Grande Foire des floralies et de la petite agriculture à Maureilhan dans le Biterrois, la Grande Foire de la petite agriculture et du bien manger au Pouget dans le Centre-Hérault et le Festival de la Tomate à Clapiers dans la périphérie de Montpellier.

 

La question d’un marché hebdomadaire s’est posée à Montaud, dont la création est demandée par certains habitants.

 

Toutefois, la zone de chalandise possible (Sainte-Croix de Quintillargues, Saint-Bauzille de Montmel, Buzignargues, Galargues, Saint-Jean de Cornies, Saint-Drézéry, Montaud), avec moins de 5.000 habitants n’est pas propice à la pérennisation économique d’un marché de plein-vent pleinement satisfaisant, c’est-à-dire offrant de nombreux stands d’exposants.

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Le vannier en plein travail 

 

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La librairie engagée avec Jean Jaurès en toile de fond,

grand défenseur de la petite paysannerie

 

Qu’est-ce qui a fait le succès du 1er Marché des Garrigues.

 

C’est au-delà de l’excellence de ses exposants de produits alimentaires ou d’artisans d’art, la qualité de l’ambiance.

 

Cette dernière était très détendue, sans sonorisation tapageuse, avec des espaces réservés pour s’asseoir et discuter entre amis.

 

D'autre part, la restauration sur place permet toujours le regroupement des familles et la rencontre fraternelle entre inconnus.

 

Un espace réservé à la mémoire du village, regroupant des photos de classe et de la vie de tous les jours il y a quelques décennies, donnait encore plus de sens à ce plaisir collectif de se retrouver ensemble.

 

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L'espace mémoire du village devant lequel

générations jeunes et plus anciennes ont aimé échanger

 

En outre, le contact entre travailleurs de la terre et habitants du péri-urbain occasionne des échanges riches permettant une connaissance réciproque et une meilleure compréhension mutuelle.

 

Les promeneurs ont pu aussi flâner dans les rues de Montaud, beau village de l’arrière-pays dominé au loin par le château de Montlaur et les falaises de Saint-Bauzille de Montmel qui attirent tant d’amoureux de l’escalade.

 

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Au Nord, les falaises de Saint-Bauzille de Montmel

 

 

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A l'Est, les ruines imposantes du Château de Montlaur

 

 

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Gelées et sirops avec les plantes méditerranéennes de nos garrigues

30/08/2009

Vendanges à Montaud

Les vendanges battent leur plein dans le Midi.

Elles sont précoces cette année du fait des pluies de fin de printemps et de la forte chaleur estivale.

La Cave coopérative de Montaud a déjà rentré ses cépages blancs (Chardonnay et Sauvignon), une semaine avant la fin août.

Le millésime sera très qualitatif mais les rendements faibles constatés ne font pas l’affaire des vignerons : car ce sont les vins blancs qui sont les plus rémunérateurs.

Le marché du vin est en effet mondialisé et totalement libéralisé.

Même si notre région demeure le premier producteur de la Planète, la concurrence du « Nouveau monde » (Californie, Australie, Nouvelle-Zélande, Afrique du Sud, Chili et Argentine) est féroce.

Le Cave coopérative de Montaud regroupe les vignerons de Sussargues, Saint-Bauzille de Montmel et Montaud, pour une superficie d’environ 600 hectares.

Pendant les vendanges, elle occupe une bonne dizaine de personnes, dont un œnologue.

Les vins produits sont :
- essentiellement des Vins de pays, dits VDP : Vins de pays d’Oc (des vins de cépage souvent exportés), Vins de pays d’Hérault et Vins de pays des Coteaux du Bérange,
- de l’AOC (Appellation d’origine contrôlée) « Grés de Montpellier ».

Le terroir des Grés de Montpellier correspond à une zone climatique sous influence maritime. Les nuits fraîches et les journées chaudes permettent d’obtenir des maturités parfaites : le raisin récolté cette année atteint d’ailleurs facilement les 14 ° de potentiel alcoolique.

Après celles des cépages blancs, la récolte des vignerons de Montaud porte maintenant sur le cépage Merlot. Ce dernier bénéficie d’une vinification traditionnelle de 2 à 3 semaines pour extraire le meilleur des arômes et des couleurs.

Toutes les parcelles de vigne bénéficient, préalablement à la vendange, de la visite d’une commission de coopérateurs qui évaluent sur pied le potentiel qualitatif et décident de la meilleure orientation du raisin, vers tel ou tel type de vin.

Les vins seront disponibles dès la fin de l’année, ainsi que les millésimes précédents au caveau de vente de Sussargues : "Les Celliers du Val des Pins".

Les coopératives viticoles de l’Hérault continuent d’investir, malgré la crise viticole et celle plus générale de l’idéologie libérale.

La Coopération est l’exemple vivant d’une alternative aux sociétés de capitaux puisqu’une coopérative est une société de personnes où « un homme égale une voix » (et non pas « une action, c’est-à-dire de l’argent, égale une voix »).

La Coopération, en tant qu’aventure collective, protège les petits viticulteurs en leur permettant de lutter avec les firmes internationales.

Un des avantages concurrentiels de la Coopération : « Le groupe est meilleur que le meilleur du groupe ».

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Un terroir de toute beauté

 

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La récolte mécanisée

 

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Une avalanche de Merlot

 

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Le quai d’apport : la porte d'entrée vers la vinification



Crédit photos : Michel Chastaing