Midilibre.fr
Tous les blogs | Alerter le modérateur| Envoyer à un ami | Créer un Blog

06/05/2011

Passage à la télévision numérique

Le passage à la télé tout numérique, ou Télévision Numérique Terrestre (TNT), c’est l’arrêt du signal analogique hertzien (5 chaînes historiques : TF1, France 2, France 3, France 5/Arte et M6) et son remplacement par un signal numérique hertzien.

Cette petite révolution est menée progressivement en France, depuis 2009, suivant un calendrier défini par le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA).

Cette transition se terminera le 29 novembre 2011, notamment par le département de l’Hérault, bon dernier en la matière avec les quatre autres départements du Languedoc-Roussillon.

Certains téléspectateurs qui recevaient mal les émissions du Pic Saint-Baudille (commune d’Arboras) et dont l’antenne était tournée vers Marseille ont été précurseurs.

La télé numérique va apporter une qualité des images et du son bien supérieure et jusqu’à 19 chaînes nationales gratuites en plus des chaînes locales.

S’il n’est pas nécessaire de changer son téléviseur, il faut tout de même installer un adaptateur numérique, à brancher sur le poste.

Il suffit d’avoir une prise Péritel sur son téléviseur pour pouvoir brancher un adaptateur TNT

Comme il s’agit toujours d’un signal hertzien, l’antenne râteau ou intérieure servira toujours.

Les zones où la télévision analogique était difficile à capter (au moins 15 % des Français étaient concernés et beaucoup plus que ce que l’on croît dans l’Hérault y compris autour de Montpellier à cause des micro-reliefs), le passage au numérique, compte tenu des caractéristiques de cette technologie, sera ou tout bon (en général) ou tout mauvais.

Dans ce dernier cas, la réception sera impossible et l’usager de la télévision devra soit améliorer son antenne, soit se tourner vers la télévision par satellite ou par Internet (notamment offres « triple play » avec téléphonie, Internet et télévision).

L’analogique était un gros consommateur de fréquences hertziennes, contrairement au numérique qui permet de faire passer 6 fois plus de chaînes.

De ce fait, le téléspectateur va connaître un enrichissement de l’offre de chaînes gratuites, notamment de chaînes en Haute définition (dites HD).

En outre, l’optimisation de l’espace hertzien va permettre le déploiement des réseaux de téléphonie mobile de 3ème et 4ème générations, notamment pour une meilleure couverture des zones rurales non couvertes par l’ADSL, malgré les efforts de Num’Hérault.

De 6 multiplex actuellement, l’offre audiovisuelle hertzienne va pouvoir passer à 11 à l’horizon 2013-2015.

La Haute définition, jusqu’il y a peu réservée aux bouquets payants, va se démocratiser.

D’une part, parce que les grandes chaînes nationales à qui incombent l’équipement des relais émetteurs investissent mais aussi parce que les téléviseurs HD sont de moins en moins chers.

Alors que 55,5 % des Français pouvaient bénéficier de la télévision HD mi-2010, ils seront 90 % fin 2011 (grâce au multiplex R5) et 95 % à la fin du premier trimestre 2012.

Ces chiffres sont toujours théoriques et ne concernent que ceux qui reçoivent vraiment la télé !

Les chaînes répugnent en effet à installer de nouveaux petits émetteurs pour couvrir les zones d’ombre et demandent aux collectivités locales d’assurer leur entretien alors que les communes rurales ou leurs intercommunalités sont loin d’en avoir les moyens financiers.

Le Parlement a souhaité la création d’un Groupement d’intérêt public (GIP), appelé « France Télé Numérique » (FTN) dont les actionnaires sont l’Etat (50 %), France Télévisions (15 %), TF1 (10 %), Canal + (10 %), M6 (10 %) et Arte (5 %).

Ce GIP a pour rôle d’accompagner les téléspectateurs dans le cadre du passage de la télévision analogique à numérique.

L’objectif est qu’aucun téléspectateur ne se retrouve sans télévision après le basculement.

FTN a donc déployé des campagnes d’information multiples et variées.

Un numéro non surtaxé, au prix d’un appel local, est accessible du lundi au samedi de 8 h à 21 h : 0 970 818 818

Un site Internet est disponible : www.tousaunumerique.fr

En outre, un accompagnement humain et technique particulier, personnalisé et gratuit, existe pour les personnes de plus de 70 ans ou pour les personnes ayant un degré d’handicap de plus de 80 %.

Les antennistes ont signé une Charte « professionnels agréés » et les gestionnaires d’immeubles ont été sensibilisés.

Les élus locaux ont aussi été informés car ils sont en charge de l’habitat, de la ruralité et du social.

Des aides financières à l’équipement sont prévues, sur dotation de l’Etat, sous certaines conditions.

Elles s’appliquent pour le poste principal de la résidence principale, pour un foyer recevant la télévision analogique avec une antenne râteau ou une antenne intérieure.

Pour les foyers résidant dans une zone couverte par la TNT :

-         une aide de 25 € maximum pour l’acquisition d’un adaptateur TNT, d’un téléviseur TNT intégrée ou pour la souscription d’un abonnement au câble, au satellite ou à l’ADSL,

-         une aide de 120 € maximum pour l’adaptation ou le remplacement d’une antenne râteau, le foyer bénéficiaire devant être exonéré de la contribution à l’audiovisuel public et sous conditions de ressources.

Pour les foyers résidant dans une zone non couverte par la TNT : une aide de 250 € maximum pour l’acquisition d’un équipement de réception alternatif (câble, satellite, WiMax, ADSL) dans le cas où plus aucune réception n’est constatée après le basculement au numérique.

Enfin, l’Etat a mis en place une aide pour les collectivités territoriales mettant en œuvre des moyens propres en vue d’assurer la continuité de la réception des services télévisés en clair.

Les collectivités ont notamment la possibilité, depuis un décret de 2010, de demander au CSA l’autorisation d’implanter un réémetteur TNT.

En conclusion, le passage à la télévision numérique n’a pas été pris à la légère par l’Etat mais le cap ne sera pas franchi sans efforts de la part d’une partie de la population et des collectivités territoriales en milieu rural.

Cette mutation technologique a en effet des incidences techniques mais aussi un impact social fort.

Quelques chiffres concernant les ménages du Languedoc-Roussillon et de l’Hérault :

 

-         449.000 foyers sont équipés d’au moins un téléviseur en Languedoc-Roussillon

Les foyers de l’Hérault sont mal desservis pas le numérique :

-         85,8 % ont une réception numérique sur au moins un poste de télévision contre 91,6 % pour la France

-         10,1 % ne bénéficient que de la réception numérique terrestre analogique contre seulement 4,1 % pour la France

Les foyers de l’Hérault développent des stratégies alternatives pour recevoir la télévision dans de bonnes conditions :

-         58,3 % regardent la télévision via la TNT contre 60,2 % au niveau national,

-         19,2 % regardent la télévision via le satellite contre 15,2 % au niveau national,

-         26,8 % regardent la télévision via l’ADSL contre 23,9 % au niveau national,

-         3,0 % regardent la télévision par le câble numérique sur abonnement contre 6,9 % au niveau national.



Source :

Observatoire de l’équipement des ménages (2ème semestre 2010) CSA / FTN / DDM / CS

 

 

09/01/2010

Le « Grand emprunt » : du mythe à la réalité (deuxième partie)

Le « Grand emprunt » (22 Md€), additionné au recyclage des sommes prêtées aux banques et maintenant remboursées (13 Md€), permettraient d’injecter 35 Md€ dans l’économie française.

 

Cette somme appelle deux comparaisons :

-         la première avec les 29,9 milliards d’€ affectés aux mesures du « Plan de relance » dont l’effet sur l’économie est passé presque inaperçu,

-         la seconde avec une dizaine de milliards d’euros que l’Etat arrive à dégager annuellement sur son budget pour l’investissement (soit 3 % seulement de son budget).

 

Alors, "verre à moitié vide" ou à "verre moitié plein" ?

 

Disons que ce qui va être primordial, c’est la capacité à investir ces 35 milliards d’euros le plus rapidement possible dans des actions porteuses d’avenir, sans que l’effet d’aubaine ne prime.

 

Si l’on se réfère au « Plan Campus », cette opération d’envergure nationale piétine.

 

Il y a un an, elle devait être financée par une partie de la privatisation d’EDF : cela n’a pas été le cas.

 

Aujourd’hui, seul le regroupement en pôle universitaire a avancé.

 

Le « Plan Campus » de Montpellier a été notamment défini avec l’appui de la Ville, du Département et de la Région mais aucun début de commencement n’est à ce jour visible.

 

Or, si les 12 pôles d’excellence retenus doivent recevoir une dotation de 10,3 Md€ (dont 1 Md€ spécifiques pour l’Université Paris-Sud à Saclay), issus de l’opération « Grand emprunt », ils ne pourront en réalité bénéficier que de l’intérêt de cette somme qu’ils devront placer !

 

Ces 10 Md€ (milliards d’euros) se transforment donc en une rente annuelle de l’ordre de 350 M€ (millions d’euros) qui, seule, pourra être dépensée !

 

Ce ne sont donc pas 35 Md€ qui sont à investir mais seulement 26 Md€ sur 4 ans !

 

Le Gouvernement a, de façon réaliste, pris en compte cette lenteur de mise en œuvre inhérente à tout projet humain (il suffit de penser au retard pris par l’Etat sur la réalisation de l’A750 entre Gignac et Montpellier ou encore sur la rénovation de l’immense copropriété privée délabrée du Petit-Bard à Montpellier) : l’emprunt ne sera mobilisé que progressivement, au fur et à mesure des besoins, sur plusieurs mois et certainement sur plusieurs années.

 

C’est de bonne gestion et c’est déjà une pratique ancienne chez les collectivités territoriales.

 

D’autre part, quatre priorités ont émergé du travail de la commission Rocard pour utiliser les nouveaux fonds : recherche, université, haut débit et croissance verte.

 

Concernant les 25 Md€ à investir en dehors du « Plan Campus, les priorités sont les suivantes :

-         recherche, avec 10 Md€ dont 2,5 Md€ destinés à la santé (cancer, SIDA, maladies génétiques, Alzheimer) et aux biotechnologies, 3,5 Md€ à des sociétés de valorisation de la recherche et 0,85 Md€ pour créer des instituts hospitalo-universitaires,

-         industrie-PME, avec 6,5 Md€ pour les filières d’excellence du domaine de l’aéronautique, du spatial, de l’automobile, du ferroviaire et de la construction navale,

-         numérique, avec 4,5 Md€ pour généraliser le haut débit sur tout le territoire (sachant que c’est déjà lancé en Languedoc-Roussillon par la Région et le Département de l’Hérault),

-         développement durable, avec 5 Md€, qui devraient se rajouter aux 7 Md€ annuels du Grenelle de l’environnement, pour développer le nucléaire (50 % des crédits) et les énergies renouvelables (50 % des crédits) via l’ADEME.

 

Le bilan des investissements effectivement réalisés, le bien fondé de l’utilisation des crédits et l’effet de levier de ces dépenses ne pourront être évalués qu’a posteriori, c’est-à-dire d’ici quelques années.

 

Le « Grand emprunt » est certes une opération de communication de grande ampleur mais elle le sera moins que prévu : en effet, le Gouvernement Fillon a dû renoncer à faire appel à l’épargne des Français (le mot d’épargne populaire aurait pu être facilement remis d’actualité).

 

Malheureusement pour le pouvoir en place, l’annonce prématurée n’avait pas pris en compte le fait que l’épargnant français demande un taux d’intérêt supérieur (majoration de rémunération d’environ 1,5 % par an soit un coût supplémentaire de l’ordre de 300 M€) aux fonds de pensions anglo-saxons ou aux consortia internationaux de banques.

 

Le « Grand emprunt » n’aurait pas été attractif pour les particuliers et il serait donc apparu comme un « flop ».

 

Les gros « investisseurs » étrangers viendront donc en secours, alléchés par un placement sûr garanti par les Français sur leurs impôts : ces financiers détiennent déjà 60 % de la dette de l’Etat français et devraient souscrire au moins à cette hauteur le nouvel emprunt.