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13/05/2010

50 ans d’eau du Rhône en Languedoc

La station de pompage « Aristide Dumont » transférant l’eau du Rhône dans le canal Philippe Lamour a été inaugurée en 1960 par le Général de Gaulle.

 

Ce cinquantième anniversaire vient, cette année 2010, ponctuer une grande aventure étatique, volontariste, techniciste et finalement visionnaire.

 

Aristide Dumont, ingénieur saint-simoniste (Saint-Simon étant un des précurseurs du Socialisme français), fut le premier, dans la seconde moitié du XIXème siècle, à proposer de dévoyer une partie des eaux du bassin versant du Rhône vers les bassins versants des fleuves côtiers languedociens alimentant la Méditerranée (Vidourle, Lez, Mosson, Hérault, Orb, Aude, notamment).

 

Le débit d’étiage du Rhône reste généralement supérieur à 500 m3/s et son débit moyen est de l’ordre de 1.700 m3/s.

 

Ce fleuve prenant naissance dans les Alpes possède en effet un régime nival, c’est-à-dire qu’il est principalement alimenté par les eaux de la fonte des neiges et des glaces, ce qui garantit un solide débit l’été, saison où, par exemple, la Loire peut se trouver presque à sec.

 

Si l’idée d’utiliser les eaux du Rhône pour l’irrigation était plus ancienne, c’est la période de reconstruction consécutive à la Libération en 1945 qui sonna le réveil du projet.

 

L’Etat était alors très volontariste et Jean Monnet, Ministre des finances, créa en 1951 les sociétés d'aménagement régional.

La Compagnie nationale d’aménagement du Bas Rhône Languedoc (CNABRL) fut la première à voir le jour en 1955.

 

C’est Philippe Lamour, collaborateur de Jean Monnet, qui obtint in extremis de Pierre Mendès-France, Chef d’un Gouvernement tout juste renversé, la signature nécessaire : celle du dernier décret de Pierre Mendès-France.

 

Ces compagnies d’aménagement étaient le bras armé de l’Etat.

 

Elles ont reproduit des méthodes éprouvées dans les Colonies, notamment au Maroc.

 

Dotée de l’autonomie financière et bénéficiaire d’une concession de l’Etat, la CNABRL a pu construire le Canal, appelé ultérieurement Philippe Lamour, qui prélève par pompage ses eaux dans le Rhône pour les mener aux portes de Montpellier, sur la commune de Mauguio.

 

Ce canal peut véhiculer un débit de 60 m3/s tandis que le Canal des Costières, aussi alimenté par pompage, peut transiter 13 m3/s.

 

La CNABRL a ensuite progressivement installé ses réseaux d’irrigation sous pression, sur des territoires principalement agricoles, appelés « casiers », où elle a le monopole de la distribution d’eau brute.

 

En réalité, l’aménagement fut incomplet et se heurta à la résistance des agriculteurs, arc-boutés sur la monoculture de la vigne.

 

Encore aujourd’hui, il faut parler de surfaces potentiellement irrigables et de surfaces réellement irriguées, bien inférieures (exemple des 35.000 ha irrigués pour 120.000 ha équipés sur le périmètre du Sud de Nîmes desservi par le Canal des Costières, où l’agriculture diversifiée représente pourtant la plus forte demande en eau).

 

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 L'irrigation peut se pratique au canon, par asperseur,

voire même au goutte-à-goutte

 

En outre, la continuation du Canal Philippe Lamour pour mettre en valeur touristique le littoral au-delà de Montpellier fut abandonnée.

L’avenir de l’eau du Rhône est maintenant dans la potabilisation (transformation de l’eau brute en eau potable) pour faire face à la croissance démographique du Languedoc-Roussillon.

 

En 1993, la CNABRL, dont la culture était très technique et trop peu économique ou commerciale, a connu une grave crise financière qui a menacé son existence même.

 

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 Les châteaux d'eau de BRL marquent le paysage de la plaine du Bas-Languedoc

 

La Compagnie devint Bas-Rhône Languedoc (BRL) et créa des filiales, dont BRL Exploitation qui distribue l’eau et dont 49 % des parts furent acquises par une société fermière : la SAUR.

 

Les Collectivités locales, essentiellement la Région Languedoc-Roussillon, ont dirigé le sauvetage en souscrivant à l’augmentation de capital, cette dernière permettant de ramener les dettes à un niveau plus admissible.

 

D’autre part, le projet d’amenée d’eau à Barcelone (15 m3/s demandés en son temps) n’est maintenant plus d’actualité.

 

En tant que « projet d’entreprise » de grande envergure, fédérateur et enthousiasmant, ce défi technique et ce challenge humain a eu au moins le mérite de galvaniser, pendant un certain temps, les nombreux techniciens et ingénieurs de BRL.

 

Enfin, l’Etat a récemment rétrocédé à la Région Languedoc-Roussillon, actionnaire majoritaire de BRL, le Canal Philippe Lamour.

 

Actuellement, Bas-Rhône Languedoc utilise, en pointe, moins de 15 % de l’autorisation de prélèvement dans le Rhône alloué par l’Etat.

 

Ce droit d’eau concédé jusqu’en 2.035, égal à 75 m3/s, représente tout de même l’équivalent du débit d’étiage de la Seine ce qui donne une idée de l’abondance d’eau disponible, du moment qu’une utilisation économiquement viable est possible.

 

Pour l’instant, BRL livre en eau brute, à des fins de potabilisation, les villes de Nîmes, de Montpellier (dont l’alimentation repose cependant essentiellement sur la Source du Lez), une partie du littoral méditerranéen et, à des fins d’irrigation, principalement un vaste secteur nîmois mais aussi les secteurs de Lunel et de Mauguio.

 

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 Soutien de l'étiage du Lez (500 l/s) grâce à l'eau du Rhône,

au Domaine de La Valette, sur la commune de Clapiers

 

L’eau du Rhône est synonyme de grands travaux, de grands investissements et de grands financements.

 

Or, des opportunités locales, comme par exemple l’approfondissement du pompage dans la source du Lez, dont la faisabilité a été démontrée par le Professeur Jacques Avias, sont venues contrarier ce qui aurait pu apparaître comme une solution unique, radicale et miracle à la pénurie d’eau.

 

Toutefois, avec le changement climatique, le souhait de préserver les ressources en eaux souterraines comme les zones humides, le soutien de l'étiage des cours d'eau, la régression de la vigne, le développement du tourisme et la croissance démographique, l’eau du Rhône devient de plus en plus incontournable dans ce Bas-Languedoc en pleine mutation.

 

Avec le projet Aqua Domitia, la longue et lente marche de l’eau du Rhône vers l’Est semble d’ailleurs avoir reprise.

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 Le canal Philippe Lamour à l'Est de Baillargues, du côté de Saint-Brès

17/09/2009

Inauguration du Lycée Pierre Mendès-France

La Région Languedoc-Roussillon est depuis la décentralisation responsable des lycées, de leur rénovation comme de leur construction.

Le Lycée Pierre Mendès-France a été inauguré cette rentrée scolaire.

Il se substitue au Lycée Méditerranée qui était enclavé dans le quartier Clémenceau à Montpellier et se trouvait dans un état de décrépitude avancée.

Construit au Mas de Brousse à Montpellier, ce nouveau lycée professionnel est en vis-à-vis d’Odysseum par rapport à l’autoroute A9 : il bénéficie de ce fait de la desserte de la ligne 2 du Tramway, offrant un confort incontestable à certains élèves.

Son périmètre jouxte donc un grand domaine agricole et notamment une magnifique oliveraie replantée après le gel de 1956.

Notre région connaissait, il y a quelques années, un déficit de places en lycées professionnel sévalué à 1.500 places.

Même si l’Etat bloque deux projets, le premier à Lézignan les Corbières et le second à Argelès sur Mer, la Région Languedoc-Roussillon a pu construire 5 lycées en 6 ans, sous la Présidence de Georges Frêche, et rattraper une partie de son retard.

Il s'agit d'un effort sans précédent.

Cela concerne les lycées Jean Vilar de Villeneuve lès Avignon (1.200 élèves) ouvert en 2007, Rosa Luxemburg à Canet en Roussillon (1.200 élèves) ouvert en 2007, Victor Hugo à Lunel (1.600 élèves) ouvert en 2008, Jacques Prévert à Saint-Christol lez Alès (1.800 élèves) ouvert en septembre 2009 tout comme le Lycée Pierre Mendès-France (dont la capacité d’accueil a été portée à 1.550 élèves, soit 500 de plus qu’à l’ancien Lycée Méditerranée).

L’enseignement professionnel est le plus à même de créer les conditions du développement économique régional.

En outre, l'enseignement professionnel favorise l’égalité des chances en permettant au plus grand nombre de jeunes d’accéder à une qualification et un diplôme.

Le Lycée Pierre Mendès-France a coûté près de 70 millions d’€.

Il a été doté de 500 ordinateurs.

Il possède un internat de 99 places, ce qui essentiel pour les élèves des zones rurales ou des milieux sociaux défavorisés.

Il offre plusieurs pôles de formation :
- mécanique auto-moto, véhicules de loisirs, carrosserie, peinture,
- pilotage des systèmes de production industrialisée et maintenance de systèmes mécaniques automatisés,
- électrotechnique,
- logistique et transport.

Le Lycée Pierre Mendès-France est idéalement placé pour accueillir préférentiellement les jeunes, bien entendu de Montpellier, mais aussi des cantons de Mauguio et de Castries, tout proches.

Les investissements dans la formation aujourd’hui sont le gage de la richesse économique et de l’épanouissement humain demain : la Région Languedoc-Roussillon et son Président l’ont parfaitement compris.

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1 - Entrée du Lycée Pierre Mendès-France
2 - La cour intérieure jardinée
3 - Idem
4 - Les ateliers mécanique automobile
5 - Une caisse à savon élaborée par les élèves et leurs professeurs
6 - Les ateliers carrosserie automobile
7 - Le restaurant scolaire au mobilier signé par le grand designer Christophe Pillet
8 - Le Gymnase Françoise Spinosi attenant au Lycée

Crédit photographique : Michel Chastaing