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14/10/2010

Bientôt la fin de la faim ?

Les Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) sont nés de l’accord de la Communauté internationale au Sommet du Millénaire organisé par les Nations Unis en l’an 2000.

 

8 objectifs à atteindre d’ici 2015 ont été définis.

 

A seulement 5 ans de l’échéance fixée, le Secrétaire général de l’Organisation des Nations Unis (ONU), Ban Ki-Moon, a réuni les dirigeants du Monde, à New-York, pour un bilan, du 20 au 22 septembre 2000.

 

Le sommet a été terni par la mise à l’écart des autorités locales ou régionales ainsi que des organisations non gouvernementales (ONG).

Il a été en effet décidé, au dernier moment, que le représentant de la « société civile » serait la Présidente de la Fondation « Bill et Melinda Gates ».

 

Bertrand Delanoë, Président de Cités et Gouvernements Locaux Unis (CGLU), qui avait été mandaté pour être la voix pouvoirs locaux du monde à l’assemblée plénière du sommet, n’a pu intervenir.

 

CGLU représente pourtant les villes et les villes jumelées de 136 pays : les maires de Canton (république Populaire de Chine), de Johannesburg (Afrique du Sud), de Quito (Equateur) et d’Istanbul (Turquie) copréside cette organisation d’acteurs promouvant la démocratie locale, la décentralisation et la coopération décentralisée en vue de contribuer au développement local et à l’amélioration des services urbains (planification, accès à l’eau, à l'habitat, aux transports, etc.).

 

Le signal envoyé par l’ONU a été particulièrement négatif puisqu’il laisse croire que des partenaires (ceux dont l’aide est la moins détournée) seraient inutiles à l’atteinte du but fixé.

 

Malgré cet incident symptomatique de la crispation de gouvernements et d’états centraux de plus en plus autoritaires et de leur connivence avec les milieux financiers, l’ONU a pu dresser un bilan plutôt encourageant des progrès accomplis en vue d’atteindre les Objectifs du Millénaire pour le Développement.

 

La difficulté des pays sub-sahariens à bénéficier des progrès constatés ailleurs demeure toutefois inquiétante.

 

Les Nations Unis, s’appuyant sur l’examen de 50 études nationales, concluent que « les ressources et le savoir-faire nécessaires à l’atteinte des OMD existent » mais que « pour accélérer les progrès au cours des cinq prochaines années, il sera nécessaire de privilégier les stratégies, les politiques qui ont fait leur preuve et de rompre radicalement avec celles qui n’ont pas fonctionné ».

 

Ces échecs et ces réussites sont aussi le lot des pays riches qui devraient, en la matière, tenir compte de ce qu’ils sont capables d’observer à l’extérieur et avoir la clairvoyance politique d’en tirer des conclusions pour eux-mêmes.

 

Passons en revue les OMD pour une analyse détaillée : nous constaterons au passage que l’optimisme des Nations Unis est peut-être un peu excessif.

 

OBJECTIF 1: ÉLIMINER L’EXTRÊME PAUVRETÉ ET LA FAIM

• CIBLE 1.A : Réduire de moitié, entre 1990 et 2015, la proportion de la population dont le revenu est inférieur à un 1,25 dollar par jour

• CIBLE 1.B : Atteindre le plein-emploi productif et un travail décent pour tous, y compris les femmes et les jeunes

• CIBLE 1.C : Réduire de moitié, entre 1990 et 2015, la proportion des populations souffrant de la faim

 

La réduction de moitié de l’extrême pauvreté (le seuil de 1,25 dollar par jour n’étant, il faut l’espérer, qu’un objectif transitoire) devrait être obtenue, l’ONU souhaitant aussi réduire le nombre absolu de pauvres, stimulé par la croissance démographique, ce qui n’est pas en revanche acquis.

 

Une croissance fortement créatrices d’emplois et une réduction des inégalités sociales sont les ingrédients primordiaux de la réduction de la pauvreté.

 

Concernant l’objectif de plein emploi, avec environ 1 milliard de « chômeurs » (plus que le nombre d’agriculteurs), il semble tout simplement hors d’atteinte.

 

L’ONU constate que 1,02 milliard de personnes sont toujours sous-alimentées et que les progrès réalisés en matière de lutte contre la faim (par exemple, le nombre d’enfants souffrant d’insuffisance pondérale ayant chuté de 31 % en 1990 à 26 % en 2008) se sont récemment inversés d’où une sérieuse inquiétude pour l’avenir.

 

Il est en outre toujours constaté que les 3/4 des personnes sous-alimentées sont des paysans !

 

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Pépinière de palmiers à huile sélectionnés gérée par un institut franco-béninois

 

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Atelier artisanal de production d'huile de palme

 

 

OBJECTIF 2: ASSURER L’ÉDUCATION PRIMAIRE POUR TOUS

• Cible 2.A : D’ici à 2015, donner à tous les enfants, garçons et filles, partout dans le monde, les moyens d’achever un cycle complet d’études primaires

 

Il est constaté une augmentation des taux d’inscription dans les écoles primaires.

 

C’est le fruit des investissements dans la formation des maîtres, dans la construction d’écoles et de l’abolition des frais de scolarité (règle malheureusement encore détournée dans certains pays).

 

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Une nouvelle salle de classe adaptée au climat du Bénin

 

 

OBJECTIF 3 – PROMOUVOIR L’EGALITÉ DES SEXES ET L’AUTONOMISATION DES FEMMES

• CIBLE 3.A : Éliminer les disparités entre les sexes dans les enseignements primaire et secondaire d’ici à 2005, si possible, et à tous les niveaux de l’enseignement en 2015 au plus tard

 

La proportion filles/garçons inscrits à l’école primaire dans le monde est passée de 91 % en 1999 à 96 % en 2008 ce qui est encourageant.

 

Cette meilleure égalité homme/femme a une incidence fortement bénéfique sur l’atteinte des autres OMD.

 

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Les coopératives de femmes (ici transformation du manioc)
contribuent à leur émancipation

OBJECTIF 4 – RÉDUIRE LA MORTALITÉ INFANTILE

• CIBLE 4.A : Réduire de deux tiers, entre 1990 et 2015, le taux de mortalité des enfants de moins de 5 ans

 

Les campagnes de vaccination massive portent leur fruit : le nombre d’enfants mourant avant l’âge de 5 ans a diminué, passant de 12,5 millions en 1990 à 9 millions en 2008.

 

Cependant, la transmission placentaire du SIDA est souvent la règle alors qu’elle pourrait être évitée.

 

OBJECTIF 5 – AMÉLIORER LA SANTÉ MATERNELLE

• CIBLE 5.A : Réduire de trois quarts, entre 1990 et 2015, le taux de mortalité maternelle

• CIBLE 5.B : Atteindre, d’ici à 2015, l’accès universel à la santé procréative

 

Le taux de mortalité maternelle diminue trop lentement : 430 pour 100.000 naissances vivantes en 1990 à 400 en 2005, malgré des efforts de formation du personnel médical.

 

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Des installations sanitaires à rénover (voire à créer)

 

 

OBJECTIF 6 – COMBATTRE LE VIH/SIDA, LE PALUDISME ET D’AUTRES MALADIES

• CIBLE 6.A : D’ici à 2015, avoir stoppé la propagation du VIH/Sida et avoir commencé à inverser la tendance actuelle

• CIBLE 6.B : Atteindre, d’ici à 2010, l’accès universel aux traitements contre le VIH/sida pour tous ceux qui en ont besoin

• CIBLE 6.C : D’ici à 2015, avoir maîtrisé le paludisme et d’autres grandes maladies, et avoir commencé à inverser la tendance actuelle

 

Le nombre de personnes nouvellement infectées est tombé de 3,5 millions en 1996 à 2,7 millions en 2007 et le nombre de décès a baissé de 2 à 1,7 millions durant ce laps de temps.

 

L’accès universel au traitement antirétroviral n’est toutefois pas effectif malgré des progrès.

 

OBJECTIF 7 – ASSURER UN ENVIRONNEMENT DURABLE

• CIBLE 7.A : Intégrer les principes du développement durable dans les politiques et les programmes nationaux; inverser la tendance actuelle à la déperdition de ressources environnementales

• CIBLE 7.B : Réduire la perte de biodiversité, en atteignant d’ici à 2010, une diminution importante du taux de perte

• CIBLE 7.C : Réduire de moitié, d’ici à 2015, le pourcentage des populations qui n’ont pas accès de façon durable à un approvisionnement en eau potable et à des installations sanitaires de base

• CIBLE 7.D : Réussir à améliorer sensiblement, d’ici 2020, la vie d’au moins 100 millions d’habitants de logements insalubres

 

La perte de biodiversité est loin d’être freinée tandis que le réchauffement climatique pénalise l’espoir d’atteindre les autres OMD.

 

En outre, la déforestation touche toujours 13 millions d’hectares par an.

 

Les émissions de CO2 ont crû de 31 %, à 21 milliards de tonnes, entre 1990 et 2006.

 

Enfin, 884 millions d’habitants manquent d’eau potable tandis que 2,6 milliards ne bénéficient pas de l’assainissement.

 

OBJECTIF 8 - METTRE EN PLACE UN PARTENARIAT MONDIAL POUR LE

DEVELOPPEMENT

• CIBLE 8.A : Poursuivre la mise en place d’un système commercial et financier multilatéral ouvert, fondé sur des règles, prévisible et non discriminatoire (comprenant un engagement en faveur de la bonne gouvernance, du développement et de la lutte contre la pauvreté, tant au niveau national qu’international)

• CIBLE 8.B : S’attaquer aux besoins particuliers des pays les moins avancés (y compris l’admission en franchise de droits et sans contingentement de leurs exportations, l’application du programme renforcé d’allègement de la dette des pays pauvres très endettés, l’annulation des dettes bilatérales envers les créanciers officiels, et l’octroi d’une aide publique au développement plus généreuse aux pays qui démontrent leur volonté de lutter contre la pauvreté)

• CIBLE 8.C : Répondre aux besoins particuliers des États enclavés et des petits États insulaires en développement

• CIBLE 8.D : Traiter de manière exhaustive le problème de la dette des pays en développement à travers des mesures d’ordre national et international propres à rendre leur endettement viable à long terme

• CIBLE 8.E : En coopération avec l’industrie pharmaceutique, rendre les médicaments essentiels disponibles et abordables dans les pays en développement

• CIBLE 8.F : En coopération avec le secteur privé, mettre les avantages des nouvelles technologies, en particulier des technologies de l’information et de la communication, à la portée de tous.

 

En réalité, la crise financière et économique actuelle a donné un coup de frein à la course aux OMD.

 

Cependant, l’aide publique au développement (APD) a atteint 0,65 % du Revenu National Brut mondial contre un objectif, proche, de 0,7 %.

 

Il n’empêche que certains pays riches ne font pas les efforts de solidarité nécessaires.

 

Devant ce tableau en demi-teinte, l’ONU préconise pour la période 2010-2015 les « stratégies d’accélération » suivantes au profit des pays en développement :

-         tendre vers une croissance économique endogène,

-         réduire les inégalités sociales,

-         améliorer la productivité agricole,

-         promouvoir l’autonomie des femmes,

-         appuyer les gouvernances efficaces et performantes,

-         reconnaître le rôle crucial du secteur public, notamment au niveau de la formation professionnelle,

-         soutenir l’adaptation au climat,

-         accélérer la mobilisation des ressources financières intérieures en tendant vers un système fiscal plus performant,

-         mobiliser à hauteur de leurs engagements les partenaires des pays riches.

 

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Centre de formation agricole financé par des ONG au Bénin