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06/06/2010

Réchauffement climatique, le triomphe de la forêt méditerranéenne ?

La forêt en Languedoc-Roussillon occupe 37 % du territoire régional en 2010 (contre 29 % seulement en 1980).

 

Elle est vouée à une fonction de production partout où il pleut suffisamment : Cévennes, Escandorgue, Espinouse, Somail, Montagne Noire et Pyrénées.

 

Ailleurs, comme au Nord de Montpellier ou sur la Gardiole, elle marque le paysage et offre une forêt méditerranéenne riche en essences, fortement anthropisée, fruit des activités millénaires de l’Homme, lieu de cueillette, de chasse, de promenade, de loisirs récréatifs mais aussi de façonnage de bois de feu.

 

Cette forêt qui recouvrait presque intégralement la France à l’aube du Moyen-âge a été fortement exploitée et défrichée jusqu’à l’ère post-industrielle.

 

Dans notre région, la forêt a fourni le combustible pour les verriers et les foyers domestiques, le pâturage pour les troupeaux, les écorces pour le tannage, des teintures pour les étoffes, le matériau pour la construction, les meubles et la fabrication du charbon de bois.

 

L’exploitation fut telle qu’en Languedoc-Roussillon la plupart des premiers reliefs succédant aux plaines apparaissaient comme désertiques.

 

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Ancienne garrigue pâturée déjà en voie de colonisation par la forêt

 

Depuis, la politique de reboisement du XXème siècle est passée par là et l’exode rural a fait cesser la pression qu’exerçaient nos ancêtres sur les milieux naturels.

 

Aujourd’hui, sur le plan écologique, les arbres et arbustes occupant la garrigue (que les savants nomment mattoral), le maquis sur substratum acide ou les chênaies vertes sur sols calcaires sont parfaitement adaptées aux conditions climatiques.

Mais qu’en sera-t-il si le changement climatique observé s’amplifie ?

 

C’est la question que s’est posée l’association « Arbres Formations », avec l’appui du Centre régional de la propriété forestière Languedoc-Roussillon (CRPF-LR), à la Bergerie municipale de Cournonterral, au mois de mai 2010.

 

L’association des Communes forestières de l’Hérault (COFOR34), l’interprofession du bois appelée ARFOBOIS Languedoc-Roussillon (mèl), le Comité national pour le développement du bois (CNDB), le Ministère de l’alimentation, de l’agriculture et de la pêche, la Région Languedoc-Roussillon participaient à cette journée de réflexion regroupant propriétaires forestiers et élus locaux, ces derniers représentant notamment les forêts communales. 

Tout d’abord, l’état des lieux donne l’image d’une forêt régionale en forte expansion, insuffisamment exploitée d’où une accumulation du bois sur pied et des risques accrus d’incendie.

Les arbres se sont adaptés aux excès du climat méditerranéens : grand froid l’hiver et surtout canicule l’été, sècheresse en hiver et encore plus marquée en été, pluviométrie concentrée sur le printemps et l’automne avec des épisodes très intenses générant un ruissellement que la végétation ne peut capter que dans les bas-fonds.

Le changement climatique qui est vraisemblablement dû à l’augmentation de la teneur des gaz à effet de serre dans l’atmosphère s’est concrétisé par une augmentation des températures moyennes de 0,6 °C, au niveau mondial, et de 0,7 à 1,1 °C suivant les régions, en France.

 

Le GIEC prédit une augmentation en 2050 de 1,5 à 3,0 °C pour la zone méditerranéenne.

 

D’après ces experts, il n’y aurait pas de modification du niveau pluviométrique mais une accentuation des contrastes saisonniers : plus de sécheresse en été et plus de ruissellement au printemps comme à l’automne, donc globalement beaucoup moins d’eau réellement disponible.

 

Seul le Nord de la France recevrait plus d’eau en hiver contrairement au Sud.

 

Dans ces conditions, l’évapotranspiration serait en augmentation ce qui générera des dégâts liés à la sécheresse et des risques croissants d’incendies.

 

Toutefois, les maladies cryptogamiques comme la septoriose du châtaigner devraient régresser : car moins d’eau égale moins de champignon.

 

Les insectes devraient proliférer grâce à l’augmentation du nombre de générations annuelles (exemple du typographe dans le Nord de l’Hérault, comme par exemple dans le Pays Gangeois, avec 2 à 5 générations par an contre 1 seule en Suède).

 

Cependant, la coïncidence phénologique pourrait être bouleversée avec un risque que les insectes ne calent leurs cycles sur un nouveau calendrier.

 

Cela pourrait être avantageux si la tordeuse du chêne, habituellement calée sur le débourrement de cette essence, se réveille trop tôt.

Il est déjà constaté certaines années une migration de la chenille processionnaire du pin vers le cèdre.

 

D’ailleurs, cet hôte indésirable a déjà progressé en 20 ans de 60 km vers le Nord et devrait atteindre Paris vers 2020, avec des problèmes d’allergie exacerbés par la pollution urbaine à prévoir.

 

Sur le plan végétal, les dépérissements pour l’heure constatés peuvent généralement être expliqués par une ou plusieurs années de sécheresse et relèvent essentiellement de problèmes stationnels (essence sur un sol inadapté) ou concernent des espèces en limite de leur aire de prédilection :

-         le Douglas est menacé de disparition dans notre région comme l’est l’Abies grandis dans le Centre ou la Bourgogne,

-         les Pins sylvestres subissent une forte mortalité dans l’arrière-pays languedocien.

 

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 Chêne-vert attaqué par un parasite entraînant la nécrose de rameaux

 

Si la forêt est, à juste titre, considérée comme un puits de carbone majeur du fait de la photosynthèse, une année sèche peut s’avérer contreproductive : ainsi la forêt de la commune de Puéchabon, constituée essentiellement de taillis de chênes verts, a par exemple relargué plus de carbone en 2003 qu’elle n’en a capté.

 

Mais, d’autre part, le changement climatique c’est aussi 3 semaines de durée de végétation supplémentaires gagnées en 50 ans !

 

Les forestiers constatent une croissance plus forte des arbres (au prix d’un risque supplémentaire de gelée) : en effet, la température et la quantité de CO2 dans l’air disponible pour la photosynthèse ont crû.

 

L’aire méditerranéenne qui couvre actuellement 9 % du territoire français devrait s’étendre au détriment de l’aire atlantique pour couvrir en 2100 Midi-Pyrénées, l’essentiel du Massif Central et les Alpes de basse altitude, jusqu’à occuper 28 % du territoire national.

 

La mutation sera difficile.

 

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Cyprès toujours verts, à croissance lente,

mais bien adaptés aux conditions xériques

 

Les arbres habitués à plus d’eau réduiront leur croissance, limiteront leur feuillage (« microphyllie ») – un arbre est qualifié de dépérissant lorsque son houppier est réduit de plus de 50 % - et subiront même de la mortalité (« rougissement »).

 

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 Le chêne pubescent, ici avec son hôte le geai,

va régresser au profit du chêne-vert

 

Bien entendu, les essences méditerranéennes (chêne-vert, filaire, chêne kermès, pistachiers térébinthe et lentisque, olivier, etc.) prendront progressivement possession des terroirs dont le paysage va muter.

 

Le Pin pignon plus résistant à la chaleur que le Pin d’Alep va notamment s’étendre.

 

Enfin, le réchauffement climatique allié à la circulation automobile génère des précurseurs de l’ozone, ce dernier se concentrant à distance respectable des centres urbains, par exemple au large en Mer méditerranée, dans le Mercantour ou encore en Margeride.

 

Les dégâts d’ozone, bien caractérisés à proximité des usines en émettant, se retrouvent aussi sur des résineux dont les aiguilles sont marquées de taches jaunes et sur des feuillus dont les feuilles exposées subissent un phénomène de « bronzing ».

 

Pour les forestiers, le changement climatique va signifier :

-         un stress hydrique plus fréquent,

-         des risques de tempête, d’incendie et d’érosion accrus,

-         des gelées précoces au printemps et tardives en automne,

-         une croissance des problèmes sanitaires,

-         une réduction de la biodiversité.

 

Pou l’instant des études de vulnérabilité des peuplements au stress hydrique sont en cours.

 

Les forestiers savent qu’ils devront adapter leurs méthodes de sylviculture.

 

Peut-être faudra-t-il anticiper la récolte de certains bois sans avenir ?

 

Peut-être faudra-t-il s’orienter vers la futaie claire même si elle peut poser des problèmes d’embroussaillement et donc des risques d’incendie.

 

Il faudra penser régénération naturelle en s’appuyant sur les plants issus des semenciers en place les plus résistants.

 

Il faudra appliquer une gestion adaptée aux lisières des massifs boisés en les éclaircissant pour éviter les turbulences lors des coups de vents et donc les chablis.

 

Il pourra être nécessaire de raccourcir les révolutions et donc de valoriser les bois jeunes qui possèdent plus de nœuds mais aussi plus d’obier.

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 Futaie de pin d'Alep menacée à terme par le réchauffement climatique

Enfin, il se peut que la production de bois croisse : reste à valoriser ce bois en bois-énergie, bois-construction et en nouveaux agrégats alimentant la production de panneaux bois et la chimie verte.

03/11/2009

Le réchauffement climatique en débat aux Lundis du PS à Castelnau le Lez

La Section du Parti Socialiste de Castelnau le Lez organise régulièrement "Les lundis du PS" qui permettent d'évoquer les grands débats d'actualités.

Le lundi 19 octobre, c'est sur le thème du réchauffement climatique que Michèle Verdeilhan a animé la soirée, ouverte à tous les Castelnauviens.

Michèle Verdeilhan, Secrétaire de la Section du Parti Socialiste de Castelnau le Lez et Professeur des Universités en Sciences du langage, dotée d'une excellente connaissance du dossier, a distribué la parole aux participants pour des questions, analyses et réflexions.

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 Midi Libre du 27 octobre 2009 - Edition de Montpellier

 Trois intervenants extérieurs avaient au préalable pris position :

- Bruno Franc, Directeur de la DIFED (Dynamique interuniversitaire de formation à l'environnement et au développement),

- Xavier Dupuy, chercheur, qui a débuté sa carrière en travaillant avec le Club de Rome et Futurible,

- Michel Chastaing, Maire-adjoint de la Commune de Clapiers.

Bruno Franc a posé le problème du changement climatique (consommation effrénée de carburants fossiles, trop forte empreinte écologique de notre mode de vie) et des stratégies à développer face à cette situation.

Xavier Dupuy a évoqué les doutes qui demeurent quand à la stabilité du réchauffement observé, compte tenu des cycles climatiques (glaciations, post-glaciations) que la Terre a connus dans son histoire. Il a apporté quelques éclairages sur la complexité de l'interprétation du phénomène et souhaité que les politiques publiques de lutte contre le réchauffement climatique soient décidées à froid et démocratiquement.

Michel Chastaing a mis en avant la responsabilité de tout un chacun : la prise de conscience a certes commencé mais il est maintenant nécessaire de s'engager dans des comportements économiseurs d'énergie au quotidien. Quant à la taxe carbone, elle apparaît plus comme un effet de communication que comme un début de remède aux maux qui nous sont prédits.

Ce débat a démontré l'implication des Socialistes dans les questions d'environnement et de développement durable qui seraient à traiter, dans le respect des libertés individuelles, avec une approche pragmatique et sociale qui tienne aussi compte de l'humain.

17/07/2009

Vive le bois construction (suite)

Le bois dans la construction accompagne en réalité la mutation des modes de conception et de réalisation.

Son utilisation est un enjeu en terme d’emplois locaux et d’aménagement du territoire (le bois demande beaucoup de main d’œuvre et est issu des zones rurales).

Le Languedoc-Roussillon compte 1 million d’hectares de forêts. ¾ des superficies sont des forêts privées et ¼ des forêts publiques. Les forêts les plus productives sont situées dans les Pyrénées, la Montagne noire, le Somail, l’Espinouse et les Cévennes.

Ce sont les accrus naturels et non les plantations (très limitées en surface) qui expliquent la très forte croissance du bois sur pied.

1,3 millions de m3 de bois sont prélevés tous les ans en Languedoc-Roussillon et 0,9 million commercialisés (le reste entre dans l’autoconsommation) des ménages. Cette exploitation du bois en région est toutefois largement insuffisante.

Le bois construction en Languedoc-Roussillon est essentiellement du bois d’œuvre destiné au sciage mais aussi du bois destiné à la trituration, notamment pour la production de panneaux isolants.

La Charte d’ARFOBOIS Languedoc-Roussillon engage des maîtres d’ouvrage, des maîtres d’œuvre et des entreprises : de l’amont et de l’aval de la filière.

Il s’agit de promouvoir une nouvelle culture et de nouvelles pratiques.

Le bois peut être mis en œuvre pour :
- construire des maisons en bois,
- à structure poteau/poutre, notamment en lamellé-collé,
- à ossature bois,
- en bois massif empilé (style « chalet »),
- en panneaux de bois massif contrecollés (technique venue d’Allemagne),
- fabriquer des isolants : laine et fibre de bois, ouate de cellulose,
- élaborer des portes, fenêtres, lambris, planchers, bardages.


Les maisons en bois permettent de gagner de la surface au sol, du fait d’une épaisseur de mur moins grande.

Les bois utilisés doivent être des bois certifiés (dits « PEFC », soit en anglais « Programme for the endorsement of forest certification »), c’est-à-dire que l’exploitation de la forêt doit être durable en respectant le sol, la végétation et les hommes.

La Charte résulte d’un travail transversal au profit de la construction bois. L’Association des communes forestières de l’Hérault (COFOR34) a été associée.
L’objectif est d’agir sur la demande (maîtres d’ouvrage et maîtres d’oeuvre) et sur l’offre (entreprises du bâtiment et de la transformation du bois, recherche).

Concernant les maîtres d’ouvrage, la Charte prévoit :
- l’exemplarité des constructions publiques,
- de mettre en œuvre une politique générale d’incitation à l’usage du bois, par exemple levée de toutes les restrictions dans les plans locaux d’urbanisme (PLU) ou dans les normes techniques,
- d’informer et de former à l’emploi du matériau bois (entreprises du bâtiment et de l’artisanat, élus locaux),
- de faire coopérer les maîtres d’ouvrage et les maîtres d’œuvre sur ce sujet
.

Une maison bois-pierre, démonstrative des bâtiments basse consommation (dits BBC), a été présentée au 2ème Salon Energaïa (Salon des énergies renouvelables) à Montpellier : elle a connu un vif succès en étant prise d’assaut, pour des visites, par le grand public.

16/07/2009

Vive le bois construction

1 m3 de bois stocke 1 tonne de CO2.

Le bois utilisé dans les constructions constitue un stockage durable de gaz à effet de serre (GES) responsables du réchauffement climatique. En outre, la mobilisation et la mise en œuvre du bois émettent peu de CO2.

Le bois construction est donc à développer.

A cet effet, ARFOBOIS Languedoc-Roussillon (l’interprofession régionale du bois regroupant les propriétaires forestiers, les bûcherons, les scieurs, les transformateurs du bois, les menuisiers et les charpentiers, les collectivités territoriales, les architectes, les constructeurs) a élaboré, dans la concertation des acteurs de la filière bois, la Charte bois-construction.

Cette Charte a été signée par 23 partenaires le 11 décembre 2008 à l’occasion du 2ième Salon Energaïa (Salon des énergies renouvelables) au Parc des expositions de Montpellier. La liste des signataires à jour est visible à l’adresse :
http://www.arfobois.com/index.php?id=156

C’est un engagement commun, un pacte d’intérêt collectif, visant à valoriser davantage le bois dans la construction.

La Commune de Clapiers a été pionnière puisqu’elle est la première et seule commune du Languedoc-Roussillon à avoir signé cette Charte.

Pourtant, signer cette charte n’est pas une affaire de spécialistes : toutes les communes et autres collectivités territoriales devraient ainsi s’engager à promouvoir le bois-construction.

Pour faire œuvre de pédagogie, Arfobois propose aux collectivités territoriales la mise à disposition gratuite d’une exposition sur le Bois construction :
http://www.arfobois.com/telechargements/outils//Panneaux%20Construction%20(6)%20ARFO.pdf

Cette charte est une conséquence directe de la politique mise en place en 1998 sous le Ministère de Jean-Louis Bianco (Gouvernement Jospin). L’objectif de son « Plan bois construction Environnement » était de faire passer de 10 % à 12,5 % la part de marché du bois dans la construction sur la période 2000-2010 (équivalent tout de même à 14 % des engagements de la France à Kyoto en terme de réduction du CO2 !).

S’en s’ont suivi le « Plan Climat 2004 », le décret du 16 septembre 2005 sur les exonérations de Taxe sur le foncier bâti (TFB) fixant les minima de quantités de matériaux renouvelables à utiliser dans la construction et enfin l’« Accord cadre national » résultant du Plan Bianco

La Charte d’ARFOBOIS Languedoc-Roussillon est la déclinaison régionale de cet accord national qui fixe « les objectifs stratégiques définissant le cadre des engagements ultérieurs de chaque signataire ». Les objectifs sont déclinés en actions. Le plan porte sur la période 2008-2013.

Promouvoir le bois dans la construction, c’est nous préparer un avenir meilleur.

Suite dans la note du 17 juillet 2009.