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16/07/2012

Révision du SCOT de l'agglomération de Montpellier

La Communauté d’Agglomération de Montpellier a été une des premières à approuver un Schéma de cohérence territoriale (SCOT) le 17 février 2006.

Les SCOT sont nés de la loi du 13 décembre 2000 relative à la Solidarité et au Renouvellement Urbain afin de donner une cohérence au développement des territoires, notamment en terme d’urbanisation.

Seule la région Ile de France possédait cet outil de planification qui permet d’anticiper sur les besoins en logements, les infrastructures de transport, les équipements collectifs, le développement économique et le résidentiel.

Georges Frêche avait souhaité aller vite sur la rédaction du SCOT pour anticiper sur l’avenir, quitte à invoquer dès le départ une révision assez précoce.

Cette dernière interviendra avant le 31 décembre 2015.

Un bilan d’étape vient d’être rendu :

-          79 % des sites d’extension potentielle identifiés dans le zonage du SCOT ont fait l’objet d’études préalables (quel type d’aménagement à mettre en œuvre ? notamment grâce à l’outil « Zone d’Aménagement Concerté » qui permet d’exproprier en cas de besoin et surtout de définir un projet cohérent),

-          une politique foncière a été mise en place pour lutter contre la spéculation et constituer des réserves foncières (outil de la Zone d’Aménagement Différé qui permet de geler le prix du terrain au niveau de celui constaté avant le passage en zone constructible - décision publique qui créé une rente financière très importante, exercice du droit de préemption urbain par les collectivités territoriales, achat et stockage de foncier par l’Etablissement Public Foncier Languedoc-Roussillon),

-          13 Plans Locaux d’Urbanisme ont été accompagnés dans leur rédaction par les communes.

Le SCOT 2006 a défini des indicateurs de suivi des objectifs fixés initialement : maîtrise du développement urbain, diversité des fonctions urbaines, mixité sociale de l’habitat, utilisation économe de l’espace, maîtrise de la circulation automobile et préservation de l’environnement.

Ces objectifs ont par exemple sous-tendu la conception du projet d’Ecocité de Montpellier à la Mer.

Maîtrise du développement urbain

98 % de l’urbanisation, entre 2008 et 2010, est restée à l’intérieur du zonage d’extension urbaine potentielle, signe d’un étalement urbain contenu.

Heureusement car 45 hectares par an de terres à vocation naturelle ou agricole ont quand même été urbanisés du fait de la réalisation de grands chantiers d’infrastructures ou d’installations admises par le SCOT (bâtiments agricoles, équipements d’intérêt général, etc.).

La poursuite du phénomène d’artificialisation n’a donc pas été enrayée.

Diversité des fonctions urbaines

Mixité sociale de l’habitat

L’objectif de 25 % de logements sociaux dans la construction neuve n’a pas été totalement atteint : 21 % seulement.

Néanmoins, le rééquilibrage de l’offre résidentielle sociale entre la ville centre (21 % de logements sociaux ramenés au parc de résidences principales) et les communes périphériques (moins du 10 % du parc résidentiel en locatif social) est encourageant : 20 % des constructions sur la période 2005-2007 seulement dans la périphérie mais 51 % sur la période 2010-2011 hors Montpellier.

Cette politique du logement social est indispensable pour loger toutes les catégories socio professionnelles, notamment les jeunes.

En effet, si le rythme de construction a été soutenu – 5.000 logements par an ! – les prix ont continué leur hausse (+ 17 % sur le m² de surface habitable privée entre 2007 et 2011), avec à la clef une solvabilité des ménages de plus en plus menacée.

Utilisation économe de l’espace

La part des logements collectifs dans le logement neuf des 30 communes périphériques a doublé de 32 % en 2000 à 61 % depuis 2005.

Les lotissements très dispendieux en surface par habitant régressent.

La consommation de l’espace s’avère donc plus limitée que prévue avec 55 hectares par an.

Si ce rythme raisonnable se maintenait (15 % seulement consommés), les gisements fonciers identifiés (soit 2.900 ha d’extension urbaine potentielle au total) ne seraient épuisés qu’en 2050, d’autant que la croissance démographie devient moins galopante (+ 1,4 % observés entre 1999 et 2007 pour une prévision de l’INSEE de seulement + 0,9 % entre 2007 et 2030).

C’est plus sur la demande en surface de parc d’activités que se situent les tensions.

Pour 10 ha par an disponibles actuellement et 25 ha par an à moyen terme, le besoin moyen s’élève à 25 ha par an.

La Communauté d’Agglomération de Montpellier souhaiterait dans le futur SCOT « dégager des fonciers nouveaux aptes à recevoir des activités de type extensif ou incompatibles avec la proximité de zones habitées » et plus généralement « répondre aux besoins des entreprises ».

Il y a là, à mon avis, occasion de réorienter radicalement les objectifs du prochain SCOT en projetant de densifier fortement, comme cela a été fait pour l’offre résidentielle, les parcs d’activités.

Etages au lieu d’un seul rez-de-chaussée, limitation de la surface des parkings, mitoyenneté des bâtiments, réduction de la largeur des voiries, alignement des constructions sur le réseau viaire sont nécessaires pour éviter que notre cadre de vie ne se transforme en une vaste zone de chalandise, industrielle et/ou tertiaire.

C’est déjà le cas dans les faubourgs de Béziers ou dans la vallée du Rhône avec des espaces occupés par du bâti commercial déclassé, des hangars délabrés, des bâtiments vides, des stockages extérieurs de matériels ou de rebus.

Il est nécessaire de densifier fortement ces zones d’activités : la décision ne peut venir que des élus locaux car un investisseur incline volontiers à acheter de la surface constructible 3 fois moins cher que pour du résidentiel (prix moyen actuellement pratiqués de 100 € en moyenne le m² pour favoriser le développement économique et 190 € le m² de Shon pour les projets tertiaires) mais qui, un jour ou l’autre, sera gagnée par du résidentiel de qualité (exemple des Prés d’Arènes à Montpellier).

Bien sûr, des zones d’activités « à l’ancienne » sont requalifiées mais il en reste quelques unes de particulièrement dégradées qui mériteraient un réinvestissement urbain.

Maîtrise de la circulation automobile

Sur la période 2004-2010, 50 % des constructions ont été implantées à moins de 500 mètres du tramway (le double de l’objectif du SCOT !) ce qui est le résultat d’une forte dynamique de réinvestissement urbain le long des lignes de ce mode de transport collectif moderne et écologique.

Les déplacements en vélo et à pied reconquièrent aussi la ville.

Cette « ville des courtes distances » permet une meilleure préservation de l’environnement.

Ainsi, le SCOT actuel a plutôt atteint, voire dépassé, ses objectifs.chocomiel.caramel@yahoo.fr

Le nouveau SCOT à l’horizon fin 2015 ne remettra pas en cause les grands équilibres de la planification actuelle.

Notamment, les ajustements à apporter ne conduiront vraisemblablement pas à augmenter les capacités d’extension urbaine, soit 2.900 hectares.

En revanche, le développement durable, suite aux lois Grenelle 1 et 2 de l’environnement devient central (maîtrise des consommations d’énergie, de l’émission des gaz à effet de serre, des besoins de circulation automobile et développement du transport collectif).

L’objectif de renouvellement urbain sera renforcé avec la restructuration des espaces construits, la revitalisation des centres urbains (et ruraux loin de Montpellier), la recherche de qualité urbaine, architecturale et paysagère dans les entrées de ville.

L’impératif de mixité est complété par des objectifs de répartition géographique équilibrée, non seulement entre habitat et emploi, mais dorénavant entre offre touristique, commerciale et de services.

Le prochain SCOT de l’Agglomération de Montpellier devra intégrer de nouvelles données en se mettant en cohérence avec :

-          le Document d’aménagement commercial (DAC) relatif à l’équipement commercial et aux localisations préférentielles des zones de chalandises,

-          le prochain Schéma régional de cohérence écologique (SRCE) qui vise à la préservation des continuités écologiques et donc de la protection de la « trame verte et bleue », biotope ou couloir de circulation de la faune,

-          le Schéma régional climat air énergie (SRCAE) en cours d’élaboration et les plans climat énergie territorial (PCET) de l’Agglo comme des communes.

Il fera l’objet d’une vaste concertation tant avec les mairies qu’avec la population.
 

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 Montpellier, vu du Sud (ligne 4 du Tramway et Polygone bien visibles)

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Pépinières d'entreprises Cap Oméga

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Zone d'activités du Millénaire : façade photovoltaïque

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Immeuble de bureaux au rond-point Benjamin Franklin

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Immeuble de bureaux, rue de Pommessargues 

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Quartier mixte (résidentiel, commerces et rond-point Ernest Granier)

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Immeubles des Jardins de la Lironde (1)

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Immeubles des Jardins de la Lironde (2)

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 Commerce "branché" en bordure de l'avenue de la Mer

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 Quartier Rives du Lez, à forte densité d'habitations (1)

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Quartier Rives du Lez, à forte densité d'habitations (2)

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 La nouvelle Mairie de Montpellier,

nouvel emblème du mouvement architectural

 

Crédit photographique : Michel Chastaing