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01/10/2014

Un dimanche de Sénatoriales à Montpellier

2.364 grands électeurs étaient appelés ce dimanche 28 septembre 2014 à élire les 4 sénateurs de l’Hérault pour 6 ans.

12 listes étaient en présence ce qui constituait un record.

Du fait de sa démographie croissante, le département de l’Hérault est passé lors du précédent renouvellement de 3 à 4 sénateurs.

Le scrutin n’est plus majoritaire mais proportionnel, à la plus forte moyenne.

Il était donc attendu comme la fois précédente un partage égal des sièges entre la Gauche et la Droite.

En effet, si l’équilibre politique penchait assez nettement vers la Gauche d’après la Guerre jusqu’à une dizaine d’années, ce qui permettait aux Socialistes et apparentés d’emporter les 3 sièges, les forces en présence se sont progressivement équilibrées au fur et mesure de la perte par la Gauche de certaines municipalités.

Aujourd’hui, la Droite a totalisé 46,55 % des suffrages exprimés, l’Extrême-Droite 6,16 % (soit tout de même un score multiplié par 10 !) et la Gauche 47,29 %.

Les observateurs étaient d’accord sur le fait que 6 listes pouvaient prétendre à un élu.

La liste officielle du Parti Socialiste et deux dissidentes, d’une part.

La liste officielle UMP et deux dissidentes, d’autre part.

Les listes de ces deux grands partis semblaient hors d’atteinte et pourtant Jean-Pierre Grand, Maire de Castelnau le Lez, a réussi à les distancer très largement.

Il s'en est fallu de 23 voix seulement pour que sa deuxième de liste, Agnès Rouvière-Esposito, Maire de Buzignargues, n'accède pas au Sénat.

La Gauche a donc failli se retrouver avec 1 seul siège !

Le suspense planait sur le vainqueur des dissidents socialistes et c’est Robert Navarro, Premier Vice-Président du Conseil Régional Languedoc-Roussillon qui a coiffé de 20 voix Christian Bilhac, Maire de Péret et Président de l’Association des Maires de l’Hérault.

Robert Navarro est le seul Sénateur sortant reconduit puisque Raymond Couderc, ancien Maire de Béziers et Sénateur sortant a lourdement échoué.

En outre, Marie-Thérèse Bruguière, Maire de Saint-Aunès et Sénatrice sortante était en seconde position sur la liste UMP, à qui il a manqué tout de même 68 voix pour faire un doublé.

Enfin, Robert Tropéano, ancien Maire de Saint-Chinian et Sénateur sortant ne figurait qu’en 5ième place sur la liste du candidat malheureux Christian Bilhac.

6 listes permettaient surtout aux partis qui les soutenaient de « se compter » et d’exister sur l’échiquier politique.

38 grands électeurs absents vont devoir s’acquitter d’une amende, sauf s’ils peuvent justifier d’une bonne raison, le vote étant obligatoire.

Les Députés, les Sénateurs, les Conseillers régionaux et les Conseillers généraux pouvaient choisir un remplaçant s’ils étaient aussi grands électeurs d’une commune.

Ces derniers ont été élus par leurs conseils municipaux, courant septembre.

Toutefois, pour les grandes communes, comme le nombre de grands électeurs, croissant avec la population, dépasse le nombre de conseillers municipaux, ces derniers sont donc considérés comme des « délégués de droit » et ceux élus sur des listes d’électeurs de la commune, présentées par les listes représentées au Conseil municipal, constituent des délégués supplémentaires.

Avec l’avènement du tour unique dans l’Hérault, le scrutin s’accompagne d’une multiplication de l’offre politique.

Seules les têtes de listes, souvent des hommes, il faut bien le constater, peuvent être élus.

Les femmes, souvent en seconde position, ont peu de chance d’être élues, sauf à faire preuve de volontarisme.

L’alternance obligatoire des sexes sur une liste n’entraîne ainsi pas forcément la parité au Sénat.

Dans le cas de figure vécu dans l’Hérault, le scrutin proportionnel a permis des désignations à partir de 10 % à 15 % des voix.

Le scrutin majoritaire générait des seconds tours avec des tractations mouvementées et des ententes souvent byzantines à l’issue du premier ainsi qu’une adaptation rapide de l’électorat à une nouvelle donne, puisque au premier tour du matin succédait le second tour l’après-midi.

Le scrutin proportionnel peut, lui, créer des surprises de taille, juste avec un glissement de quelques voix (c’est un vote « sans filet ») : toutefois, il a l’avantage de promouvoir le vote d’adhésion sur le nom d’un candidat ou sur ceux d’une liste.

La Préfecture de l’Hérault a parfaitement organisé cette élection.

Les anciens grands électeurs étaient habitués de venir au Tribunal de Grande Instance qui a constitué une parenthèse historique en termes de lieu de vote.

L’unique bureau de vote héraultais était partagé dimanche en 10 sections.

Pour chacune, 4 grands électeurs (un Président, un Secrétaire, deux Assesseurs) organisaient le vote.

Les délégués des candidats veillaient au bon déroulement des opérations.

Il est clair que tous les participants avaient à cœur de promouvoir une démocratie irréprochable.

Résultats des élections Sénatoriales du 28 septembre 2014

 

Nom

Liste

Suffrages obtenus

Pourcentage

 

Inscrits

 

2364

 

 

Votants

 

2343

99,11%

 

Exprimés

 

2305

97,50%

 

Nuls ou blancs

 

38

1,61%

1

Jean-Pierre GRAND

UMP Dissident

492

21,34%

2

Michel COLAS

Divers Droite

18

0,78%

3

Marie-Christine AUBERT

Front National

135

5,86%

4

François COMMEINHES

UMP

447

19,39%

5

Robert NAVARRO

PS Dissident

257

11,15%

6

Christian BILHAC

PS Dissident

237

10,28%

7

Michèle COMPS

Verts

50

2,17%

8

Jean-Claude MARTINEZ

Extrême-Droite

7

0,30%

9

Henri CABANEL

Parti Socialiste

378

16,39%

10

Raymond COUDERC

UMP Dissident

116

5,03%

11

Jean-Pierre PEREZ

Parti Communiste Français

97

4,21%

12

René REVOL

Parti de Gauche

71

3,08%

   

Totaux

2305

100,00%

         
         
   

Total Gauche

1090

47,29%

   

Total Droite

1073

46,55%

   

Total Extrême-Droite

142

6,16%

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23/11/2009

La crise agricole frappe aussi durement le Montpelliérais

La Fédération du Parti Socialiste de l’Hérault a organisé à Capestang, le lundi 16 novembre 2009, un débat sur la viticulture et l’agriculture en général.

 

Claude Nayral, Secrétaire de la section de Capestang a accueilli les 200 participants, sur une commune traversée par l’emblématique Canal du Midi et restée fortement viticole.

 

Robert Navarro, Premier secrétaire fédéral de la Fédération de l’Hérault, a précisé le cadre de la soirée : alimenter le débat national pour parvenir d’ici juin 2010 à une profonde rénovation du Parti Socialiste.

 

Michel Chastaing, Secrétaire fédéral à l’agriculture et à la ruralité de la Fédération de l’Hérault, a présenté les apports majeurs du Parti socialiste au secteur agricole avec comme résultats remarquables :

-         une forte revalorisation des retraites des exploitations agricoles,

-         le vote de la loi d’orientation agricole de 2000,

-         la mise en place des contrats territoriaux d’exploitation, ensuite supprimés par le Gouvernement Raffarin, pour éviter un prélèvement sur les primes des grands céréaliers.

 

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La rénovation du Parti Socialiste passe aussi par une victoire aux élections régionales de mars 2010

 

 

Aujourd’hui, Nicolas Sarkozy a une vision de la France strictement urbaine, contrairement à celle de Jacques Chirac, ancien ministre de l’agriculture, défenseur de la Corrèze, et au-delà, de l’agriculture de montagne.

 

Un symbole fort pour le Midi : c’est la première fois qu’un candidat ne buvant jamais de vin est élu Président de la République française.

 

Au-delà de ce constat sur un désamour croissant entre gouvernement actuel et paysans, Michel Chastaing a souligné l’intensité de la crise agricole, conséquence directe de la crise financière.


Après octroi de 200 M€ d’aides publiques, notamment européennes, en 2007 et 2008, le revenu net d’exploitation agricole (dit RNEA) en Languedoc-Roussillon est passé de 300 M€ en 2007 à 150 M€ en 2008 !

 

La baisse du revenu agricole a été de 60 % entre 2007 et 2008 en Languedoc-Roussillon !

 

Sans les primes, les agriculteurs de notre région auraient dû débourser 50 M€ de leur poche tout en devant vivre 12 mois sans aucun revenu : on comprend que la révolte gronde !

 

90 % des agriculteurs du Midi sont dans l’incapacité de payer le solde annuel de leurs cotisations sociales qui intervient en novembre 2009.

 

Qu’en est-il de l’agriculture autour de Montpellier ?

 

A l’évidence, le mouvement de disparition des exploitations s’y observe comme dans le reste du département et de la région.

 

L’urbanisation consomme de l’espace tout en générant des rentrées financières non négligeables pour les propriétaires terriens, dont certains sont agriculteurs.

 

La mise en place de Schéma de cohérence territoriale (SCOT) de la Communauté d’agglomération de Montpellier a le double intérêt :

-         de réserver des secteurs à l’agriculture,

-         d’envoyer un signal fort aux propriétaires sur le risque qu’ils prennent pariant sur une urbanisation future de terres, pour l’instant en zone naturelle.

 

Il est tout de même évident que certains propriétaires anticipent une plus-value sur leur foncier d’où le refus de location aux paysans et l’apparition de nombreuses friches qui viennent miter un paysage dont la qualité est souvent liée à la présence de cultures.

 

Globalement, l’agriculture autour de Montpellier est plutôt moins en difficulté.

 

Les explications sont les suivantes :

-         il s’agit d’une agriculture plus diversifiée avec du maraîchage, des fruits (objet de crises cycliques), des grandes cultures irriguées,

-         la proximité de consommateurs avisés et à fort pouvoir d’achat offre des opportunités de vente en circuit court, avec des prix plus équitables pour les paysans,

-         de grands propriétaires fonciers, fraîchement installés, tiennent leur fortune d’une autre activité économique et ne recherchent pas forcément la rentabilité de leur exploitation, ayant en fait une approche patrimoniale,

-         l’agriculture familiale, la plus exposée à la crise, est moins nombreuse que dans le reste du département et de la région et, point positif, bien organisée en coopératives.

 

Toutefois, l’agriculture entre Sète et Montpellier d’une part, Montpellier et Nîmes d’autre part, régresse en surface et encore plus en nombre d’agriculteurs.

 

L’agriculture autour de Montpellier est donc menacée d’une disparition lente : elle doit donc faire l’objet d’une grande attention à la fois des consommateurs, des citoyens et des pouvoirs publics.

 

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Beaucoup de militants socialistes mais aussi beaucoup de viticulteurs et d'agriculteurs présents

 

Lors de la soirée de Capestang, Thierry Garriguenc, Président de la Cave coopérative de Roquebrun, a notamment parlé de la très faible récolte régionale en 2009 (12 Mhl), du négoce affaibli, de la demande européenne qui baisse, de la nécessité de réorganiser l’outil de production, de réguler les marchés via l’Union européenne et de gérer l’après monoculture de la vigne en maintenant une activité agricole.

 

Serge Azaïs, le second intervenant professionnel, ancien porte-parole de la Confédération paysanne de l’Hérault, a regretté le quasi tarissement de l’installation des jeunes, l’absence d’une interprofession viticole unique sur la région et le retard pris en matière de production Bio.

 

Georges Frêche, Président de la Région Languedoc-Roussillon, venu écouter les échanges, a décrit les grands domaines d’intervention de la Région Languedoc-Roussillon : notamment les actions pour exporter (Sud de France), pour favoriser la diversification (projet Aqua Domitia d’amenée de l’eau du Rhône jusque dans les Pyrénées-Orientales pour permettre la diversification des cultures) et pour développer la consommation du Bio dans les restaurants scolaires des lycées.

 

Le Montpelliérais est aussi touché par la crise, la plus grave depuis 1907 et l’historique « Révolte des Vignerons » qui avait engendré un engagement solennel des maires à soutenir la viticulture : le « Serment d’Assas », intervenu en réalité au Pavillon populaire à Montpellier, sur l’Esplanade.

 

Les aides de la Région Languedoc-Roussillon seront fort utiles aux nombreux viticulteurs, arboriculteurs, céréaliculteurs, maraîchers qui veulent continuer à vivre de leur travail autour de Montpellier.