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15/06/2011

2ème Fête de la Pierre à Beaulieu

Beaulieu fête, le dimanche 12 juin 2011, la 2ème Fête de la Pierre, de 9 h 30 à 18 h.

Cette manifestation s'inscrit dans le cycle d'événements liés au patrimoine et à l'agriculture soutenu par la Communauté d'Agglomération de Montpellier : Fête de l'Olive à Pignan, Fête du Taureau à Baillargues, Festival de la Tomate à Clapiers, Fête de la Vigne à Montpellier et Fête de la Truffe à Saint-Geniès des Mourgues.

Cette Fête de la Pierre (voir programme en fin de note) met à l'honneur :

- la géologie,

- les carrières et les carriers locaux, en l'occurrence Proroch et Farrusseng,

- les tailleurs de pierre, leurs outils et leur travail,

- la pierre en tant qu'éco-matériau,

- la pierre dans l'architecture.

Le cadre de l'événement, le Centre du Village de Beaulieu, est lui-même un témoignage de l'utilisation de la pierre, en grand ou petit appareil comme disaient les Romains, ou en construction en pierre massive comme on dit aujourd'hui.

Les déchets de l'extraction et du sciage servaient, quant à eux, sous forme de recoupe, pour les sols en rez-de-chaussée, les cours d'habitation et les chaussées de chemin.

Cette manifestation de grande ampleur est symptomatique de la reconstitution progressive d'une « Filière Pierre » en Languedoc-Roussillon.

L’exemple de la relance de la construction en pierre sèche est, par exemple, intéressante.

Alors que le savoir-faire avait quasiment disparu il y a 40 ans, des associations se sont mises en tête de relever ces murs de pierres sèches qui façonnent si fort nos paysages.

Des artisans se sont passionnés pour l’œuvre à accomplir et en ont fait leur métier.

Une nouvelle filière, en pleine croissance, s’est créée, essentiellement dans le Vaucluse, le Gard et la Lozère et s’organise sous l’égide du groupement des artisans bâtisseurs en pierre sèche (ABPS).

Plus globalement, la résurrection de la « Filière Pierre » a été initiée par une poignée de passionnés : elle est soutenue par la Région Languedoc-Roussillon, notamment via la marque collective Sud de France.

En effet, si la pierre est restée le principal matériau de construction jusque dans les années 60, l'industrialisation de produits à base de ciment a complètement marginalisé ce matériau naturel.

Jean-Noël Farrusseng, un Saint-Géniérois, exploitant de carrière et Président du « Collège Pierre Languedoc-Roussillon », ainsi que Yanick Lasica, consultant socio-économique et cofondateur du Conservatoire national des pierres et des marbres (CNPM) sont notamment deux acteurs que l'ont peut citer du fait de leurs articles parus dans la revue professionnelle « Carrières et matériaux » (Hors Série n° 163 d'octobre 2009).

Ce conservatoire unit les efforts « des chercheurs d'archives et de laboratoire avec les chercheurs de terrain et les hommes de l'art », pour recenser ce riche patrimoine national constitué par les carrières et par les métiers du marbre et de la pierre.

Grâce à de nouveaux jeunes entrepreneurs et grâce à des architectes avant-gardistes, tel Gilles Perraudin, la « Filière Pierre » se relève depuis une dizaine d'années.

Elle comptait en 2007 : 66 entreprises d'extraction et de transformation de pierres de construction et de roches ornementales, 313 salariés (soit 1.000 à 1.200 salariés concernés en comptant la partie aval de la filière : metteurs en marché, artisans, sculpteurs, artistes, architectes, etc.) et un CA de 35,3 millions d'€.

L'extrême richesse géologique de la région Languedoc-Roussillon offre des gisements minéraux très variés.

Notre région est ainsi la première région productrice de pierres de taille et de marbres, devant la Bourgogne et la Franche-Comté.

L'éventail est large :

- pierres calcaires dites demi-fermes, extraites par sciage sous forme de bloc de 6 tonnes, essentiellement extraites dans le Gard et l'Hérault (la fameuse « Pierrre de Castries » ou encore « Pierre de Beaulieu »),

- calcaires durs du Sud du Massif Central mis en oeuvre sous forme de dallage, mobilier urbain, décoration, voirie et espaces verts mais aussi sous forme de lauze de couverture,

- marbres de l'Hérault aux veines bariolées, aux teintes chatoyantes, présents dans d'illustres monuments du Monde entier,

- schistes, micaschistes, gneiss et quartzites utilisés sous forme de lauze, dallage, pierre à bâtir,et d'ardoise,

- grès, ayant notamment servis à édifier, puis à rénover, la Cité de Carcassonne.

Une association, créée en 1996, appelée Pierres du Sud, s'est créée sous l'égide de l'UNICEM (Union nationale des industries des carrières et des matériaux de construction), des conseils régionaux et des DREAL (Direction régionale de l'environnement, de l'aménagement et du logement) PACA et Languedoc-Roussillon.

Cette association interprofessionnelle s'intéresse à la filière des pierres calcaires tendres et semi-dures.

Se pose la question d'une meilleure connaissance technique des roches exploitées pour satisfaire le renforcement de la normalisation des matériaux ou encore de leur résistance au gel.

Un « Guide de la construction en pierre massive », rédigé par l'architecte Pierre Laurent, magnifique et incontournable, constitue un ouvrage de référence pour les techniques de l'art de bâtir, précieux pour aider à la reconstitution des savoir-faire.

Si la pierre a le vent en poupe en Languedoc-Roussillon, cette renaissance de l’exploitation locale se heurte cependant à l’absence de scieur de blocs bruts de marbres ou de calcaires durs.

Les blocs extraits sont en effet principalement exportés vers l’Espagne, l’Italie ou des régions françaises comme la Bourgogne et Midi-Pyrénées.

Ce chaînon manquant, nécessaire en terme de première transformation pour obtenir des tranches ou des produits ouvragés, fait l’objet d’un projet de création d’une unité de sciage à implanter à proximité du Port de Sète.

Le sciage est indispensable pour garder la valeur ajoutée localement, pour être compétitif, exporter, améliorer le bilan-carbone en profitant notamment de la plate-forme logistique multimodale (mer-rail-route, gestion de containers, etc.) de Sète.

D'autre part, « Le Grenelle de l'environnement pourrait amplifier le mouvement observé au niveau de la pierre massive et plus généralement le retour de la pierre dans la construction. »

C'est en effet un matériau naturel, sain, nécessitant peu d'énergie pour son extraction et sa transformation.

Son bilan-carbone est d'autant plus positif que la pierre est utilisée à proximité ou réemployée.

Si la pierre, symbole de durabilité et de pérennité, était malheureusement jusqu’à peu souvent considérée comme un matériau inaccessible, le changement de mentalité et d'approche actuelles augure d'un retour à la construction en pierre massive avec un montée du savoir-faire pour tous ceux qui mettent en œuvre ce matériau.

Venez nombreux à Beaulieu redécouvrir les métiers de la pierre et ses nouvelles utilisations !

La pierre : tout simplement « un matériau de toujours, d'hier, d'aujourd'hui et de demain ! ».

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Programme de la 2ème Fête de la Pierre

Tailleurs de pierre au travail

(en collaboration avec le Conservatoire National des Pierres et Marbres)

Serge Rovini, Claude Bezombes, Maryse Labattu, Marielle Dormoy, Edouard Labèque, Elke Montréal (réalisation sur place d'une sculpture monumentale en marbre)

Exposants sur le thème de la pierre, éco-matériau local de la construction durable

Les carriers Farrusseng et Proroch

Marbres de France

La carrière de pierre à chaux d'Augmontel (Tarn)

Initiation à la taille de pierre pour enfants

Expositions sur les thèmes « Géologie », « Patrimoine » et « Construction contemporaine »

Exposition-démonstration autour des outils du passé

Lithothèque présentant la pierre du Languedoc-Roussillon (carrières en activité)

« La Pierre en films » avec une programmation de films sur les métiers, l'architecture, le patrimoine des pierres du Languedoc-Roussillon et d'ailleurs

Conférences

10 heures : « La Pierre de Beaulieu et ses cousines, ou les calcaires coquilliers miocènes utilisés dans le Languedoc-Roussillon »

15 heures : « La pierre éco-matériau du bâti sain et de l'architecture durable »

Découverte des carrières de Beaulieu (anciennes et en activité)

10 h et 15 h 30 : 2 circuits commentés avec départ en calèches

9 h 30 : « Le charroi des blocs à l'ancienne »

Possibilité de restauration sur place

07/06/2011

Chorale des villes, chorale des champs

Le chant en chorale est fortement développé autour de Montpellier.

Il offre le plaisir de s’exercer ensemble et de se produire en groupe, pour les grandes occasions, devant un public d’amateurs.

Cet aboutissement des répétitions annuelles s’est soldé à Clapiers, le samedi 21 mai 2011, par un concert de qualité.

Fait moins habituel, ce sont deux chorales qui se sont produites : celle d’un village rural, Saint-Geniès des Mourgues et celle d’un village péri-urbain, Clapiers.

Ce rapprochement et cette amitié ont donné un spectacle haut en couleurs, de sonorités et de timbres variés.

En effet, la chorale « Clarpège » de Clapiers, dirigée par Nathalie Fresson, est constituée exclusivement de femmes.

Ce groupe a présenté des morceaux très difficiles à interpréter tirés d’un répertoire plutôt contemporain (avec Georges Brassens, Aragon, Jean Ferrat, Robert Desnos, Françoise Mallet-Joris mais aussi issus des chants traditionnels des Balkans).

La chorale « Mosaïque » de Saint-Geniès des Mourgues, dirigée par Susanne Wüstendörfer, ne manque pas de basses avec une mixité importante ce qui permet des chants extrêmement mélodieux.

Le chœur de l’église Saint-Antoine de Clapiers se prêtait bien aux résonances de ces voix accordées.

A la fin de leur récital respectif, les deux chorales ont unies leur force pour chanter « Canon de la paix » (d’après un texte de Romain Rolland, 1866-1944 et une musique de François Terral décédé en 2003) et « Viva tutte le vezzoze » (Felice di Giardini, 1716-1796).

A l’issue de ce magnifique spectacle, dénommé sobrement « Deux chorales en concert », un buffet tardif a réuni les participants : l’occasion de mieux se connaître et d’échanger entre habitants de la plus ou moins proche périphérie montpelliéraine.

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"Clarpège", la Chorale de Clapiers, dans le choeur de l'église Saint-Antoine 

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"Mosaïque", la chorale de Saint-Geniès des Mourgues

24/01/2010

La Fête de la Truffe à Saint-Geniès des Mourgues

Saint-Geniès des Mourgues avait mis son manteau d’hermine, dimanche 10 janvier, pour accueillir la 4ème Fête de la Truffe. 

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Les portes de Saint-Geniès des Mourgues sous la neige

 

Cette manifestation est organisée par la Communauté d’agglomération de Montpellier.

 

C’est sous l’œil gourmand d’Yvon Pellet, fidèle gardien de la tradition, comme l’était les druides antiques, que se sont pressés de nombreux officiels et de très nombreux visiteurs venus de l’Hérault, du Gard et d’autres départements méditerranéens.

 

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Les officiels ne boudent pas leur plaisir d'être présents

Le Maire du village, aussi Vice-Président de l’Agglomération, chargé de l’agriculture et de la viticulture, a pu savourer la réussite d’une manifestation qui tourne autour du goût, du bien manger, du bien boire et de la promotion de la truffe.

 

La « Truffe du Périgord » (Tuber melanosporum), reine de l’événement, est appréciée depuis l’Antiquité pour sa haute valeur gastronomique.

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Les amateurs sont déjà passés par là, tôt le matin : il reste déjà peu de truffes 

 

Ce tubercule "divin" possède un péridium noir en pointes de diamant.

 

Champignon souterrain, il ne voit le jour qu’à la récolte.

 

Seuls les sols pauvres, et c’est bien un paradoxe pour un champignon d’aussi grande valeur marchande, permettent l’association mycorhizienne avec de nombreux feuillus (noisetier, tremble, tilleul, châtaigner, pin d’Alep, pin noir) mais surtout avec le chêne pubescent.

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L'exposition de la Région Languedoc-Roussillon

qui subventionne la création de truffières 

 

La production française s’élevait à environ 1.500 tonnes en 1900.

 

La truffe du Périgord provient maintenant principalement d’Espagne et d’Italie, ces deux pays produisant une centaine de tonnes par an.

 

En France, où la culture vient maintenant compléter la cueillette, la production annuelle, très sensible aux aléas climatiques (excès de sècheresse ou de pluviométrie, froids prolongés) est de l’ordre de 50 tonnes.

 

Le Sud-Est en produit, à lui tout seul, bon an, mal an, 2/3 à 3/4, essentiellement dans le Gard, le Vaucluse et la Drôme.

 

Les autres départements du Languedoc-Roussillon sont aussi producteurs dont l’Hérault et l’Aude mais aussi les Pyrénées-Orientales et la Lozère.

 

La truffe est passion mais aussi patience : il faut en effet entre 7 et 10 ans entre la plantation d’une truffière et la première fructification.

 

A Saint-Geniès des Mourgues, le grand restaurant montpelliérain « La Maison de la Lozère » a animé un atelier « Apprendre à cuisiner la truffe », truffe fraîche bien entendu.

 

La cave coopérative viticole de Saint-Geniès des Mourgues, « Les coteaux de Montpellier », a pu faire déguster la variété de ses vins et faire apprécier leur qualité.

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Le caveau de la cave coopérative propose toujours des expositions d'art

et des vins et produits de l'agriculture locale 

 

Enfin, la truie « Pépette » et la chienne « Syrah » ont fait toute la journée la démonstration de la finesse de leur odorat.

 

Ces auxiliaires efficaces de l’homme permettent à coup sûr la détection du « diamant noir ».

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La truie Pépette en action, labourant de son groin la terre

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Le cavage est terminé : le museau de Pépette

et la main de son maître, recourbée sur la truffe, en témoignent

 

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Pépette a bien mérité sa récompense !

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La chienne Syrah, d'un style plus virevoltant, à l'arrêt devant une truffe

 

La présence de la mouche Helomyza tuberivora permet aussi à certains initiés de découvrir le tubercule mais la technique de cavage avec un chien ou une truie est la plus répandue.

 

Avec cette nouvelle édition de la Fête de la Truffe, Saint-Geniès des Mourgues a su faire rêver de nombreux visiteurs, arrivés sous les reflets éblouissants du soleil sur la neige et repartis avec un soleil intérieur malgré le froid piquant de ce dimanche d’hiver.

01/10/2009

Journée de la pierre et du patrimoine à Beaulieu

Dans le cadre des « Journées du patrimoine », la Commune de Beaulieu a organisé, le dimanche 20 septembre 2009, sa « Première journée de la pierre et du patrimoine ».

Si cette pierre, issue d’un calcaire souvent coquillier, a pris pour nom « pierre de Castries », du nom de l’important chef-lieu de canton, elle a été en fait, de tout temps, extraite dans des carrières principalement situées sur les communes de Sussargues et de Beaulieu.

L’exploitation a débuté dès les Romains.

Elle a servi à la construction de nombreux monuments historiques et des immeubles hausmanniens de Montpellier.

Elle a été exportée en Algérie, via le port de Sète.

La profession de carrier était fort développée au 19ème siècle, surtout après la crise phylloxérique qui a mis à mal la viticulture languedocienne dans les années 1870.

Le corps des charretiers était mis à contribution pour les transports à traction animale.

L’extraction de la pierre se faisait à la main. Un bon ouvrier produisait quelques « cairons » par jour.

Tous les sous-produits de l’extraction, éclats de roche, sables, étaient valorisés soit pour l’entretien des chemins, soit comme recoupe pour les sols intérieurs ou extérieurs.

Aujourd’hui, l’extraction est mécanisée et limitée à une poignée de carrières : l’usage de la pierre s’est en effet quelque peu perdue dans la construction.

De gros blocs parallélépipédiques sont maintenant sciés et la pierre est valorisée au mieux en placages, sculptures et autres œuvres d’art.

La mécanisation de l’extraction génère beaucoup de déchets, constitués de blocs fissurés ou poreux. En revanche, lors de l’extraction manuelle, l’ouvrier choisissait à l’œil les bonnes veines et s’y cantonnait.

La pierre fait partie de la culture populaire des alentours de Castries : cette pierre de taille donne une couleur et une patine très caractéristique à de nombreux villages alentours.

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La pierre de Beaulieu employée dans de nombreux monuments historiques

 

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Le geste ancestral de l'extracteur de "cairons"

 

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Un front de coupe résultat de l'extraction de la pierre à la main

 

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Un front de coupe résultat de l'extraction mécanisée

 

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Les rebus de l'extraction mécanisée, en montagne cyclopéenne

 

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Les tailleurs de pierre à l'action



Crédit photographique : Michel Chastaing