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08/12/2013

La création d’entreprise à l’honneur en région

L’Association interdépartementale et régionale d’insertion par l’économique (AIRDIE) vient d’organiser une semaine de promotion de l’économie sociale et solidaire (ESS), du 4 au 8 novembre 2013.

Cette sensibilisation du public à la problématique de la création d’entreprise par des personnes non financées par le système bancaire a pris une forme originale : des petits déjeuners conviviaux et informatifs.

Ils ont été l’occasion de présenter notamment l’Association pour le droit à l’initiative l’économique (ADIE), créée par Maria Nowak en 1989 ou encore l’association Terre de Liens Languedoc-Roussillon, fondée par les associations Terres Vivantes et l’Association pour le développement de l’emploi agricole et rural du Languedoc-Roussillon (ADEAR-LR).

Le lieu choisi est emblématique de ces entreprises qui ont pu se créer, en milieu urbain comme en milieu rural, grâce à l’accompagnement de l’AIRDIE : la boulangerie « Drôle de pain ».

Présentation de cette entreprise d’insertion à voir sur le Site Internet du Secours Catholique (Caritas France).

Cette structure fait partie du champ de l'économie sociale et solidaire (ESS).

Elle place l'homme au cœur de son action.

Ses objectifs sont :

- la formation des personnes éloignées de l'emploi,

- la fabrication de produits de qualité,

- le respect de l'environnement (ustensiles recyclables, partenariat avec Emmaüs pour les invendus, objets de deuxième vie, ...).

Ses produits sont donc fabriqués de manière artisanale, dans le respect des méthodes traditionnelles, avec des ingrédients de saison mais aussi de proximité, des farines de tradition ou biologiques, des beurres d’appellation d’origine protégée (AOP).

C’est aussi une entreprise d’insertion puisque les salariés sont embauchés pour une durée de 4 mois à 2 ans, afin d’acquérir savoir-faire et savoir-être.

Les dirigeants de « Drôle de pain » veillent à la bonne cohésion de l'équipe en misant sur un management participatif.

Globalement, l’AIRDIE, fondée en 1996, accompagne environ 500 porteurs de projet par an en Languedoc-Roussillon.

Cette association mobilise environ 25 salariés, essentiellement dans les métiers de l’expertise de la création, voire du développement, d’entreprise.

1.000 emplois sont concernés tous les ans en Languedoc-Roussillon, dont 80 % relèvent de la création.

Il s’agit de porteurs de projet individuels et d’entreprises de l’économie sociale et solidaire (entreprises d’insertion, coopérative, associations, etc.).

L’AIRDIE est le représentant régional de France Active.

L’Association, subventionnée notamment par le Conseil Général de l’Hérault et le Conseil Régional Languedoc-Roussillon, apporte des solutions de financement (9 millions d’€ en 2012, y compris les fonds mobilisés par la Caisse d’Epargne et la Banque Populaire, banques partenaires) aux porteurs de projet ne pouvant pas accéder au financement bancaire, faute de garantie notamment.

Elle propose des prêts solidaires, des garanties du type caution et facilite l’accès aux fondations.

D’ailleurs, en 2014, un effort particulier va être lancé pour mobiliser le mécénat d’entreprises en vue de contribuer aux fonds propres de ces – en général petites – nouvelles entreprises.

L'AIRDIE soutient notamment des porteurs de projets dans le domaine agricole, ce qui est d’une importance primordiale pour les petites communes rurales.

Sur la région, une centaine de projets agricoles ont été aidés tous les ans (surtout dans l'Hérault).

Les activités concernées sont majoritairement du petit maraîchage, de l’élevage de poules pondeuses, de poulets de chair, de la culture de plantes aromatiques et médicinales (PAM).

De plus en plus de projets atypiques, innovants, émergent : production de spiruline, élevage d'escargots pour la bave (base de certains produits cosmétiques), etc.

L'AIRDIE intervient là où les banques ne veulent pas aller: en finançant par exemple du petit matériel agricole d'occasion, en soutenant des projets de lieux de transformation collectifs pour pallier au problème de l’insuffisance de la demande locale en produits frais en juillet et en août notamment.

En revanche, l’AIRDIE n'intervient pas du tout sur le foncier.

C’est au contraire le domaine de prédilection de l’association Terre de Liens.

Lancé au niveau national, ce mouvement s’est concrétisé dans notre région par la création de l’association Terre de Liens Languedoc-Roussillon (TDL LR) qui emploie à ce jour 3 salariés.

Son conseil d’administration est composé de militants, acteurs du développement local, et de professionnels progressistes de l’agriculture.

Un groupe local de bénévoles Hérault a été récemment constitué.

10 fermes ont déjà été acquises par TDL LR, pour un investissement de près de 3 millions d'€.

Ces achats de foncier ont permis l’installation d’environ 30 agriculteurs.

Ces derniers bénéficient de baux dits environnementaux, c’est-à-dire de longue durée et obligeant à une culture en Bio.

Une particularité est que plusieurs de ces fermes sont exploitées par des collectifs.

Une collecte de fonds, à laquelle s’est associé le mouvement BioCoop, est assurée régulièrement par la Foncière Terre de Liens, autorisée au niveau national à collecter l’épargne publique qui bénéficie dans ce cadre de mesures de défiscalisation.

L’intervention de TDL LR facilite donc l’accès au foncier de nouveaux agriculteurs, dans un contexte local où  toujours 70 % des installés ne bénéficient pas des aides franco-européennes, dites à l’installation mais bénéficiant en réalité, à 85 %, à des transmissions d’exploitation.

Plus globalement, le droit à l’initiative économique ne fait pas encore partie des droits reconnus par la Constitution française : de nombreux porteurs de projet restent donc sur le bord de la route faute de capitaux ou de garanties devant les prêteurs, incapables d’acquérir les moyens de production (terres, locaux, mécanisation, outils de transformation ou de commercialisation, cheptel, intrants, etc.).

Heureusement donc que de nombreuses associations s’intéressent au sujet et accompagnent, avec l’appui des collectivités territoriales, cette création de petites entreprises si nécessaire au développement de l’emploi local.

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Crédit photographique : Agathe Catoire

28/10/2009

Terre de liens : un mouvement solidaire dans le domaine du foncier agricole

 

Comment répondre au manque de terres pour l’installation en agriculture ?

 

C’est une question ancienne.

 

Au début du XIXème siècle puis dans les années 60, à l’époque de la mécanisation de l’agriculture, la réponse est venue de l’exode rural qui a alimenté les régions industrielles en main d’œuvre. Les plus pauvres en partant ont permis l’agrandissement de leurs voisins.

 

Plus tard, se sont constitués des GFA (groupements fonciers agricoles) qui permettaient de séparer la propriété, aux mains de membres d’une même famille ou d’investisseurs extérieurs, de l’exploitation, le nouvel installé payant un loyer aux propriétaires.

 

En Languedoc-Roussillon, il y a eu même l’intervention des banques qui investissaient dans un placement sûr : la terre.

 

Aujourd'hui, la course à l’agrandissement des exploitations (2,3 millions en 1955 et environ 500.000, cinquante ans plus tard, en 2005) n’a pas faibli et la concurrence d’autres usages (infrastructures, logement, récréation, forêt, etc.) est même en augmentation.

 

Dans ce contexte, l’idée de collectiviser la terre, devenue un outil de travail et non plus un bien patrimonial, a fait son chemin.

 

C’est notamment l’exemple de la Société civile des terres du Larzac (SCTL) qui a récupéré les terres sauvées de l’extension du camp militaire sur le plateau calcaire le plus célèbre en France : l’Etat, propriétaire, a accordé des baux emphytéotiques sur les sols et les bâtiments libérés à leur retraite par les exploitants.

 

Au Pays basque, le GFA Lurra réunit 1.700 porteurs de parts, a réalisé 12 opérations de rachats de fermes et soutenu l’installation de 19 familles.

 

Plus modestement, la SCI Terres solidaires d’Hérault initiée par l’association Terres Vivantes (aidée dans cette initiative par la Fondation de la Caisse d’épargne Languedoc-Roussillon) a permis dans l’Hérault l’acquisition de deux îlots maraîchers et l’installation du même nombre de paysans.

 

C’est dans cette lignée d’expériences concrètes de lutte contre la spéculation foncière, que s’est créée au niveau national en 2004, à l’initiative de Sjoerd Wartena, l’association Terre de Liens qui s’est donnée pour objet d’acquérir, partout en France, des terres agricoles afin de les consacrer, ad vitam aeternam, à l’agriculture.

 

Ces terres et bâtiments d’exploitation sont loués, dans le cadre de baux environnementaux à long terme, par des paysans qui s’engagent donc à cultiver en respectant les recommandations du développement durable (en biodynamie ou sous les labels « Agriculture Biologique », voire « Nature et Progrès »).

 

L’association Terre de Liens s’est associée avec la NEF (Nouvelle économie fraternelle, une société financière nationale qui est en fait une coopérative de finances solidaires créée en 1988 et qui possède une double activité d’épargne et de crédit) pour lancer la « Foncière de Terre de Liens », une société en commandite par actions.

 

La Foncière Terre de Liens a obtenu une autorisation d’appel public à l’épargne de la part du Ministère des finances.

 

En octobre 2009, cette structure nationale a d’ores et déjà pu mobiliser un capital denviron 8.000.000 € détenu par 3.550 actionnaires.

 

En Languedoc-Roussillon, 120 personnes ont souscrit un montant de 634.900 €.

 

Cette mobilisation de l’épargne citoyenne est accompagnée d’un fort mouvement associatif dans chacune des régions françaises : ainsi, l’association Terre de Liens Languedoc-Roussillon a été créée en 2007 par des militants associatifs et des représentants de l’Association pour le développement de l’emploi agricole et rural du Languedoc-Roussillon (ADEAR-LR) et de l’association Terres Vivantes qui, toutes les deux fortes d’un réseau d’une quinzaine de salariés, travaillent inlassablement à l’installation agricole et au développement du monde rural, voire péri-urbain.

 

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Vue d’une partie des participants à l’Assemblée générale annuelle

de Terre de Liens Languedoc-Roussillon

à Luc sur Aude (près de Limoux) le 17 octobre 2009

 

En Languedoc-Roussillon, cinq acquisitions de fermes seront intervenues en 2008 et 2009 :

- au Sahuc, dans l’Hérault, commune de Saint-Etienne d’Albagnan, dans la vallée du Jaur, pour maintenir en place un élevage équin,

- à Galinagues, dans le Pays de Sault, zone montagneuse du Sud de l’Aude, pour développer une structure de formation en agriculture pour adultes et des activités agricoles diverses : maraîchage, petits fruits, plantes aromatiques, élevage et transformation de produits agricoles (produits laitiers et pain notamment),

- à Limoux, dans l’Aude, pour une installation en maraîchage/arboriculture Bio, pour l’accueil d’une entreprise rurale et d’une structure de création d’événements culturels,

- à Thuronis, commune d’Alaigne, dans l’Aude, pour une installation en polyculture-élevage Bio avec accueil et vente à la ferme, cette opération étant une première étape avant l’acquisition totale du domaine agricole qui comprend 47 hectares de vignes exploitées en cave particulière,

- à Malhaussette, en Lozère, sur la commune de Saint-Martin de Lansuscle, près de Sainte-Croix Vallée Française dans les Cévennes, pour l’établissement d’un groupe de jeunes paysans avec un élevage de chèvres, une unité de transformation fromagère, du maraîchage et de l’arboriculture Bio ainsi que de l’accueil à la ferme.

 

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Le tour de table sur la position des élus locaux, de la SAFER et des associations

accompagnant les candidats à l’installation en agriculture

(ADEAR-LR et Terres Vivantes notamment).

 

Un projet emblématique d’acquisition de 120 hectares et d’un grand corps de ferme se dessine sur la commune de Barjac, « mondialement connue » depuis le tournage du film « Nos enfants nous accuserons », de Jean-Paul Jaud, sur la restauration Bio à la cantine scolaire et sur les ravages causés par les pesticides dans la population d’exploitants et d’ouvriers agricoles.

 

Le mouvement Terres de Liens appartient au monde de l’économie sociale et solidaire : un tiers-secteur où la solidarité, la responsabilité, l’humanisme, l’éducation populaire et le respect de l’intérêt collectif règnent en maître.