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08/06/2013

A Clapiers : des paysans dans la ville

Dimanche 19 mai, le Marché hebdomadaire de Clapiers s’est avéré extra ordinaire du fait de la participation de deux nouveaux exposants.

Tout d’abord, ce marché s’est ouvert à son premier marchand non alimentaire, proposant en l’occurrence de l’habillement.

En outre, ce marché a accueilli son premier producteur agricole issu de Clapiers : Christian Abbes.

Un apiculteur de Saint-Jean de Védas (Yoan Colaisseau installé à Saint-Jean de Védas où il a créé sa miellerie) et une maraîchère de Castries (Claire Bonnin proposant des tomates anciennes, des légumes de saison, des plants variés, installée au Domaine de Fontmagne à Castries), venaient déjà régulièrement.

Toutefois, l’agriculture à Clapiers ne pratiquait plus la vente directe depuis des décennies.

Christian Abbes a vendu sur son étal ses premières fèves, courgettes et salades.

Il a reçu un excellent accueil des habitués du Marché.

Il amènera, avec l’arrivée du beau temps, ses petits pois, navets, betteraves, carottes, fenouils et ensuite toute la variété des légumes d’été (tomates, aubergines, haricots, etc.).

Ce jeune paysan s’est installé fin 2012 au Domaine de Viviers, acquis par la Communauté d’Agglomération de Montpellier à la famille Pagézy.

La Coopérative d’activités Terracoopa loue les terres.

Elle les met à disposition de porteurs de projet auxquels elle fournit les autres moyens de production : matériel agricole et serres.

Seul le petit outillage est détenu en propre par chaque professionnel.

Terracoopa, jusqu’alors restée très discrète sur ses activités d’intérêt général, met en ligne le jeudi 23 mai son Site Internet à l’adresse http://www.terracoopa.com

La Coopérative Terracoopa est en fait la Couveuse régionale agricole : elle offre la possibilité d’un démarrage d’activités dans des conditions sécurisées avant un essaimage sur d’autres communes, en théorie 3 ans après l’installation.

Gilles Fourgous, Johan Crance et Christian Abbes ont été les premiers à s’installer sur le Domaine de Viviers : ils bénéficient chacun d’un hectare de terrain irrigable grâce à un réseau d’eau du Rhône mise sous pression.

Dimanche 19 mai à Clapiers, Christian Abbes était accompagné de deux nouveaux maraîchers Bio : Kris French et Cédric Noisette.

Leur stand était en réalité alimenté par leurs trois productions, leur union permettant, en ce début de saison difficile du fait du mauvais temps persistant, de satisfaire la demande du consommateur.

Terracoopa pourra recevoir au total 8 maraîchers Bio, pour encore 3 places disponibles.

La coopérative soutient aussi en parallèle un élagueur de grande hauteur et un prestataire en traction animale qui peut intervenir chez les agriculteurs ou les particuliers, notamment pour des labours à l’ancienne.

Une des forces de Terracoopa est la synergie entre les professionnels qu’elles regroupent.

Les nouveaux paysans ont déjà œuvré pour la mise en place de l’irrigation parcellaire et pour l’amendement des sols grâce à un apport de compost.

Ce dernier est produit sur un terrain du Domaine de Viviers, plus précisément sur le territoire de la commune d’Assa,s en limite de Clapiers, par deux porteurs de projet qui souhaitent vendre cette matière organique Bio à des particuliers.

Ils recyclent des débris végétaux issus de la plate-forme de compostage de Grammont qu’ils mélangent avec de la matière organique issue d’élevages Bio.

La capacité de production par cycle est de 250 tonnes.

100 tonnes sont réservées à l’enrichissement des terres de Terracoopa.

Concernant le pôle maraîchage Bio, les 5 paysans déjà en place vont s’entendre pour tenir en permanence un étal sur le marché hebdomadaire de Clapiers.

Kris French est d’origine américaine : elle a vécu en Califonie, en Orégon et 7 ans à Manhattan.

Elle a longtemps travaillé en tant que géographe pour le magazine National Geographic.

Mariée à un Parisien, elle a souhaité « prendre le rythme du Sud ».

Kris French va développer une production maraîchère à écouler sur les marchés de plein vent mais offrira aussi aux familles la possibilité de cueillette sur son lopin de terre (légumes, petits fruits, fleurs, plantes aromatiques).

Cédric Noisette, « un gars du Sud », a suivi une formation horticole.

Il a travaillé 10 ans en jardinerie comme salarié.

Il s’est lancé dans une reconversion professionnelle afin de créer son propre emploi, sa propre entreprise, afin d’être plus libre et plus indépendant.

Ce qui fait la force du groupe des maraîchers de Viviers, c’est leur sens du collectif et la diversité de leurs circuits de commercialisation.

Yohan Crance écoule l’essentiel de sa production via « L’Arbre à Paniers », au slogan évocateur : « Le panier Bio simple, souple et engagé ».

On retrouve avec plaisir dans leur catalogue de fournisseurs Christophe et Nelly Brodu, producteurs de fromages de chèvre Bio, porteurs de projet suivis en son temps par l’ADEAR de l’Hérault, association départementale basée à Clermont l’Hérault, devenue ensuite « Terres Vivantes ».

La vente sous forme de paniers commandés par Internet est aussi pratiquée par Cédric Noisette et par Christian Abbes qui livre de son côté à l’Hôpital Lapeyronie (le CHU de Montpellier) un groupe de consommateurs constitué autour d’un noyau d’anciens collègues de travail.

Enfin, Gilles Fourgous approvisionne un magasin Bio de Vendargues.

Leur venue à Clapiers le dimanche devant le Centre commercial Plein Soleil (Primeur, Boucher-charcutier, Fleuriste, Poissonnier, etc.), va dynamiser le marché en amenant une coloration paysanne.

La plupart de ces maraîchers débutant leur activité seront amenés à orienter leurs productions, à imaginer la transformation de certains de leurs produits et à adapter leurs modes de commercialisation.

Le renouveau de l’agriculture vivrière, de proximité, que l’on constate à Clapiers, n’est pas le fruit du hasard.

Il s’inscrit dans la volonté politique de la Communauté d’Agglomération de Montpellier de créer un Agriparc englobant le Domaine de La Valette, les pinèdes de Clapiers, Montferrier, Prades le Lez et Jacou ainsi que le Domaine de Viviers, c’est-à-dire un lieu où l’exploitation agricole, voire forestière, soient pérennisées et où les visiteurs soient les bienvenus dans le cadre d’une ouverture maîtrisée à la promenade, à la découverte et à l’échange.

L’émergence de cette ceinture verte, orientée vers des activités respectueuses de l’environnement et vers la création d’emplois, vers une vision sociale et humaine de l’agriculture, résulte d’une étude menée en 2010 par l’Association pour le Développement de l’Emploi Agricole et Rural Languedoc-Roussillon (ADEAR-LR).

Le gérant de Terracoopa, Joseph Leblanc, est d’ailleurs l’ancien animateur de l’ADEAR-LR.

Le Président actuel de l’ADEAR-LR est un ancien chevrier audois, producteur de Pélardons qui a réussi à transmettre, fait rarissime en ce début de 21ème siècle, son exploitation.

C’est le militantisme de leaders de la Confédération Paysanne qui est récompensé mais aussi leur anticipation de la demande sociale de la société : le souhait d’un lien plus fort entre producteurs et consommateurs, le maintien d’une agriculture qui ne stérilise pas les sols, ni ne met en danger la santé, mais aussi des circuits de commercialisation courts permettant un contact permanent entre vendeurs et acheteurs.

C’est en 1999 qu’à commencé cette aventure de pionniers, avec la création de l’ADEAR-LR par Guy Kastler, Charlie Regol, Dominique Soullier, Michel Chastaing (Hérault), Pierre Bérato, Michel Curade, Richard Lemasson (Aude) et  Nicolas Duntzle (Gard).

Nul doute que les citoyens Clapiérois apprécieront d’être à l’avant-garde de l’innovation sociale en fréquentant cette aventure moderne de la Coopération.

 

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Premiers légumes de Clapiers sur le marché dominical de Clapiers

 

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De droite à gauche : Christian Abbes, Cédric Noisette,

Chris French et Michel Chastaing

 

 Crédit photographique : Christian Abbes et Marc Pelat

05/10/2012

Festival de la Tomate 2012 à Clapiers

Le Festival de la Tomate 2012 a attiré à Clapiers, ce dimanche 2 septembre, plus de 10.000 visiteurs.

L’événement, très attendu, est la manifestation la plus populaire parmi celles soutenues par la Communauté d’Agglomération de Montpellier, dans les villages de la périphérie de Montpellier.

 

Les bénévoles de l’Association des marchés paysans de l’Hérault et de Terres Vivantes ainsi que les élus de la Commune de Clapiers avaient tout lieu de se féliciter du maintien de l’ambiance calme, familiale, décontractée, ouverte et très peu commerciale.

 

Cette année le nombre d’exposants au marché paysan a atteint le nombre de soixante.

 

Les stands associatifs ont été aussi nombreux et diversifiés.

 

Les participants ont pu manger sur place, sur la pelouse ou assis dans deux secteurs réservés à la restauration, après avoir constitués librement leurs repas auprès des paysans présents ou des stands de restauration rapide traditionnelle.

 

Des produits innovants sont apparus, labellisés Sud de France : sodas locaux et préparations à base de tomates séchées.

 

Les enfants ont plébiscité les promenades en dromadaire, une jeune maman venue appuyer des poneys eux aussi très sollicités.

 

Le Steel Band de Villeveyrac qui regroupe des musiciens de toute la Vallée de l’Hérault a de nouveau ravi l’assistance par la sonorité surprenante et mélodieuse obtenue à partir de frappes sur des fûts en acier.

 

Ce groupe est important pour la culture et l’animation en milieu rural.

 

Certains de ses membres travaillent à Montpellier.

 

Le Festival de la Tomate est d’ailleurs le symbole de cette complémentarité entre rural et urbain dans l’Hérault, ce qui bat en brèche une vieille rengaine, de plus en plus dépassée, opposant un urbain envahissant et un rural laissé pour compte.

 

La force de l’agriculture languedocienne consiste en effet en la proximité immédiate des consommateurs.

 

Encore faut-il qu’ils soient exigeants et avisés d’où cette manifestation qui parie sur les échanges entre producteurs et consommateurs pour revenir à l’achat local, trop longtemps délaissé.

 

Les visiteurs ont pu nouer le dialogue avec les exposants et poser toutes les questions sur la provenance, la qualité, la saisonnalité, les modes de production, les impacts sur la santé.

 

Le Bio, le circuit court, l’achat solidaire, la vente directe ont le vent en poupe.

 

Tout simplement parce qu’ils s’inscrivent dans le développement durable. 

 

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Variétés de tomates anciennes et poivrons rouges

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Un Festival de la Tomate familial à l'ombre des grands arbres

du Parc municipal Claude Leenhardt

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Le stand du Tomatologue Eric Pédebas (Mauguio)

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Des tomates moins rares à la vente,

pour la découverte, le goût et les plaisirs de la table

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La tomate : un légume-fruit venu des Amériques

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Poneys, jeux en bois et promenades en dromadaire pour le plaisir des enfants

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L'atelier de dégustation organoleptique organisé par Slow Food

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Confitures "faites maison" dans le cadre d'une agriculture à taille humaine

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Coin restauration et animation musciale du Steel Band de Villeveyrac

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 Vue du Festival de la Tomate au plus fort de sa fréquentation

 

 L'album-photo


Crédit photographique : Michel Chastaing

04/09/2011

5ème Festival de la Tomate à Clapiers

Le Festival de la Tomate en est déjà à sa 5ème édition.


Les visiteurs sont attendus ce dimanche 4 septembre 2011 de 9 heures à 17 heures.


L’entrée est, comme les années précédentes, gratuite.


Cette manifestation a attiré près de 8.000 personnes en 2010.


Elle offre une vitrine des petits producteurs locaux.


Le consommateur est en effet de plus en plus coupé du paysan par l’industrie de l’agro-alimentaire qui s’approvisionne en matière première agricole produite en masse et par la grande distribution qui vend des produits alimentaires standardisés.


Le consommateur est focalisé par la publicité sur le produit.


Le producteur disparaît progressivement du paysage.


L’origine des produits agricoles est volontairement brouillée : mélange de cafés, mix de fèves de cacao, plats préparés issus de recettes où les huiles et d’autres composants sont interchangeables en fonction de leur cotation sur les marchés à terme de denrées alimentaires, « importation d’importations » avec passage dans un pays intermédiaire permettant de blanchir une provenance, etc.

Au Festival de la Tomate, au contraire, le producteur est présent.


Sa production provient d’un terroir proche, de façons culturales issues de l’agro-écologie, d’une réflexion personnelle et souvent d’un cheminement personnel pour ces petits agriculteurs souvent issus d’une reconversion professionnelle.


Le marché paysan regroupant près de 50 producteurs offre donc une image humaine du travail, de la passion dont sont issus les produits.


Fruits, légumes, pains, miels, produits transformés : toute la variété des productions locales est représentée.


L’organisation de la manifestation a la particularité d’associer des institutionnels (Ville de Clapiers, Communauté d’agglomération de Montpellier, subvention de la Région Languedoc-Roussillon avec Sud de France) et des acteurs associatifs (Association des Marchés paysans de l’Hérault et Association Terres Vivantes).


Le Festival de la tomate est aussi la vitrine de structures associatives locales, départementales et régionales : Mohicans, Radio Terra One, Passion Tomate, Vent Marin, Jardins de Tara, CIVAM Racine, Touselle, Terre de Liens Languedoc-Roussillon, ADEAR Languedoc-Rousslon, Slow Food Languedoc-Roussillon, etc.


Et comme cet événement d’importance régionale ne doit pas oublier son ancrage local, les enfants du Centre aéré local font, de 10 h à midi, déguster le coulis de tomate qu’ils ont préparé lors de la visite d’une maraîchère de Castries (Claire Bonnin), l’association devant gérer les jardins familiaux Al’Ort tient la buvette et la Municipalité tient un stand d’animation sur l’Agenda 21 en cours d’élaboration à Clapiers.


Ce type de manifestation fait appel aux Services techniques des collectivités territoriales mais aussi à de nombreux bénévoles, souvent anonymes mais dont l’implication est fondamentale.


Enfin, il est d’une grande importance se sente bien.


Aussi l’ambiance n’est pas mercantile, des espaces de repos et de restauration sont prévus.
Il est possible de prendre un repas sur place en achetant des produits sur le marché paysan et auprès des stands spécialisés (moules et huîtres, crêpes, jus de fruits, etc.).


Bref une journée détendue, éducative et authentique pour se rapprocher de ses paysans qui nourrissent la Terre.

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Accédez au programme détaillé !

06/05/2010

1er Marché des Garrigues à Montaud

En lançant le 1er Marché des Garrigues, le Foyer rural de Montaud a réussi un coup de maître.

 

Près de 2.500 personnes ont afflué dimanche 25 avril dans le cadre fleuri de l’Espace Robert.

 

Joël Raymond, Président de ce Foyer rural, si important pour la vie culturelle et citoyenne de Montaud, pouvait être fier du résultat de l’investissement des bénévoles engagés dans l’opération.

 

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L'entrée de l'Espace Robert est bien gardée :

avis aux amateurs de promenade à cheval !

 

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Un nouveau maraîcher Bio installé à Montaud, sous son abri de cannisses

 

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Les maraîchers ont été dévalisés : il ne reste plus que des salades

 

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Distillation andalouse de plantes aromatiques Bio

cueillies sur nos causses et garrigues

 

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Le berger et ses pélardons descendus du Plateau de Carlencas

 

Les membres des associations de parents d’élèves, des chasseurs, du Comité communal feux de forêts Montaud-Saint-Bauzille de Montmel, du Comité des fêtes et « Les toujours jeunes » ont en effet largement contribué à la réussite de l’événement.

 

La Mairie de Montaud (représentée à l’inauguration par Pierre Combettes, son Maire) et la Communauté d’agglomération de Montpellier (représentée à l’inauguration par Yvan Pellet, son Vice-Président délégué à l’économie agricole et viticole, à la ruralité et aux traditions populaires) ont quant à elles apporté leur soutien financier et logistique.

 

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 Les discours inauguraux

 

Les visiteurs sont venus d’un périmètre élargi avec des habitants de Vendargues, Galargues, Castries, Buzignargues, Saint-Croix de Quintillargues, Saint-Drézéry, etc., etc.

 

L’arrivée du printemps a certes poussé les habitants à sortir mais c’est aussi le bouche à oreille qui a décidé certains à se déplacer.

 

En effet, le marché paysan proposé était constitué uniquement de producteurs et non pas de revendeurs dont l’origine des produits est souvent inconnues.

 

Le marché était volontairement équilibré entre :

 

-         artisans et agriculteurs bien établis (charcuterie, foies gras, fromages) venant des Hauts-cantons de l’Hérault, de la Lozère et de l’Aveyron, avec une offre très diversifiée, notamment en produits transformés,

 

-         petits agriculteurs locaux (vins coopératifs, apiculteurs, maraîchers), avec des produits de saison, notamment des plants de légumes et de petits fruits recherchés en ce milieu de printemps par les jardiniers amateurs.

 

Un tel marché est en effet l’occasion de ventes en circuit-court, de débouchés locaux pour des exploitants agricoles récemment installés.

 

En milieu péri-urbain, c’est cette rencontre entre producteurs et consommateurs qui permet le maintien d’une agriculture paysanne.

 

Car la spéculation foncière générée par l’urbanisation et de grands propriétaires, ayant tendance à maîtriser toujours plus de terres, laisse peu d’espace aux petits paysans.

 

Or, le maintien en place de ces derniers est pourtant vital, en terme d’emploi local et de lien social.

 

Ce 1er Marché des Garrigues respectait la déontologie du commerce éthique suivant le souhait du Foyer rural de Montaud et des deux associations départementales venues en soutien : Terres Vivantes, présidée par Michel Chastaing et l’Association des marchés paysans de l’Hérault (AMPH), présidée par Yves Martinot.

 

Ces deux organisations militantes ont aussi appuyé la création des marchés hebdomadaires de Grabels, Vailhauquès, Prades le Lez et prochainement Clapiers ainsi que la dynamique initiée par l’Association Croquelune sur le Lunellois.

 

Terres Vivantes et AMPH co-organisent aussi des événements attirant plus de 6.000 personnes chacun : la Grande Foire des floralies et de la petite agriculture à Maureilhan dans le Biterrois, la Grande Foire de la petite agriculture et du bien manger au Pouget dans le Centre-Hérault et le Festival de la Tomate à Clapiers dans la périphérie de Montpellier.

 

La question d’un marché hebdomadaire s’est posée à Montaud, dont la création est demandée par certains habitants.

 

Toutefois, la zone de chalandise possible (Sainte-Croix de Quintillargues, Saint-Bauzille de Montmel, Buzignargues, Galargues, Saint-Jean de Cornies, Saint-Drézéry, Montaud), avec moins de 5.000 habitants n’est pas propice à la pérennisation économique d’un marché de plein-vent pleinement satisfaisant, c’est-à-dire offrant de nombreux stands d’exposants.

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Le vannier en plein travail 

 

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La librairie engagée avec Jean Jaurès en toile de fond,

grand défenseur de la petite paysannerie

 

Qu’est-ce qui a fait le succès du 1er Marché des Garrigues.

 

C’est au-delà de l’excellence de ses exposants de produits alimentaires ou d’artisans d’art, la qualité de l’ambiance.

 

Cette dernière était très détendue, sans sonorisation tapageuse, avec des espaces réservés pour s’asseoir et discuter entre amis.

 

D'autre part, la restauration sur place permet toujours le regroupement des familles et la rencontre fraternelle entre inconnus.

 

Un espace réservé à la mémoire du village, regroupant des photos de classe et de la vie de tous les jours il y a quelques décennies, donnait encore plus de sens à ce plaisir collectif de se retrouver ensemble.

 

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L'espace mémoire du village devant lequel

générations jeunes et plus anciennes ont aimé échanger

 

En outre, le contact entre travailleurs de la terre et habitants du péri-urbain occasionne des échanges riches permettant une connaissance réciproque et une meilleure compréhension mutuelle.

 

Les promeneurs ont pu aussi flâner dans les rues de Montaud, beau village de l’arrière-pays dominé au loin par le château de Montlaur et les falaises de Saint-Bauzille de Montmel qui attirent tant d’amoureux de l’escalade.

 

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Au Nord, les falaises de Saint-Bauzille de Montmel

 

 

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A l'Est, les ruines imposantes du Château de Montlaur

 

 

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Gelées et sirops avec les plantes méditerranéennes de nos garrigues

09/04/2010

Moisson d’idées vertes à Saint-Christol

A Saint-Christol, les idées se cultivent toute l'année mais se moissonnent en avril, plus de deux mois avant les céréales !

 

Le samedi 3 et dimanche 4 avril 2010, se sont ainsi tenues les « 4ièmes Moissons d’idées vertes ».

 

Cette manifestation s’est inscrite dans le cadre de la Semaine nationale du Développement durable.

 

Elle est organisée à l'initiative et sous l’égide des Jardins de Tara en partenariat avec les Jardiniers de France, la Commune de Saint-Christol et la Communauté de communes du Pays de Lunel.

 

Les vignerons du village participent aussi bien entendu, même s’ils ne vendangent, eux, qu’en août et septembre.

  

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Les Coteaux de Saint-Christol riches d'un terroir d'exception 

 

 

La Cave coopérative a offert aux visiteurs une dégustation de ses vins, notamment de ses cuvées d’exception : Péché de Bacchus, Sanctus Christoforus, L’esprit des 9 vignerons et Christovinum.

 

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 Un instant de grande convivialité : la dégustation des blancs, rosés et rouges

 

 

Nés en 1941, « Les Coteaux de Saint-Christol » vinifient 18 cépages (notamment Carignan, Cinsault, Syrah, Grenache blanc, Muscat) et collectent la récolte de 400 hectares travaillés par plusieurs dizaines de vignerons.

 

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La coopération, un fleuron de l'économie sociale au service des vignerons

 

Les « 4ièmes Moissons d’idées vertes » ont proposé aux 2.000 visiteurs :

 

-         un marché du terroir et artisanal,

 

-         des conférences,

 

-         des animations notamment pour les enfants,

 

-         de la restauration, des expositions et des démonstrations à l’Espace Castan.

 

Le public a répondu nombreux en affluant des alentours de Lunel, de Montpellier et plus largement de l'Hérault et du Gard.

 

Parmi les nombreux exposants :

 

-         des professionnels du bien-être, des remèdes naturels et des soins relaxants,

 

-         un point conseil sur le jardinage naturel organisé par « Les Jardins de Tara »,

 

-         le SYMBO, le nouveau syndicat mixte qui s’occupe de la préservation des eaux, des paysages, de la faune, de la flore et du site de l’Etang de l’Or,

 

-         l’association Slow Food représentée par le « convivium » de Montpellier qui préconise une alimentation de qualité et locale, cuisinée et consommée avec art,

 

-         l’association Croquelune qui fédère des consommateurs désireux de s’approvisionner en denrées alimentaires du terroir, en tissant des liens avec les producteurs.

 

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 Le stand du SYMBO et, en arrière-plan, celui d'une association d'éducation à l'environnement

 

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Le stand de Slow Food tenu par des bénévoles et le président du "convivium" de Montpellier

Au programme très étoffé des conférences où spécialistes, curieux et élus ont pu largement échanger :

-         l’habitat durable,

 

-         le concept de toilettes fertilisantes,

 

-         la viticulture durable avec une comparaison entre les approches de l’agriculture raisonnée et de l’agriculture biologique,

 

-         la recherche d’une production et d’une consommation durables et locales avec l’intervention de l’association de consommateurs « Croquelune », d’une Association de maintien de l’agriculture paysanne (AMAP), de l’association de producteurs locaux « Paysans du Vidourle », de l'association Consom'Acteurs de l’« Association des marchés paysans de l’Hérault » et de l’association « Terres Vivantes ».

 

Lors de ce dernier débat, la difficulté pour les nouveaux paysans de trouver du foncier en périphérie de Montpellier a été mise en avant.

 

De même, la future implantation du Pôle oeno touristique de Saint-Christol a été pointée comme la possibilité d’un futur centre de ressources à mobiliser en soutien des porteurs de projet agricole.

 

Concernant le marché paysan et artisanal, la saison printanière a mis en vedette les producteurs de plants : tomates, courgettes, aubergines, piments, etc.

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Le tomatologue où la science de la pomme d'or 

 

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Un étal de plants de légumes et de plantes aromatiques devant la Mairie

 

Les légumes anciens, les plantes aromatiques, les plantes ornementales et les plantes grasses étaient de même à l’honneur.

 

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 Plantes ornementales notamment pour le travail du paysagiste

 

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Le coin des plantes succulentes

 

La transformation, directement par le paysan, de sa production, était aussi mise en avant avec notamment la vente de pélardons, de charcuteries fermières et de préparations à base d’escargots.

 

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Le plus beau chapeau et les plus belles bagues des Moissons d'idées !

 

Ces « 4ièmes Moissons d’idées vertes » ont été globalement d’une grande richesse et ont su satisfaire la grande variété de publics attirés aussi par le charme du village de Saint-Christol.

 

La cheville ouvrière de cette manifestation, Catherine Garnier, qui cultive à Montaud et aux alentours son association « Les Jardins de Tara », et Jacques Sauvaire, Maire-adjoint, qui supervisait l'organisation, pouvaient être pleinement satisfaits de la réussite de cet événement qui compte dorénavant dans le Haut-Lunellois.

18/01/2010

Terres Vivantes organise des rencontres agri rurales pour favoriser l’installation en agriculture

L’association Terres Vivantes organise, avec plusieurs partenaires, les sixièmes rencontres agri rurales dans le Département des Pyrénées-Orientales, les 26 et 27 février 2010, au Lycée agricole de Théza.

 

L’action de Terres Vivantes vise à accompagner la création et le maintien d’activités agricoles, sources d’autonomie financière et de revitalisation du tissu économique et social en milieu rural.

 

Terres Vivantes est basée à Clermont l’Hérault et intervient partout dans le département de l’Hérault, ainsi que depuis 2008, dans celui des Pyrénées-Orientales.

 

Depuis 1997, Terres Vivantes a contribué à la professionnalisation de l’accompagnement des installations non aidées.

 

Grâce au partenariat initié avec le Conseil Général de l’Hérault et l’AIRDIE, Terres Vivantes a en effet contribué à la création d’outils tels que le Crédit à l’Initiative Agri rurale (CIA) permettant un financement des projets.

 

A travers les Rencontres agri rurales qu’elle organise tous les deux ans, Terres Vivantes souhaite poursuivre cette réflexion en donnant la parole aux différents acteurs de manière à faire avancer les politiques publiques en faveur de l’installation.

 

Terres Vivantes est maître d’ouvrage de cette manifestation et a sollicité un partenariat avec :

-         La Région Languedoc-Roussillon

-         Les Conseils Généraux des Pyrénées-Orientales et de l’Hérault

-         La Generalitat de Catalunya

-         L’AIRDIE

-         L’ADRET

-         L’ADEAR LR

-         L’IAMM de Montpellier

-         Nature et Progrès 66

-         Le CFPPA de Rivesaltes

-         RELIER

-         Terre de Liens

-         CIVAM Bio

-         Perspectives Rurales

-         La Chambre d’agriculture des Pyrénées-Orientales

-         L’ADEFA

 

L’objet de ces rencontres est de réunir, à l’échelle nationale, accompagnateurs à l’installation, porteurs de projet, organisations professionnelles, institutions et  élus pour échanger et débattre autour du thème de l’installation, faire le point sur la stratégie et l’évolution de la politique agricole et leurs coordinations au niveau départemental, régional ou européen.

 

L’objectif est d’aboutir à des actions concrètes qui permettront d’améliorer les dispositifs d’accompagnement à l’installation ainsi que d’étudier et d’impulser des projets communs qui pourront être élaborés en matière d’économie sociale et agricole.

 

Ces rencontres 2010 seront l’occasion d’approfondir les problématiques suivantes :

-         L’implication des collectivités dans les problématiques de l’installation : enjeux et coordination

-         Faire face à la déprise agricole et aux problèmes de reprise d’exploitations : la question de l'accès au foncier (reprises d'exploitation, outils collectifs d'accès au foncier, projection démographique, implications des élus, échanges de foncier...)

-         L’installation progressive et les espaces de test (les différentes formes de test, les coopératives d'activité et la formation)

-         La problématique de l'habitat et du logement pour les agriculteurs et les salariés (bilan recherche action, logement passerelle, ...)

-         Les outils collectifs de transformation et de commercialisation (et notamment pour la restauration collective)

-         La pluriactivité face aux secteurs en crise et aux économies territorialisées

 

Ces rencontres se situent dans la continuité :

 

1.      Du « Congrès des installés non aidés » qui s’est tenu le 27 février 1997 au Lycée agricole de Gignac (34) et qui a permis la reconnaissance de ce type d’installation.

 

2.      Du « Congrès national de l’installation progressive » qui s’est déroulé le 11 mai 1999 au Lycée agricole de Nîmes-Rodilhan (30) et a permis d’acter, dans la Loi d’orientation agricole de l’an 2000, l’installation progressive.

 

3.      Des « Rencontres s’installer en agriculture » qui ont eu lieu les 17 et 18 novembre 2004 au Lycée agricole « La Condamine » de Pézenas (34). Ces dernières rencontres ont permis d’enclencher une dynamique locale sur la mise en cohérence des opérateurs de l’Hérault et la rencontre de structures d’accompagnement œuvrant dans d’autres départements (Bouches du Rhône, Drôme, Tarn…). Un guide de l’installation a ainsi été mis en place : http://www.agriherault.org/guide/index.html

 

4.      Des rencontres « S’installer en agriculture, créer son activité en milieu rural » qui se sont déroulées les 8 et 9 mars 2006 au CFP de Brens dans le Tarn (81). Ces rencontres ont permis encore une fois de mobiliser porteurs de projet, agriculteurs, milieux associatifs intervenant en milieu rural et institutions. Par ailleurs, ces rencontres ont permis de créer l’association CARTES-LR, Comité Agricole Régional Terres et Environnements Solidaires Languedoc-Roussillon regroupant la Fédération Régionale de la Coopération Agricole, la Fédération Régionale des CUMA, Réseau d’Expérimentations et de Liaisons des Initiatives en Espace Rural, Solidarité Paysan et Terres Vivantes.

 

5.      Des 5ème Rencontres de l’installation agrirurale « Créer une activité dans un territoire et dans la durée », les 27 et 28 mars 2008, à Cosne d'Allier (03) en Auvergne, organisées en partenariat avec l’Association d’ASA et le CELAVAR Auvergne.

 

Un site Internet a été créé pour diffuser toutes les informations relatives aux différentes rencontres et permettre la création de liens entre les structures d’accompagnement à la création d’activités agrirurales : http://www.rencontresagrirurales.org

 

En outre, des formations à destination des accompagnateurs ont été mises en place.

 

Enfin, une structure d’accompagnement labellisée Terres Vivantes, a été créée dans les Pyrénées-Orientales.

 

Les Rencontres s’organisent sur deux journées au LEGTA de Théza, avec le programme provisoire suivant :

 

Vendredi 26 février 2010

 

9h00 Ouverture des rencontres

 

9h30 Table ronde : « Enjeux de l’installation pour un territoire et implication des collectivités », animée par Bernard Lagarrigue.

 

Thème

Intervenants

Politique actuelle et perspective dans le Sud de l’Union Européenne

Perspectives et prospectives des économies agricoles et rurales des pays du Sud de l’Europe

Secrétaire général au Conseil Général de l’Agriculture, ancien directeur de Cabinet de différents ministères, Bertrand Hervieu

 

CIHEAM, Sébastien Abis

Profils des installations d’aujourd'hui : résultats de l'étude sur les installations non aidées

ASP, François Lefebvre

Profils des installations en Catalogne du Sud et dispositifs d’accompagnement

DAAR de la Generalitat de Catalunya, Joan Salvador Minguet

L'emploi de qualité, l'insertion, les outils collectifs, la réciprocité et le lien social

Université Paris- Est Marne-la-Vallée, Hervé Defalvard

Les acteurs territoriaux et leurs rôles dans les politiques publiques d’installation : expériences et pratiques

Mairie

Maire de Caixas, Alain Doutres

Communauté de communes

Perpignan Méditerranée, Louis Carles

Pays

Pays Corbières Minervois, Eric Andrieu

Conseil Général des Pyrénées-Orientales

CG 66, Pierre Estève 

Conseil Régional Languedoc-Roussillon

CR LR, Béatrice Négrier

Catalogne du Sud

Generalitat de Catalunya, Joan Salvador Minguet

Union Européenne

Parlement Européen, José Bové 

 

13h00 Repas à partir de produits biologiques locaux

 

14h00 Films pour introduire les visites (Chambre d’agriculture des Pyrénées-Orientales et Terres Vivantes)

 

14h30 Visites d’exploitations agricoles

 

17h00 Espaces rencontres (stands associatifs et visites sur le site du lycée)

 

18h00 Projection du film « Ça sent le roussi »

 

19h30 Café citoyen avec Alain Desjardins, Président de Peuple et Culture

 

20h00 Repas et soirée animée

 

Samedi 27 février 2010

 

08h30 Accueil

 

09h00 Travail en atelier

 

12h30 Repas

 

14h00 Restitution des visites de terrains et des ateliers

 

16h00 Synthèse et conclusion :« Quelles réponses, pour quelles actions, pour quelle agriculture de demain ? », avec Pascale Moiti-Maïzi (Maître de conférence à SupAgro de Montpellier) et Omar Bessaoud (Docteur en sciences économiques au CIHEAM, spécialiste des politiques agricoles et rurales en Méditerranée).

 

Le programme détaillé des Rencontres Agri rurales 2010 sur : www.rencontresagrirurales.org

 

Contact : Terres Vivantes, antenne Pyrénées-Orientales - Animatrice : Noémie Bouthier

 

Bureau Montagne Elevage, Maison des entreprises, 66500 Prades - @ terres.vivantes.66@gmail.com

28/10/2009

Terre de liens : un mouvement solidaire dans le domaine du foncier agricole

 

Comment répondre au manque de terres pour l’installation en agriculture ?

 

C’est une question ancienne.

 

Au début du XIXème siècle puis dans les années 60, à l’époque de la mécanisation de l’agriculture, la réponse est venue de l’exode rural qui a alimenté les régions industrielles en main d’œuvre. Les plus pauvres en partant ont permis l’agrandissement de leurs voisins.

 

Plus tard, se sont constitués des GFA (groupements fonciers agricoles) qui permettaient de séparer la propriété, aux mains de membres d’une même famille ou d’investisseurs extérieurs, de l’exploitation, le nouvel installé payant un loyer aux propriétaires.

 

En Languedoc-Roussillon, il y a eu même l’intervention des banques qui investissaient dans un placement sûr : la terre.

 

Aujourd'hui, la course à l’agrandissement des exploitations (2,3 millions en 1955 et environ 500.000, cinquante ans plus tard, en 2005) n’a pas faibli et la concurrence d’autres usages (infrastructures, logement, récréation, forêt, etc.) est même en augmentation.

 

Dans ce contexte, l’idée de collectiviser la terre, devenue un outil de travail et non plus un bien patrimonial, a fait son chemin.

 

C’est notamment l’exemple de la Société civile des terres du Larzac (SCTL) qui a récupéré les terres sauvées de l’extension du camp militaire sur le plateau calcaire le plus célèbre en France : l’Etat, propriétaire, a accordé des baux emphytéotiques sur les sols et les bâtiments libérés à leur retraite par les exploitants.

 

Au Pays basque, le GFA Lurra réunit 1.700 porteurs de parts, a réalisé 12 opérations de rachats de fermes et soutenu l’installation de 19 familles.

 

Plus modestement, la SCI Terres solidaires d’Hérault initiée par l’association Terres Vivantes (aidée dans cette initiative par la Fondation de la Caisse d’épargne Languedoc-Roussillon) a permis dans l’Hérault l’acquisition de deux îlots maraîchers et l’installation du même nombre de paysans.

 

C’est dans cette lignée d’expériences concrètes de lutte contre la spéculation foncière, que s’est créée au niveau national en 2004, à l’initiative de Sjoerd Wartena, l’association Terre de Liens qui s’est donnée pour objet d’acquérir, partout en France, des terres agricoles afin de les consacrer, ad vitam aeternam, à l’agriculture.

 

Ces terres et bâtiments d’exploitation sont loués, dans le cadre de baux environnementaux à long terme, par des paysans qui s’engagent donc à cultiver en respectant les recommandations du développement durable (en biodynamie ou sous les labels « Agriculture Biologique », voire « Nature et Progrès »).

 

L’association Terre de Liens s’est associée avec la NEF (Nouvelle économie fraternelle, une société financière nationale qui est en fait une coopérative de finances solidaires créée en 1988 et qui possède une double activité d’épargne et de crédit) pour lancer la « Foncière de Terre de Liens », une société en commandite par actions.

 

La Foncière Terre de Liens a obtenu une autorisation d’appel public à l’épargne de la part du Ministère des finances.

 

En octobre 2009, cette structure nationale a d’ores et déjà pu mobiliser un capital denviron 8.000.000 € détenu par 3.550 actionnaires.

 

En Languedoc-Roussillon, 120 personnes ont souscrit un montant de 634.900 €.

 

Cette mobilisation de l’épargne citoyenne est accompagnée d’un fort mouvement associatif dans chacune des régions françaises : ainsi, l’association Terre de Liens Languedoc-Roussillon a été créée en 2007 par des militants associatifs et des représentants de l’Association pour le développement de l’emploi agricole et rural du Languedoc-Roussillon (ADEAR-LR) et de l’association Terres Vivantes qui, toutes les deux fortes d’un réseau d’une quinzaine de salariés, travaillent inlassablement à l’installation agricole et au développement du monde rural, voire péri-urbain.

 

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Vue d’une partie des participants à l’Assemblée générale annuelle

de Terre de Liens Languedoc-Roussillon

à Luc sur Aude (près de Limoux) le 17 octobre 2009

 

En Languedoc-Roussillon, cinq acquisitions de fermes seront intervenues en 2008 et 2009 :

- au Sahuc, dans l’Hérault, commune de Saint-Etienne d’Albagnan, dans la vallée du Jaur, pour maintenir en place un élevage équin,

- à Galinagues, dans le Pays de Sault, zone montagneuse du Sud de l’Aude, pour développer une structure de formation en agriculture pour adultes et des activités agricoles diverses : maraîchage, petits fruits, plantes aromatiques, élevage et transformation de produits agricoles (produits laitiers et pain notamment),

- à Limoux, dans l’Aude, pour une installation en maraîchage/arboriculture Bio, pour l’accueil d’une entreprise rurale et d’une structure de création d’événements culturels,

- à Thuronis, commune d’Alaigne, dans l’Aude, pour une installation en polyculture-élevage Bio avec accueil et vente à la ferme, cette opération étant une première étape avant l’acquisition totale du domaine agricole qui comprend 47 hectares de vignes exploitées en cave particulière,

- à Malhaussette, en Lozère, sur la commune de Saint-Martin de Lansuscle, près de Sainte-Croix Vallée Française dans les Cévennes, pour l’établissement d’un groupe de jeunes paysans avec un élevage de chèvres, une unité de transformation fromagère, du maraîchage et de l’arboriculture Bio ainsi que de l’accueil à la ferme.

 

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Le tour de table sur la position des élus locaux, de la SAFER et des associations

accompagnant les candidats à l’installation en agriculture

(ADEAR-LR et Terres Vivantes notamment).

 

Un projet emblématique d’acquisition de 120 hectares et d’un grand corps de ferme se dessine sur la commune de Barjac, « mondialement connue » depuis le tournage du film « Nos enfants nous accuserons », de Jean-Paul Jaud, sur la restauration Bio à la cantine scolaire et sur les ravages causés par les pesticides dans la population d’exploitants et d’ouvriers agricoles.

 

Le mouvement Terres de Liens appartient au monde de l’économie sociale et solidaire : un tiers-secteur où la solidarité, la responsabilité, l’humanisme, l’éducation populaire et le respect de l’intérêt collectif règnent en maître.

28/08/2009

3ème Festival de la Tomate

Parti d’une idée originale du Président de l’Association des marchés paysans de l’Hérault, Yves Martinot, le Festival de la Tomate est organisé en 2009 pour sa troisième année consécutive.

L’événement a lieu à Clapiers le dimanche 6 septembre, de 9 h à 17 h.

La première édition s’est tenue à Montpellier en 2007, au quartier Saint-Clément, en liaison avec le Comité de quartier, dans le prolongement du marché paysan hebdomadaire.

En élisant domicile à Clapiers dès 2008, le Festival de la Tomate intègre un site aux dimensions de son succès.

En effet, le parc de Clapiers peut accueillir, à l’ombre des ses arbres centenaires, plusieurs milliers de visiteurs tout en laissant des espaces de respiration.

La manifestation s’inscrit dans le cycle annuel voulu par la Communauté d’Agglomération de Montpellier avec la Fête de l’olive en octobre à Pignan, la Fête de la vigne sur la Place de la Comédie à Montpellier début décembre et la Fête de la truffe en janvier à Saint-Geniès des Mourgues.

Chacun de ces événements a respectivement une orientation particulière :
- mise en avant du travail des artisans des métiers de bouche, mise à l’honneur des petits producteurs d’olives pluri-actifs au travers de la Coopérative de Pignan, cérémonie d’intronisation par une confrérie locale, mise en valeur des différentes variétés d’olives de bouche et d’huiles d’olive,
- mise en valeur des caves coopératives et des caveaux privés, dégustation des Appellations d’origine contrôlée (AOC) « Languedoc Grés de Montpellier » et Languedoc Pic Saint-Loup », y compris les appellations communales Saint-Georges d’Orques, Saint-Drézéry et La Méjanelle, ainsi que des Vins de pays (VDP) des Coteaux du Bérange et des Collines de la Moure, mise en avant des viticulteurs professionnels,
- démonstrations de savoir-faire, mise en avant du goût, des traditions rurales et de la passion du diamant noir.

Le Festival de la Tomate, quant à lui, vise la promotion de la petite agriculture, paysanne et respectueuse de l’environnement.

Il s’agit de donner une vitrine aux productions Bio, aux circuits courts de commercialisation et au commerce équitable.

Le thème de la tomate, qui intéresse à la fois les maraîchers mais aussi les jardiniers amateurs et des consommateurs éclairés, s’y prête bien :
- présentation de variétés anciennes de tomates,
- marché paysan de producteurs locaux,
- stands d’associations militantes pour une meilleure restauration scolaire, un renouvellement de l’agriculture extensive, la promotion de nouveaux modes de production et de commercialisation.

L’entrée est gratuite car c’est la convivialité, la pédagogie (dégustations, expositions, animations éducatives) et la rencontre qui sont à l’honneur.

Pour l’édition 2009, le nombre d’exposants a été doublé et le programme des attractions et des animations renforcé : voir le programme détaillé.

En outre, une collaboration a été instituée avec Ecocup en vue de ne proposer, pour les buvettes, que des gobelets récupérables : ces derniers seront personnalisés aux couleurs du Festival. L’objectif est de tendre vers une manifestation « durable », minimisant les déchets notamment.

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Le Festival de la Tomate est une coproduction Communauté d’agglomération de Montpellier, Commune de Clapiers, Association des marchés paysans de l’Hérault et Association Terres Vivantes.