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12/02/2013

Pourquoi la télérelève de l'eau potable ?

Le Syndicat Mixte de Garrigues-Campagne (SMGC) dessert en eau potable 24 communes du Nord-Est de Montpellier (Clapiers, Assas, Baillargues, Beaulieu, Boisseron, Buzignargues, Campagne, Castelnau le Lez, Castries, Galargues, Garrigues, Guzargues, Saint-Vincent de Barbeyrargues, Montaud, Restinclières, Saint-Bauzille de Montmel, Saint-Drézéry, Sainte-Croix de Quintillargues, Saint-Geniès des Mourgues, Saint-Hilaire de Beauvoir, Saint-Jean de Cornies, Saint-Vincent de Barbeyrargues, Saussines, Teyran).

Le nouveau contrat avec la société fermière, datant du 1er janvier 2010, a prévu le déploiement d’un réseau fixe de télérelève des consommations.

La société Véolia a ainsi renouvelé en 3 ans l’essentiel des compteurs (6.498 en 2010, 7.502 en 2011 et 7.107 en 2012, avec des taux de remplacement respectivement de 31,4 %, 67,7 % et 97,9 %).

Ces compteurs, équipés d’une tête émettrice (module radio), ont une durée de vie de 12 ans, celle de la pile assurant l’alimentation électrique les équipant.

Ils adressent la consommation journalière directement sur un concentrateur de données, implanté pour le Sud du territoire du SMGC en haut du réservoir surélevé de la Gardie à Castelnau le Lez, s’ils sont à vue du sommet de ce dernier.

Si un obstacle empêche la transmission du signal (de longueur d’onde proche de celle d’un téléphone portable), les informations sont captées par des répéteurs perchés sur les mâts d’éclairage jusqu’à atteindre une fenêtre d’émission vers le concentrateur.

L’émission se fait 2 fois par jour, même si seule la valeur de la consommation journalière est mémorisée.

Contrairement au téléphone cellulaire qui émet en permanence, le compteur à tête émettrice ne s’active que quelques secondes par jour.

A Clapiers, tous les nouveaux compteurs ont été déployés et le service en ligne de consultation des consommations est disponible sur le site Internet de Véolia.

A part la modernité du dispositif, qu’est-ce qui pousse au relevé à distance des consommations d’électricité (compteurs « Linky »), de gaz naturel (projet « Gaspard ») et maintenant de l’eau potable ?

Concernant ERDF (Electricité Réseau Distribution France), 300.000 compteurs « intelligents et communicants » (sur 35 millions en France) sont en cours d’installation dans les départements du Rhône et d'Indre et Loire, à titre expérimental.

Les informations transitent par le réseau électrique grâce à la technique du courant porteur en ligne (CPL) puis vers le réseau de téléphonie mobile à partir des transformateurs.

Ce type de compteur permet :

  • une différentiation fine de la tarification dans la journée,

  • d’éviter un déplacement pour l’administration ou la mise à jour d’un compteur,

  • l’envoi d’un compte rendu d’intervention lorsqu’un agent est passé chez l’usager, via un terminal qu'il connecte sur la ligne électrique.

Bien entendu, quel que soit le service public industriel et commercial, ces nouveaux compteurs évitent les tournées de relève, ce qui est destructeur d’emplois saisonniers mais économise des trajets en voiture émetteurs de gaz à effet de serre et crée de l’emploi dans l’industrie pour la fabrication des compteurs.

Ces derniers offrent en fait de nombreux avantages.

Pour le gestionnaire des réseaux d’eau potable, ils permettent un arrêt des consommations semestrielles la « veille » de la facturation alors que la relève manuelle s’échelonnait sur 2 mois environ : la trésorerie de l’entreprise en tire bénéfice.

Tous les compteurs, sans exception, sont relevés alors que certains, peu accessibles, pouvaient échapper précédemment à la vigilance d’un opérateur manuel.

Un compteur arrêté est dorénavant rapidement repéré (il peut s’agir bien entendu d’un logement momentanément inoccupé mais sur des compteurs non plombés, il n’était pas rare d’observer des fraudes avec des inversions permettant de faire tourner le compteur à l’envers durant un certain temps !!!).

En outre, des compteurs neufs ne « mécomptent » pas comme les anciens (souvent 10 à 15 % de sous-estimation de la consommation du fait du vieillissement de l’appareil).

Cela pousse globalement les ménages à modérer les volumes soutirés, ce qui a un effet bénéfique sur les ressources naturelles en eau (nappes souterraines, lacs, rivières, etc.).

La connaissance des consommations instantanées permet aussi de modéliser les tronçons de réseaux fuyards, moyennant le positionnement astucieux de compteurs divisionnaires eux-mêmes télérelevés.

Or, de plus en plus de sociétés fermières signent des contrats où elles s’engagent à réduire progressivement, mais significativement, les déperditions en ligne qui génèrent pour les collectivités territoriales, propriétaires des installations, des surcroîts d’investissement au niveau des réservoirs, des canalisations et surtout des pompages, voire des usines de traitement de l’eau.

Globalement, les nouveaux compteurs entraînent des gains de productivité qui sont reportés, au moins en partie, tôt ou tard, sur la facture de l’usager.

Pour ce dernier, c’est la fin des consommations dites estimées qui ne permettaient pas de piloter sa consommation en empêchant de connaître les volumes réels.

C’est, de même, la fin de dérangements (prise de rendez-vous avec l'opérateur ou communication au fermier d'un relevé personnel) lorsque le compteur était à l’intérieur du logement, ce qui est quelquefois le cas dans les habitations des centres anciens.

C’est aussi la fin de l’inégalité de comptage entre l'usager équipé d’un vieux compteur ou bien celui doté d’un tout neuf.

C’est encore l’absence d’erreur humaine dans les relevés.

C’est en outre l’opportunité d’être alerté d’une fuite au-delà du compteur, limite au-delà de laquelle un usager en est entièrement responsable avec des sommes quelquefois affolantes à régler (voir les modalités pratiques en fin de la présente note).

Véolia offre la possibilité de programmer sur Internet des seuils de consommation journaliers et/ou mensuels au-delà desquels un SMS ou un mèl d'alerte est envoyé gratuitement au ménage concerné.

Les surconsommations accidentelles vont donc être minorées à l’avenir.

Pour être complet sur ce point important de la prévention des fuites d'eau après compteur, il faut préciser qu'un décret récent de septembre 2012, signé par Delphine Batho, Ministre de l'écologie, du développement durable et de l'énergie, offre de nouvelles garanties à l'usager.

En effet, la société fermière devra informer l'abonné, à compter du 1er juillet 2013, au plus tard à l'occasion de la facture semestrielle, d'une consommation excessive.

Si la fuite provient d'une canalisation et qu'elle est dûment constatée avant la fin du mois suivant la notification de la surconsommation par un plombier, le paiement est plafonné sur la base du double de la consommation habituellement constatée (part eau potable et part assainissement).

Relever son compteur tous les mois permet de minimiser encore plus sûrement les risques.

Enfin, avec la télérelève, l'usager pourra accéder aux historiques de ses consommations journalières ou mensuelles ce qui deviendra de plus en plus instructif au fur et à mesure de l'écoulement du temps, dans le cadre de stratégies personnelles d'économie de l'eau.

Globalement, la télérelève amène donc des gains de productivité en matière de distribution d’eau potable, offre de nouveaux services aux usagers et génère des gains environnementaux.

 

Modalités pratiques de programmation d’alertes aux fuites sur sa consommation personnelle pour les usagers du Syndicat Mixte de Garrigues-Campagne (service offert par Véolia)

Se connecter à l'adresse : https://www.service-client.veoliaeau.fr/home.html

  1. Création de son « Espace client »

Rubrique « Créer son espace client »

  • saisie de son adresse de messagerie (c'est l'« Identifiant »)

  • choix d'un mot de passe (à saisir 2 fois pour vérification)

  • référence contrat (Attention : on l'obtient en haut à gauche de sa facture / saisir les chiffres sans les points / ne pas tenir compte du nombre décalé à droite)

  • nom patronymique du client (Attention : pas de prénom)

Valider après avoir saisi le code de sécurité proposé.

Votre code postal vous est éventuellement demandé.

Saisissez à nouveau vos choix quant à l'autorisation de vos informations personnelles à des fins commerciales d'une part, et à la réception de la Lettre d'information trimestrielle de Véolia, d'autre part (des boutons affichent Oui ou Non en cliquant dessus).
Validez après avoir ressaisi votre code personnel et saisi le nouveau code de sécurité proposé.
Votre Espace client est activé après acceptation de votre part (valant activation de votre Compte chez Véolia) dans le message électronique que vous recevrez.

  1. Création d'alertes personnalisées

Connectez-vous à nouveau sur le site en saisissant votre identifiant (adresse de messagerie) et votre mot de passe personnel..

Cliquez en haut de page sur la rubrique « Vos contrats ».

Vérifiez sous le numéro de votre contrat la présence de la mention « Votre compteur est télérelevé ».

Descendez à l'option « Service télérelevé » et cliquez « Choisir ».

Le service de télérelève est alors activé.

Cliquez en haut de page sur la rubrique « Votre consommation ».

Juste au dessus du tableau des consommations, cliquez sur l'onglet « Historique de consommation » (seulement pour voir la structure de vos consommations journalières sur les 90 derniers jours).

Juste au dessus du tableau des consommations, cliquez sur l'onglet « Alertes » puis sur « Service + » au dessous.

Vous pouvez activer des alertes, journalière et/ou mensuelle, en fixant des plafonds de consommation à ne pas dépasser (moyennes et maxima de consommation sont récapitulés à titre indicatif).

Validez vos alertes.

Vous serez prévenu en cas de dépassement des seuils fixés, par message électronique.

Si vous souhaitez aussi recevoir un SMS d'alerte, cliquez sur « Etre prévenu » devant « Service + ».

Cochez Non ou Oui, et dans ce cas précisez votre numéro de téléphone portable, si vous ne l'avez pas déjà fait lors de la création de votre « Espace client ».

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Nouveau compteur avec tête émettrice

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Répéteur fixé sur un mât d'éclairage

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Concentrateur des consommations relevées

Crédit photographique : Michel Chastaing

08/12/2012

Viviers, terre d’élection de la nouvelle agriculture

L’agriculture péri-urbaine est en cours de mutation : l’extension de la ville consomme des terres fertiles tandis que les citadins recherchent de plus en plus les productions locales.

Le Domaine de Viviers, sis sur les communes d’Assas, de Clapiers, de Jacou et de Teyran, acquis récemment par la Communauté d’Agglomération de Montpellier, est en train de devenir :

-         un refuge pour des viticulteurs en quête d’une stabilité foncière (relocalisation suite à expropriation pour passage de grandes infrastructures, besoin d’agrandissement, recherche d’un bail à long terme permettant de rentabiliser une plantation de vigne),

-         une opportunité pour l’installation de paysans souhaitant cultiver en Bio et commercialiser en circuit court.

C’est l’histoire de la venue de ces derniers, en l’occurrence des maraîchers, qui a attiré la visite d’une centaine d’agents de développement, d’acteurs de territoire, de défenseurs de la coopération, d’étudiants, de salariés et de bénévoles de l’économie sociale et solidaire, venus de toute la France.

Ces derniers étaient réunis à Montpellier et à Clapiers les 15 et 16 novembre 2012, à l’occasion des Rencontres du Réseau National des Espaces Tests Agricoles (RENETA).

Plusieurs grandes fédérations nationales (FNCIVAM, AFIP, CELAVAR, FADEAR, etc.) se sont en effet associées pour partager leurs expériences en matière de parcours de compagnonnage, de tutorat, de pépinière, de couveuse, d’incubateur, de portage salarial et autres lieux où des moyens de production (terres, matériel, outils de transformation et de commercialisation) sont mis à disposition de personnes souhaitant créer leur propre exploitation agricole.

Quoi de plus efficace pour réorienter l’agriculture que de nouveaux paysans qui, d’emblée, s’adaptent au marché et à la nouvelle demande sociale.

Ce type d’initiatives se multiplie en France :

-         Réseau francilien des AMAP (associations de maintien de l’agriculture paysanne),

-         développement des produits agricoles en circuits courts dans la Communauté d’Agglomération du Grand Besançon (maraîchage Bio),

-         Terra Vitae en Haute-Normandie, dont la maxime est « Il est possible de nourrir l’Humanité sans détruire la Planète », avec la promotion de la permaculture et des micro-fermes,

-         au niveau de l’enseignement public agricole avec deux sites : « Les Prés d’Amont » au Lycée horticole de Blois (département du Loir-et-Cher) et « Biopouce » au Lycée agricole de Coutances (département de la Manche),

-         couveuse régionale agricole Languedoc-Roussillon avec une implantation à Barjac (département du Gard) en liaison avec l’association Terre de Liens et à Clapiers.

L’ADEAR Languedoc-Roussillon a mené à bien, avec l’appui financier du Conseil Régional Languedoc-Roussillon, une étude pour définir la faisabilité et le statut juridique d’un espace-test agricole.

Ce travail a débouché sur la création de la Coopérative Terracoopa, dont Christian Alazard et Paul Reder de l'ADEAR-LR, Frédéric Sanchez de Crealead et Joseph Le Blanc, ancien animateur de l’ADEAR-LR sont les fondateurs.

L’ADEAR-LR, association régionale de développement agricole, a été créée dans les années 2000, notamment par des dirigeants de la Confédération paysanne (Guy Kastler, Dominique Soullier, héraultais, Pierre Bérato, Michel Curade, Michel David, Richard Le Masson, audois et Nicolas Duntze, gardois) et par Michel Chastaing, Maire-adjoint de la Commune de Clapiers.

Joseph Le Blanc, nommé gérant de Terracoopa, a été chargé de recruter 7 maraîchers Bio, devant bénéficier chacun d’une parcelle d’1 hectare.

A l’heure actuelle, Christian Abbes, Gilles Fourgous et Johan Crance s’affairent pour mettre en place sur leurs terres le réseau d’irrigation sous pression alimenté par l’eau du Rhône.

Dès le printemps, ils vendront leur production maraîchère diversifiée localement et souhaitent tenir un stand commun sur le marché hebdomadaire dominical de Clapiers.

4 autres maraîchers Bio s’établiront ultérieurement : ils pourront développer des ventes de produits frais et de saison par paniers solidaires, cueillette sur site, dans le cadre d’une association de maintien de l’agriculture paysanne ou toute autre formule associant plus ou moins les consommateurs.

Au bout de 3 ans, ces nouveaux paysans, essaimeront dans toute la région pour se fixer au lieu de leur choix.

Partout en France, le contexte de l’installation agricole ou de la création d’activités en milieu rural, voire péri urbain, est en effet difficile : problèmes d’accès au foncier, connaissances techniques insuffisantes, freins à l’intégration sociale dans le territoire, faiblesse des capitaux propres, forte concurrentialité du secteur, aides européennes réservées aux exploitations de taille conséquente et de fait principalement aux transmissions.

L’espace-test en agriculture est donc une solution émergente et innovante pour parvenir à des installations agricoles durables.

Dans le détail, « le test d’activité consiste à développer une activité agricole de manière responsable et autonome en grandeur réelle, sur une durée donnée et dans un cadre qui limite la prise de risque, afin d’évaluer le projet et soi-même, dans le but de décider de la poursuite, de l’ajustement ou de l’abandon du projet.

Pendant ce test, il n’y a une mise en situation "grandeur réelle" sur un lieu test qui "héberge" le porteur de projet.

Ce dernier bénéficie dans ce cadre d’un statut spécifique, de mise à disposition des moyens de production et d’un accompagnement (tutorat) professionnel.
Ce test permet à "l’entrepreneur à l’essai" de :
 mettre en pratique et développer ses compétences professionnelles,
expérimenter la faisabilité technique, économique, humaine de son projet (de la production à la commercialisation) dans un environnement sécurisé,
prendre le temps de tisser des liens avec les différents acteurs du territoire,
mener une recherche foncière et construire dans la durée son projet technico-économique et financier avec les partenaires. »
Un espace-test est donc en réalité un outil de développement local s’inscrivant dans les dispositifs d’accompagnement existants (interventions de Terres Vivantes, du Civam Bio, de l’AIRDIE, financements du Conseil Général, par exemple dans l’Hérault), favorisant l’installation progressive, en particulier pour les porteurs de projet non issus du milieu agricole.

Le grand public connaît trois grands types de structures d’appui à la création d’activités : la couveuse, l’incubateur et la pépinière.

Le porteur de projet signe avec la couveuse d’activités un « Contrat d’appui au projet d’entreprise » (appelé CAPE) de 12, renouvelable 2 fois.
La couveuse émet les factures, suit la comptabilité, apporte un suivi personnalisé, juridique et technique.

Le porteur de projet immatricule son entreprise, la couveuse règle les cotisations sociales pour son propre compte et elle est solidairement responsable avec lui.

Le porteur de projet doit avoir été bénéficiaire précédemment d’un minimum social (RSA, ASS, RMI) ou avoir été dirigeant d’une entreprise unipersonnelle.

A Viviers, chaque maraîcher Bio abandonnera à Terracoopa 10 % de son chiffre d’affaires et récupérera comme il se doit le bénéfice de son travail.

La coopérative d’activités Terracoopa, aidée financièrement par la Région Languedoc-Roussillon, procède aux investissements : réseau d’irrigation, électrification, achat d’un tracteur, tunnels froids.

Un incubateur (Cf. Cap Alpha à Clapiers) soutient, quant à lui, une étape clef de la gestation d’un projet innovant, afin de développer suffisamment un concept, une technologie, un process, avant son industrialisation ou son lancement dans le tertiaire.

Quant à la pépinière (autre fonction de Cap Alpha), elle s’adresse aux jeunes entreprises qu’elle suit et accompagne dans leur développement et leur croissance.

Pour revenir à Terracoopa et au Domaine de Viviers, s’il existait déjà des couveuses pour les services, l’artisanat et l’industrie, elles sont nouvelles en agriculture : Clapiers héberge donc une initiative innovante, porteuse en terme de développement durable.

Création de 7 emplois, pérennisation de l’agriculture, préservation des sols et des eaux, offre de produits alimentaires sains, la commune de Clapiers et ses alentours vont bénéficier à plein du dynamisme de Terracoopa, de sa couveuse et de ses maraîchers Bio.

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Parcelle permettant l'installation à terme de 7 maraîchers Bio

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Le Domaine de Viviers n'a jamais tant reçu d'experts en agriculture 

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Gilles Fourgous donne avec pédagogie et humanité tous les détails de son installation

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Le groupe de visiteurs conduit par Christian Abbes

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 "Le seul ouvrier agricole du Domaine",

comme le dit avec malice son propriétaire Johan Crance

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 Plantation de sorgho fourrager pour couvrir le sol et servir d'engrais vert

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 Johan Crance à la tête de son groupe d'agents et d'acteurs de développement

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Une rencontre riche en échanges

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La Coopération : que du bonheur !!!

De gauche à droite : Christian Alazard et Paul Reder de l'ADEAR LR, Frédéric Sanchez de Crealead, Joseph Le Blanc (les fondateurs de Terracoopa), Christian Abbes, Gilles Fourgous et Johan Crance (les 3 premiers producteurs de maraîchage Bio), Michel Chastaing, Maire-adjoint de la Commune de Clapiers

Crédit photographique : Michel Chastaing

08/08/2011

Fête nationale et vins à Saint-Drézéry

Saint-Drézéry s’est offert un 14 juillet 2011 atypique en organisant un "4ème Salon des vins de Saint-Drézéry", réservée aux vignerons locaux.

6 caves particulières étaient représentées :

- Domaine Ellul-Ferrières (Nord de Castries, à Fontmagne),

- Mas de Carrat (Saint-Drézéry),

- Domaine Saint-Jean l’Arbousier (Castries),

- Château Montel (Teyran),

- Château Puech-Haut (Saint-Drézéry),

- Mas d’Arçaÿ (Saint-Drézéry).

Le Cave coopérative des Celliers du Val des Pins (vignerons de Montaud, Sussargues et Saint-Bauzille de Montmel) tenait aussi un stand de dégustation.

Le cadre de l’événement est magnifique puisqu’il s’agit du Parc du Château de Saint-Drézéry, havre de paix au milieu de l’urbanisation, à un jet de pierre du veux village.

Le lieu est évidemment symbolique un jour de 14 juillet puisque ce parc est celui du château acheté après la Révolution française par Jean-Jacques Régis de Cambacérès, Montpelliérain, un des principaux artisans de la Grande histoire de 1789 jusqu’à Napoléon Bonaparte.

Certes la paysannerie, souvent restée réfractaire aux idées progressistes de 1789, du fait du poids de l’Aristocratie et surtout du Clergé, n’a pas tout de suite goûté la liberté de l’agriculture, du commerce et de l’industrie : elle a su toutefois ensuite s’en emparer en opérant plusieurs révolutions.

Révolution agronomique (introduction des amendements), révolution prophylactique (« victoire » sur le phylloxéra avec l’obligation corollaire des traitements phytosanitaires sur les nouvelles vignes) au XIXème siècle, révolution vinicole (perfectionnement de l’œnologie) au début du XXème siècle, nouvelle révolution agronomique (mécanisation) dans les années 50 et enfin révolution qualitative (à partir des années 80).

La dernière révolution en date est celle commerciale avec l’introduction de l’outre à vin (bag-in-box), des mises en bouteilles de plus en plus massives, la conquête de marchés à l’exportation et l’irruption sur le Net avec la généralisation des vitrines informatives, virtuelles et universelles, que sont les sites Web.

Sur le plan de la reconnaissance qualitative, l’appellation VDQS (Vins délimités de qualité supérieure) est accordée dès 1951.

Le terroir concerné est intégré dans le périmètre de l’AOC (Appellation d’origine contrôlée) Coteaux du Languedoc (devenue assez récemment Languedoc).

La hiérarchisation à l’intérieur de cette classification française a permis la création de la sous-appellation Pic Saint-Loup, plus élitiste.

Et dans la même logique des crus et grands crus de la Bourgogne et du Bordelais, Saint-Drézéry espère la reconnaissance en cru communal ce qui donnerait la hiérarchisation AOC Languedoc / Pic Saint-Loup / Saint-Drézéry avec la possibilité d’utiliser une, deux ou trois de ces appellations.

Cette reconnaissance existe déjà en d’autres terroirs de notre région : citons l’exemple de l’AOC Languedoc / Minervois / La Livinière.

C’est évidemment le reconnaissance de l’excellence qualitative.

Parallèlement, les vins de Saint-Drézéry peuvent d’ores et déjà se prévaloir de l’appellation européenne : AOP Saint-Drézéry, c’est-à-dire Appellation d’origine protégée.

La viticulture dans les secteurs de Saint-Drézéry est donc bien vivante.

La présence de jeunes en passe de reprendre la succession sur les exploitations, malheureusement pas si commune en Languedoc-Roussillon, en est notamment le signe.

Plusieurs centaines d’habitants du Nord de Montpellier sont venus déguster ces grands vins – blancs, rosés et rouges – de Saint-Drézéry, Castries, Teyran et Sussargues.

Ce Salon des vins réussi a été ponctué par un concours amical des meilleures cuvées : il ne faut en effet jamais se reposer sur ses lauriers et accepter une saine émulation entre grands professionnels de la viticulture.

"Le 4ème Salon des vins de Saint-Drézéry", tenu le 14 juillet 2011

http://www.vinsaintdrezery.com - contact@vinsaintdrezery.com

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L'entreé du Parc municipal de Saint-Drézéry et du salon des vins en plein-air

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Un cadre buccolique pour des dégustations de rouges, blancs et rosés

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Quand le dialogue s'installe entre vigneron et consommateurs

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Le Château acheté par Jean-Jacques Cambacérès après la Révolution

à l'autre extrémité du Parc municipal, anciennement du château

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Vue sur le Parc et sur les jeux pour enfants

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Vers midi, l'affluence est à son maximum 

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 Proclamation des résultats du concours, après dégustation à l'aveugle

Crédit photographique : Michel Chastaing

25/04/2011

Le Grand Corso

Un carnaval pour exprimer la joie dans le village de Teyran.

C’était le dimanche 10 avril 2011.

Déguisements pour les petits et les grands.

Les chars et confettis coloraient les rues en ces premiers jours de beau temps.

Le Grand Corso de Teyran, c’est un engagement des Teyranais et du Comité des fêtes de redonner un souffle dans la vie de chacun et ce n’était pas pour déplaire, au vu du nombre de participants.

Après le défilé traditionnel, le Club de Country a offert une démonstration de danse.

La journée s’est finie sur une explosion de confettis.

Le Grand Corso avait parcouru dans l’après-midi tout le Village de Teyran et avait notamment gravi les pentes de l’éperon rocheux qui domine la plaine et où le Vieux Village s’est bâti au cours des siècles.

Pendant ce temps, les "Puces des couturières" réunissaient des dizaines d’exposants et des centaines de visiteurs mais dans le bas du Village cette fois-ci.

 



07/03/2011

Solidarité avec le Sénégal

L’Association pour la promotion de l’éducation au Sénégal (APES) a organisé le vendredi 19 février 2011 une soirée récréative à la Salle des Fêtes de Teyran, prêtée gracieusement par la Municipalité.

 

Après un apéritif africain (punch, jus de bissap), les presque 200 convives ont  pu déguster un panaché de salades exotiques et un poulet Yassa.

 

Les bénéfices de la soirée, soit 1.400 €, ont été intégralement réservés en vue d’acheter du matériels scolaires (fournitures telles que crayons, stylos, compas) pour une école élémentaire de la Commune de Pout (dite « Pout 4 »).

 

L’APES a d’ailleurs été créée en septembre 2010 à Teyran afin de venir en aide à l’école rurale de Pout et du Collège de Tivaouane.

 

Pout est située à 15 km de la capitale régionale, Thiès, et à 70 km de Dakar, la capitale nationale du Sénégal.

Cette commune regroupe 25.000 habitants dont 58 % ont moins de 18 ans !

 

Les besoins en éducation sont donc énormes et insuffisamment pris en compte par un Etat aux faibles moyens.

 

L’action des organisations non gouvernementales (ONG) s’avère donc indispensable pour équiper les écoles et favoriser la réussite scolaire.

 

Le coût des fournitures entraîne en effet souvent un fort abandon des études.

 

Dans toute l’Afrique, beaucoup d’enfants font plusieurs kilomètres pour se rendre à l’école, mangent plus ou moins en fonction des revenus de leurs parents, sont happés par les tâches ménagères pour les filles ou par les travaux des champs pour les garçons.

 

APES veut lutter contre l’abandon scolaire qui ne permet pas aux enfants d’être alphabétisés et de construire un capital de savoirs pouvant leur servir de viatique tout au long de leur vie.

 

Cheikh Lo, Président d’APES, et son épouse Delphine, Teyrannais d’adoption, se mobilisent au service de la jeunesse sénégalaise.

 

Lors de la soirée festive de Teyran, ils ont été entourés de très nombreux bénévoles unis pour servir cette grande cause humanitaire.

 

Cet événement, clôturé par une soirée dansante jusqu’à plus de 2 heures du matin, comprenait 3 spectacles de haut niveau :

-         tout d’abord, des contes africains racontés en musique (balafon et percussions) par Irénée Karfazo Domboué, conteur burkinabé très connu sur la place montpelliéraine,

-         ensuite, une performance d’Ouzin, artiste peintre sénégalais, qui tel un virtuose, a fait apparaître sur des toiles, des scènes de la vie champêtre, à l’aide de ses seuls doigts, servant à la fois de palette, de pinceau et de grattoir, le tout sur fond de musique africaine traditionnelle,

-         enfin, Bizabishaka a donné une démonstration de danse zouloue, très athlétique, sur des morceaux de musique sud-africaine contemporaine.

 

Trois spectacles hauts en couleurs, en signification et en culture.

 

Le 1er avril 2011, l'APES prévoit un autre dîner-spectacle, toujours à la Salle des Fêtes de Teyran et toujours pour venir en aide aux enfants de l'école sénégalaise de Pout : au programme, le "Concert du Gitan Noir".

 

L’Afrique et ses peuples méritent vraiment qu’on pense à eux.

 

APES – 21, rue de Bel-Air – 34820 Teyran – 06.62.56.01.06 – apes50@yahoo.fr

Blog de l’Association : http://www.apes50.over-blog.com  

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Cheikh Lo, Président de l'APES, présente la soirée

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De nombreux convives réunis en solidarité aux enfants du Sénégal

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 Irénée Karfazo Domboué en plein conte

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  Le musicien au balafon

 

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Le peintre concentré sur sa performance artistique 

 

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 L'oeuvre finie en danse et en musique

 

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La démonstration de danse zouloue 

(crédit photographique : Michel Chastaing)

 

 

19/01/2011

Lancement de campagne

Suite à la réforme territoriale, les derniers conseillers généraux seraient élus les 20 et 27 mars prochains.

 

Ils céderaient la place à des conseillers territoriaux, à la fois conseillers généraux et conseillers régionaux, élus sur des circonscriptions comprenant une population de l’ordre de 17.000 habitants.

 

Le renouvellement de la moitié des conseillers généraux du Département de l’Hérault en 2011 n’ouvre donc qu’un mandat de 3 ans.

 

La réforme territoriale, à laquelle la Gauche s’oppose et qui pourrait donc être remise en cause au lendemain de l’élection présidentielle et des élections législatives de 2012, conduirait au doublement, sur la Circonscription Montpellier 3, au doublement du nombre de cantons.

 

En effet, la première règle est que les nouveaux cantons seront dessinés à l’intérieur des circonscriptions issues du récent découpage.

 

La seconde règle du nombre d’habitants (de l’ordre de 17.000) conduiraient à 6 cantons, contre 3,5 actuellement : Castelnau-Le Crès, Montpellier 2 avec Clapiers et Montferrier, Castries et la moitié Nord du Canton de Lunel.

 

Les cantons comptant le plus d’électeurs dans l’Hérault sont : Agde (environ 34.000 électeurs), Castries (~ 31.000), Lunel (~ 30.000), Mauguio (~ 27.000), Béziers 4 (~ 26.000), Montpellier 8 (~ 24.000), Mèze (~ 23.000), Lattes (~ 23.000) et Montpellier 10 (~ 22.000).

 

Ils sont donc essentiellement concentrés sur la côte méditerranéenne ou son arrière-pays immédiat.

 

A l’opposé, des cantons, certes proches de Montpellier mais plus ruraux, regroupent très peu d’électeurs : Canton de Claret avec environ 3.000 électeurs et Canton de Saint-Martin de Londres avec environ 4.000 électeurs.

 

Ainsi, Christian Jean, Conseiller général du Canton de Claret fut élu avec 1.409 voix tandis que Jean-Marcel Castet dut obtenir 11.591 suffrages pour devenir conseiller général, soit le maximum atteint dans l’Hérault.

 

Ce dernier, à nouveau candidat sur le Canton de Castries, inaugurait son local de campagne à Jacou ce samedi 15 janvier 2011.

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Loin des luttes fratricides au sommet du Parti Socialiste et des vicissitudes que subit la Fédération de l’Hérault depuis sa mise sous tutelle par les instances nationales, le lancement de la campagne de Jean-Marcel Castet s’est faite dans la convivialité et la fraternité.

 

Il faut dire que le Conseiller général sortant a été le seul candidat à l’investiture interne : il a fait l’unanimité auprès des camarades du Parti Socialiste du canton.

 

Autour de lui se sont pressés les militants socialistes du secteur mais aussi des sympathisants et des personnalités souhaitant son élection.

 

Sa suppléante, Claudine Vassas-Mejri, Maire-adjointe de la Commune de Castries chargée de l’environnement, de l’aménagement de l’espace, du tourisme et du patrimoine, a pu donner les raisons de son engagement.

 

De nombreux élus locaux étaient venus de toutes les communes voisines pour signifier leur soutien plein et entier. 

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Jean-Marcel Castet, Maire de Jacou, est un grand rassembleur, de la Gauche certes, mais aussi de nombreux progressistes issus de différents mouvements politiques proches du Centre.

 

Sa personnalité, calme et pondérée, le travail qu’il a mené sur le terrain lors de ces dernières années, font qu’il inspire une grande confiance à de très nombreux habitants des communes d’Assas, Guzargues, Teyran, Montaud, Buzignargues, Galargues, Saint-Hilaire de Beauvoir, Saint-Jean de Cornies, Beaulieu, Restinclières, Sussargues, Saint-Drézéry, Castries, Jacou, Vendargues, Baillargues, Saint-Brès et Saint-Geniès des Mourgues.

 

Jean-Marcel Castet qui recevait, le même jour, des mains du Préfet de l’Hérault, les insignes de l’Ordre National du Mérite, pour son engagement syndical, militant, professionnel et institutionnel, a pu constater, à l’aune du millier de citoyens venus fêter cet événement, sa popularité.

 

En reprenant le bon mot de Simon Sitbon, militant syndical CFDT engagé dans l’économie sociale, qui opposait en souriant l’Ecole Nationale d’Administration (ENA) à l’« Ecole Nationale Ouvrière » que constituait dans les années 70 cette centrale syndicale, le Préfet Balland a rendu un hommage appuyé à celui qui, issu du peuple, a su capter sa confiance et le représenter dignement.

 

La popularité d’un candidat, la mobilisation des militants et l’engouement des électeurs, lorsqu’ils sont au rendez-vous, mènent souvent à la victoire.

 

Sur le Canton de Castries, les grands partis seront présents pour cette importante échéance démocratique : le Parti Socialiste, donc, avec Jean-Marcel Castet, mais aussi le Front National, l’UMP, Europe Ecologie, le Parti Communiste Français, etc.

 

Ces derniers essaieront dans les semaines qui viennent de passer des alliances avec de plus petites formations ou mouvements politiques pour augmenter leurs chances de succès.

 

Les élections cantonales, par nature uninominales, laissent aussi une chance à des personnalités locales se présentant sans étiquette.

 

Pour que la démocratie vive, il est important que les électeurs bénéficient d’une réelle diversité programmatique et que la campagne se déroule dans une bonne ambiance.

 

Le droit de vote, surtout pour les femmes, est nouveau à l’échelle de notre histoire.

 

Ce n’est souvent que quand on en est privé qu’on se rend compte de son extrême importance : celle de pouvoir nous exprimer en toute liberté et d’influer sur le cours de notre pays.

15/01/2011

Quel avenir après le grand incendie ?

Touché par des incendies à répétition, le Nord de Montpellier s’interroge sur le devenir de sa forêt.

 

Après Guerre, cette dernière a supplanté progressivement la garrigue.

 

Le recul de l’élevage ovin, issu de la tradition pastorale du néolithique, a entraîné la raréfaction des prairies sèches, milieux les plus riches sur le plan écologique.

 

Aujourd’hui, pins d’Alep, pins pignon, chênes verts et arbousiers couvrent des surfaces de plus en plus grandes du fait de la déprise agricole : les futaies que ces essences constituent à l’âge adulte correspondent bien à la vision qu’ont les Français d’une forêt idéale.

 

Cette forêt « rêvée » permet la promenade en habits de ville, offre des panoramas étagés dignes des grands peintres paysagistes, caresse le mythe de la forêt primitive conçue sans intervention humaine.

 

Cette représentation romantique de nos forêts n’est pas neutre :

- il existe une réticence à l’exploitation du bois, le public comprenant mal le prélèvement d’arbres de haute tige,

- la population n’est pas prête à consentir à payer le prix réel de gestion et de protection des forêts méditerranéennes puisque c’est la nature, et non l’homme, qui les construirait.

 

Pour mémoire, de récents travaux du groupe de travail sur la valeur économique de la forêt ont valorisé, en septembre 2009, le gain que tire la Collectivité nationale.

 

1 ha de forêt rapporte un équivalent financier de 969 €/an à la Collectivité, avec le détail suivant pour 5 fonctions identifiées : 50 € pour la chasse, 90 € pour la production de bois, 90 € pour la régulation et la filtration des eaux, 200 € pour la fonction récréative et 529 € pour la séquestration du CO2.

 

Malheureusement, on voit bien que celui qui investit et entretient la forêt, c’est-à-dire son propriétaire, ne bénéficie que d’environ 15 % de la valeur dégagée.

 

Les services qu’il rend à la Collectivité ne lui sont pas rémunérés.

 

Compte tenu de notre impuissance à juguler les grands incendies de forêt, les plus pessimistes concluent que nos magnifiques forêts méditerranéennes ont vocation à croître et embellir avant d’être inexorablement rattrapées, tous les 15, 25, 50 ou 100 ans selon les localisations, par des incendies destructeurs.

 

Montpellier Nord connaît ainsi de grands feux de forêts tous les 20 ans.

 

Le dernier en date, du 30 et 31 août 2010, a ravagé 2.544 hectares sur les communes de Fontanès, Sainte-Croix de Quintillargues, Saint-Bauzille de Montmel, Montaud, Guzargues, Assas et Teyran.

 

Certes, ce n’est pas à proprement parler une catastrophe écologique car, sur les sols calcaires et en climat méditerranéen, la végétation repart dès le printemps suivant.

 

Toutefois, les sols sont fragilisés avec un risque d’érosion.

 

En outre, alors que nos forêts constituent un puits de carbone capable de stocker de l’ordre d’une tonne de CO2 à l’hectare, le feu vient libérer, d’un coup, d’un seul, un stock de carbone accumulé durant de nombreuses années.

 

Sur approximativement 20.000 tonnes de CO2 émises en Languedoc-Roussillon (soit 3 % des émissions françaises), 5 % sont dues aux feux de forêt !

 

Pendant ce temps, sur la France entière, les forêts fixent environ 70 millions de tonnes de CO2, soit l’équivalent de 20 % des émissions du pays.

 

La performance d’une forêt en tant que puits de carbone dépend de sa productivité en bois (réduite en Languedoc-Roussillon du fait de précipitations faibles et irrégulières) et de l’âge des peuplements (une forêt mâture est en équilibre et ne capte pas du CO2, contrairement aux forêts jeunes en pleine croissance, ce qui signifie qu’en évitant le vieillissement on obtient une meilleure séquestration du carbone).

 

Le sinistre du Nord de Montpellier que nous vécu en fin d’été a été humainement très difficile à vivre : il porte en effet le danger à proximité ou au sein même de l’urbanisation (306 constructions ont été menacées) et il impacte notablement notre cadre de vie.

 

Au « lendemain » de ce grand incendie, les forestiers d’une part et les Pouvoirs publics d’autre part ont bien entendu souhaité faire un point sur les premières actions à mener et sur la politique de prévention des feux de forêt à mettre en place.

 

Les professionnels de la forêt ont notamment organisé à Assas le 15 décembre 2010, une demie journée d’information à destination des propriétaires forestiers.

 

 

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 Vue de l'assemblée nombreuse et attentive

dans la magnifique salle des Crouzets à Assas

 

Sous l’égide du Centre régional de la propriété forestière du Languedoc-Roussillon (CRPF) et de l’Association des communes forestières de l’Hérault (COFOR34), des techniciens et ingénieurs de la Chambre d’agriculture de l’Hérault, de la Direction départemental des territoires et de la mer (DDTM 34), de l’Office national des Forêts (ONF) et de la Communauté de communes du Grand Pic Saint-Loup ont apporté à l’assistance des informations et des réponses aux questions comme aux inquiétudes. 

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La grande famille des forestiers de l'Hérault présente au complet ou représentée

 

Après un incendie, il est effet nécessaire de prendre des précautions.

 

Tout d’abord, sur le plan juridique, un propriétaire forestier impacté doit porter plainte contre X avec intention de poursuivre (les incendies étant en général criminels), faire une déclaration de sinistre auprès de leur assurance, écrire à leur Maire pour signifier leur intention de participer à des opérations d’intérêt général de réhabilitation et donner leur accord à la réalisation d’éventuels travaux de première urgence sur les parcelles.

 

A court terme, il est nécessaire d’éviter les risques induits par l’incendie.

 

Pour lutter contre l’érosion, il est utile de réaliser dans les pentes des fascines à partir de la végétation brûlée, les végétaux abattus étant disposés en courbe de niveau.

 

En outre, les fonds de griffes d’érosion doivent être garnis de branchages.

 

Comme il existe des risques d’attaque sanitaire sur les bois affaiblis (insectes, champignons) et de dépérissement des souches au moins en partie brûlées, le propriétaire forestier doit procéder à un recépage des tiges mortes ou mutilées.

 

Les feuillus rejettent ensuite plus facilement.

 

Les résineux peuvent être laissés momentanément sur place pour servir de semenciers mais la mobilisation économique du bois, même brûlé donc dévalorisé, n’est pas à négliger.

 

Globalement, tous les arbres morts, dépérissants, mutilés ou affaiblis doivent être éliminés.

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Paysage de désolation après le passage de l'incendie

Seules la vigne et les cultures ont fait ostacle au front de flamme

 

A moyen terme, le réaménagement de la forêt est nécessaire.

 

Il s’agit de redéfinir les objectifs d’une nouvelle gestion forestière, les moyens de les atteindre et les actions nécessaires.

 

Le reboisement n’est pas forcément la solution (ce fut le cas après les grands incendies des années 80 avec l’implantation essentiellement de pins pignon).

 

En effet, après un incendie, les feuillus rejettent de souche et les résineux se resèment.

 

Le temps conduira à la reconstitution de la végétation à peu près à l’identique mais la vitesse de reconstitution naturelle est plus ou moins lente.

 

Bien entendu, sur des sites particuliers ou des zones vouées à des coupures de combustible, il peut être utile de reboiser avec de nouvelles essences conduisant à des peuplements forestiers moins combustibles.

 

Si l’on veut qu’un incendie n’ait pas que des aspects négatifs, il faut anticiper en adaptant la nouvelle sylviculture au réchauffement climatique qui va impacter plus encore les régions méditerranéennes.

 

Les communes forestières, c’est-à-dire propriétaires de bois, vont partager avec les propriétaires privés les affres de la reconstitution de leurs forêts.

 

Les premiers vont devoir fournir beaucoup de travail et les seconds rechercher des financements pour des dépenses dépassant largement leurs possibilités budgétaires.

 

La solidarité de l’intercommunalité s’est heureusement déjà manifestée.

 

Globalement toutefois, compte tenu des coûts multipliés par une si grande surface, des choix difficiles devront être faits car la forêt méditerranéenne rapporte peu au regard du coût de sa reconstitution.

09/10/2010

La solidarité après le sinistre

Le grand incendie de l’été a détruit 2.500 hectares de pinèdes et de garrigues au Nord de Montpellier.

 

Parti de Fontanès, vers 16 heures, le 31 août 2010, il a semé la désolation sur les communes de Saint-Bauzille de Montmel, Montaud, Sainte-Croix de Quintillargues, Assas, Guzargues, Castries et Teyran.

 

Ce sinistre a été la réédition de celui de 1989, parti de Saint-Bauzille de Montmel et qui avait déjà fortement touché Guzargues, en détruisant globalement 1.600 hectares de nature.

 

C’est le plus important incendie de forêt dans l’Hérault depuis 1973.

 

De nombreuses personnes ont été évacuées notamment par les gendarmes et ont dû laisser, en plein désarroi, leurs habitations : 8 d’entre elles ont brûlées.

 

L’habitation légère où résidait Catherine Garnier, à Montaud, en plein massif forestier, a été quant à elle totalement détruite.

 

Sur l’initiative du Comité Communal Feux de Forêts de Montaud / Saint-Bauzille de Montmel et de son dévoué animateur, Patrick Barbe, une première puis une deuxième journée de solidarité ont été organisées respectivement les dimanches 19 septembre et 3 octobre.

 

A chaque fois, une centaine de volontaires venus des alentours de Montpellier ont nettoyé les restes de l’incendie.

 

En coupant la végétation carbonisée, un pare-feu a été ménagé, long de plusieurs centaines de mètres.

 

La société Languedoc Granulats s'est engagée, quant à elle, à rénover gratuitement le chemin d'accès.

 

Si autant de personnes se sont déplacées, c’est bien sûr sur le coup de l’émotion soulevée par un tel sinistre mais aussi pour rendre à Catherine Garnier un peu de toute l’humanité qu’elle avait prodiguée dans sa vie professionnelle et de bénévole.

 

En effet, cette dernière anime et coordonne l’action de l’Association « Les Jardins de Tara », un club local affilié aux Jardiniers de France.

 

Culture en garrigue avec très peu d’eau grâce notamment à la technique du paillage, sans engrais, approche agro-écologique, conseils de Pierre Morez, un grand de l’agronomie en région sèche, Catherine Garnier a toujours su mettre en avant les savoir-faire qui pourraient permettre de reconquérir des terres aujourd’hui abandonnées.

 

Grande militante du jardin naturel, elle s’est mise au service du jardiner ensemble, toujours avec une grande ouverture aux autres.

 

En venant aider Catherine Garnier à reprendre ses activités pédagogiques de jardinage, les participants aux journées de solidarité ont pris toute la mesure du traumatisme que peut créer une telle dévastation, à aussi grande échelle, au sein de la collectivité bien sûr mais aussi chez les personnes touchées directement.

 

Comment faire pour que ces grands incendies ne se reproduisent plus ?

 

La prévention est déjà maximale, avec notamment :

- un remarquable travail hivernal d’entretien des pistes par les forestiers-sapeurs du Conseil Général de l’Hérault,

- la mise en place de plans de prévention des incendies de forêt et l’application de la loi sur le débroussaillement,

- un réseau de vigies de surveillance,

- le guet armé l’été des sapeurs-pompiers (environ 1.000 ont lutté contre le feu parti de Fontanès),

- la mise à disposition de moyens aériens,

- les patrouilles des comités communaux feux de forêt qui mobilisent des centaines de citoyens volontaires.

 

A l’évidence, les efforts de reboisement consécutifs aux sinistres sont voués à l’échec si le massif forestier, véritable poumon vert au Nord de Montpellier, n’est pas compartimenté par des coupures de combustible de grandes largeurs.

 

Il existe déjà des vignes, des oliviers ou des terres céréalières : elles sont souvent très efficaces pour barrer la route au front de flammes.

 

Encore faut-il que ces cultures perdurent : les viticulteurs et autres agriculteurs doivent donc pouvoir être aidés en vue de maintenir leur activité.

 

Vouloir réinstaller des troupeaux de brebis sur ces terres est certes une bonne idée, tendant à renouer avec une tradition sylvo-pastorale ancestrale.

 

Toutefois, compte tenu du marasme de l’élevage ovin, la vente d’agneaux devrait obligatoirement emprunter un circuit court afin que le prix payé par le consommateur aille en quasi-totalité à l’éleveur.

 

La voie agricole la plus facile à pratiquer est quoiqu’il en soit la culture (notamment le maraîchage Bio) et non l’élevage qui demande des capitaux importants pour l’acquisition du cheptel vivant et mort (machinisme), pour l’édification des bâtiments d’exploitation et pour l’achat de terres arables (au-delà des pâtures à mettre à disposition si possible gratuitement) afin que l’exploitation ne soit pas dépendante de l’excellent, mais très cher, « foin de Crau ».

 

Même les terres céréalières, moissonnées fin juin dans le Midi, sans que le déchaumage ne soit effectué (le chaume est en réalité traditionnellement enfoui au labour ce qui nécessite d’attendre l’ameublissement du sol consécutif aux premières pluies d’automne) sont efficaces pour couper la route au feu.

 

Une sylviculture adaptée et volontaire est aussi nécessaire : elle exige des prélèvements ligneux réguliers en vue notamment de cueillir le Pin d’Alep pour favoriser le Chêne-Vert.

 

Le Pin d’Alep de bon diamètre peut être vendu pour la papeterie tandis que pour les plus petites grumes et les branches une transformation sur site en plaquettes forestières est à développer.

 

Cela signifie que des chaufferies-bois doivent être créées localement afin de bénéficier pleinement de ce combustible bon marché, de proximité, renouvelable et créateur d’emplois comme de richesses.

 

Concernant les reboisements, compte tenu de leur coût et de l’incapacité dans lesquelles se trouvent ensuite des collectivités de les entretenir, ils doivent être réservés aux sites à fort impact paysager et privilégier les essences feuillues comme les chênes, l’érable de Montpellier, le frêne oxyphile, le tilleul argenté, le charme oriental, le cornouiller, le robinier, le févier d’Amérique, l’arbousier et tous les fruitiers comme l’olivier, le cornouiller, le sorbier, le micocoulier, l’azérolier, le jujubier ou encore l’amandier.

 

Pour modifier structurellement notre forêt nord-montpelliéraine, la réalisation de plans de massif est indispensable en vue d’optimiser le réseau de desserte, de modéliser les couloirs de feu et d’étudier l’emplacement des coupures de combustibles.

 

C’est un travail de longue haleine qui doit certes s’appuyer sur la mobilisation des collectivités territoriales mais aussi, sur l’initiative privée, à accompagner financièrement, de paysans établis ou désirant s’installer, soucieux de mieux occuper l’espace en développant une agriculture sociale de proximité, riche de ses produits mais aussi de ses services à la population.

 

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De l'habitat léger, il ne reste plus rien

 

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Le paysage est désolé après le désastre et une odeur âcre de fumée subsiste

 

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Un groupe de volontaires au travail avec tronçonneuses, sécateurs, cisailles et serpettes

 

 

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 Un travail de déblaiement qui demande beaucoup de bras

 

 

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 Les bénévoles des CCFF du Nord de Montpellier se sont mobilisés en nombre

 

 

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Fin de chantier : lavage des traces de suie avant le pique-nique partagé en commun
Crédit photographique : Patrick Barbe

17/02/2010

Albert Camus, la médiathèque du Nord de Montpellier

 

Les habitants du Nord de Montpellier bénéficient dorénavant d'une médiathèque de premier plan.

 

En effet, la Médiathèque Albert Camus, construite à Clapiers, a ouvert le 12 février 2010.

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 Entrée de la Médiathèque Albert Camus

 

Ce haut lieu de culture est implanté à proximité de la Route départementale 65, très utilisée pour se rendre au travail ou encore dans les lycées, les universités du Nord de Montpellier.

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 Affluence le jeudi matin, 11 février 2010, pour l'inauguration officielle

 

Sont en réalité fortement concernées les communes de Grabels, Montferrier sur Lez, de Prades le Lez, de Saint-Vincent de Barbeyrargues, d’Assas, de Guzargues, de Teyran, de Jacou ainsi qu’une partie de Castelnau le Lez et du Crès.

 

La zone d’influence de cet établissement public comprendra vraisemblablement une intersection territoriale avec la Médiathèque Françoise Giroux de Castries.

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 Côté Sud avec ses claustra et ses écritures symboliques

 

1.200 m², 4.980.000 € de coût TTC, 40 entreprises mobilisées, 10 salariés, 19.000 documents disponibles, telles sont les principaux « chiffres » décrivant succinctement cette réalisation.

 

Les financeurs sont dans l’ordre : la Communauté d’agglomération de Montpellier (2.588.969 €), l’Etat (872.272 €), le Département de l’Hérault (709.459 €), la Région Languedoc-Roussillon (600.000 €) et la Commune de Clapiers (209.300 €).

 

Le Cabinet d’architecte DLM Associés (Marc Dautheville, Christophe Lladères, Jean-Pierre Mézin) a organisé les différentes salles autour d’un patio lumineux, occupé en son centre par un olivier.

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Patio méditerranéen, véritable puits de lumière 

 

La maîtrise de l’énergie a été une préoccupation majeure : isolation périmétrique performante, chauffage au gaz naturel par le sol, éclairage autonome, régulation thermique sophistiquée, prise en compte du confort d’été.

 

Le parvis de l’édifice est couvert de 260 m² de panneaux photovoltaïques (production prévisionnelle de 36.400 kWh par an soit 54 % de ses besoins électriques).

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 Panneaux photovoltaïques semi transparents en couverture du parvis

 

Le bus de ville desservira prochainement ce bâtiment public qui a été doté d'une station Vélo Magg'.

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Station Vélo Magg' pour favoriser les déplacements doux

La Médiathèque Albert Camus propose, en prêt ou en consultation sur place, des livres (romans et documentaires), des journaux, des revues, des magazines, des albums BD, des CD, des DVD.

 

Il est aussi possible d’utiliser des logiciels d’apprentissage notamment de langues, des accès Internet (23 postes) et de visionner des vidéos de dernière génération Blu-ray.

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 Salle de lecture pour les enfants

 

En outre, la Médiathèque Albert Camus offre des animations, des rencontres, des expositions, des projections vidéo, des lectures de contes, des cours informatiques, etc.

 

Cet établissement fait partie du réseau des 11 médiathèques de l’Agglomération de Montpellier (51.000 abonnés, 1,87 million de prêts, soit 34 emprunts annuels en moyenne pour un abonné).

 

De ce fait, la Médiathèque offre de nouvelles fonctionnalités basées non seulement sur l’utilisation d’Internet mais aussi sur de nouveaux espaces multimédias (images, musique, jeux) et sur le développement des accès distants aux services proposés par les 10 autres médiathèques.

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 Partie réunion de la salle polyvalente cofinancée par la Commune de Clapiers

(réunions/expositions/projections)

 

Cet établissement est le premier à appartenir, localement, à une nouvelle génération de médiathèques où le multimédia occupe le premier plan.

 

Temple du savoir, de la culture, de la distraction intellectuelle, certes, mais aussi lieu de convivialité, d’échanges entre habitants de Montpellier Nord, telle est la fonction sociale de la Médiathèque Albert Camus.

11/07/2009

Des singes à Teyran ?

Un investisseur privé souhaite développer sur la commune de Teyran, en limite de Castries, dans une plantation de pins pignon située entre la RD 145 et la Liaison intercommunale d’évitement Nord (dite LIEN), un parc animalier dédié aux singes magots.

Cet animal vit principalement en Asie sous les Tropiques mais il a su aussi s’adapter au froid. C’est le cas au Japon où le Macaca fuscata s’accommode de la neige.

Le Macaque berbère (Magot Macaca sylvanus), encore appelé Macaque de Barbarie, est le seul primate vivant au Maroc, à part l’espèce humaine bien entendu. Ce serait l’hôte de Teyran. Il est menacé de disparition et occupe les cédraies endémiques du Haut-Atlas (étage montagnard compris entre 1.200 et 2.500 mètres d’altitude). C’est aussi l’attraction du Rocher de Gibraltar.

Au-delà de la sauvegarde des magots, l’objectif du parc animalier est à la fois pédagogique, scientifique et touristique.

Le parc animalier serait équipé de toilettes sèches, de captages d’eau de pluie, d’un assainissement autonome, d’électricité photovoltaïque, de constructions en bois. La nourriture des magots proviendrait des invendus de grandes surfaces, des restes des restaurants et des cuisines centrales tandis que celle des visiteurs serait Bio. Une petite boutique proposerait des articles issus du commerce équitable.

Tout le monde serait donc bien nourri et bien occupé !
Contrairement au poète Marc-Antoine Girard de Saint-Amant (1594-1661), membre de la cabale libertine, qui se plaignait, dans le sonnet intitulé, ironiquement, Les goinfres, de son jeune forcé et de son inactivité :
« Etre deux ans à jeun comme les escargots,
Rêver en grimaçant ainsi que les magots
Qui, bâillant au soleil, se grattent sous l'aisselle. »

Le projet vise à terme l’accueil annuel de 200.000 visiteurs nécessitant la création de 20 emplois. Cet objectif est à comparer aux fréquentations du Zoo de Lunaret (600.000), de la Réserve africaine de Sigean (400.000) et du seul centre comparable en France, au cœur du massif vosgien, proche de Colmar et du Parc des cigognes, en l’occurrence La Montagne des Singes à Kintzheim (300.000). La stratégie de l’exploitant consiste notamment à attirer les visiteurs de la grande voisine : Montpellier.

Teyran va donc t-il accueillir le « Royaume des singes » ? Cela dépendra de l’accueil fait au porteur de projet par les banques. Pour l’heure, l’ambition d’accueil paraît, tout de même, quelque peu surdimensionnée.

Pour plus d’information, se reporter vers le site officiel de la Mairie de Teyran :
http://www.ville-teyran.fr/Download/leroyaumedessinges.pdf

10/07/2009

Tous au chevet de l’Etang de l’Or

Les zones humides sont en régression partout dans le Monde. Ce sont pourtant les milieux les plus riches en terme de faune et de flore.

L’étang de l’Or n’en est donc que plus précieux : il est notre patrimoine écologique, paysager et architectural. Il abrite des écosystèmes riches, fragiles et complexes.

Recul de la qualité des nappes d’eau douce souterraines sur son bassin versant, eutrophisation de ses eaux saumâtres et comblement progressif de l’étang, dégradation des zones humides notamment avec la régression des roselières, sont les menaces principales.

Jusqu’à présent, le Syndicat mixte de gestion de l’étang de l’Or (SMGEO) gérait le site et son périmètre. Un contrat de baie (études et mesures de préservation) a couvert les années 1996-2006 avec les objectifs suivants :
- améliorer la qualité de l’eau de l’étang (réduction des rejets d’eaux usées par exemple),
- réhabiliter les cours d’eau (entretien de la ripisylve et suppression des prélèvements pour l’irrigation) mais aussi lutter contre leurs inondations,
- gérer les marais (amenée d’eau douce par pompage, barrages anti-sel, pêche artisanale, sites d’hivernage, de nidification et de migration des oiseaux),
- connaître les échanges de l’étang avec la mer, les canaux et les cours d’eau,
- informer les populations.


Dans un but de meilleure cohérence et d’efficacité des politiques publiques dans le domaine de la gestion globale des eaux et des milieux aquatiques, le SMGEO va laisser la place d’ici fin 2009 à un syndicat de bassin, appelé Syndicat mixte de bassin de l’Or (SYMBO).

Il s’agit de passer la vitesse supérieure en associant le Département de l’Hérault et 68 communes représentées par leurs intercommunalités (Communautés de communes de l’Etang de l’Or, du Pays de Lunel, du Pic Saint-Loup et Communauté d’Agglomération de Montpellier).

Il est en effet important de faire jouer la solidarité amont-aval.

N’oublions pas que :
- les ruisseaux du Nègue-Cats ou de la Jasse viennent des quartiers sud-est de Montpellier,
- le Salaison naît à Guzargues et passe à Teyran, Le Crès, Saint-Aunès, Mauguio,
- la Cadoule naît au Nord de Guzargues et passe par Castries, Baillargues et Mauguio,
- la Bérange naît à Saint-Drézéry,
- le canal de Lansargues qui collecte la Viredonne et le Berbian, la Canalette du Languedoc et le Canal de Lunel se déversent tous dans l’Etang de l’Or.

Cette union sacrée autour de l’Etang de l’Or conditionnait les aides financières de la Région, de l’Etat et de l’Europe.