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13/03/2013

La viticulture régionale a-t-elle un avenir ?

Après avoir subi une crise de surproduction dans les années 70, mené à bien une révolution qualitative à partir des années 80, la viticulture languedocienne a radicalement changé de visage.

La restructuration du vignoble s'est faite au prix de nombreux arrachages définitifs et d'une hémorragie d'emplois.

Toutefois, l'excellence qualitative est maintenant la règle et des marchés à l'exportation ont été conquis.

La DRAAF Languedoc-Roussillon (Direction régionale de l’alimentation, de l’agriculture, et de la forêt) a réalisé le premier bilan des ventes à l'étranger des vins régionaux, une étude publiée en février 2013 par Agreste, le site de la statistique et de la prospective du Ministère de l’Agriculture, de l’agro-alimentaire et de la Forêt.

Les exportateurs français sont en effet obligés depuis le début de l'année 2012 de déclarer l'origine des vins AOP (Appellation d'origine protégée, « ex AOC ») et IGP (Indication géographique de provenance, correspondant aux Vins de Pays).

France Agrimer, prédécesseur de l’ONIVINS et autres offices par production, fournit aussi tous les ans des chiffres sur l’exportation viticole.

3,4 millions d'hectolitres de vins AOP et IGP du Languedoc-Roussillon ont ainsi été exportés en 2012, pour un montant de 724 millions d'euros.

La France vend à l’étranger au total 15 millions d’hectolitres de vins, pour une valeur de 5 milliards d’€ (essentiellement du Bordeaux et du Champagne), soit 10 fois plus que le montant de ses importations : c’est le premier solde positif du commerce extérieur agroalimentaire devant les produits laitiers (4,5 milliards contre 2,4).

Restructuration du vignoble

Dans les années 1970, la vigne en Languedoc-Roussillon occupait approximativement 500.000 hectares, produisait 30 millions d'hectolitres de vins (rendement de l'ordre de 60 hl/ha) pour un chiffre d'affaires de l'ordre de 2 milliards d'€ (soit environ 0,7 € le litre), 80 % du vin produit relevant de la consommation courante.

Aujourd’hui, il ne reste plus que 230.000 hectares.

En euros constants, les cotations de vins en vrac ont peu ou pas varié.

Type de vin

Prix de vente en vrac en €/litre approximatif

Vin de table (VDT)

0,55

Vin de pays d’Oc (VDP monocépage)

0,70

AOC Corbières ou Minervois

0,80

AOP génériques

0,90

AOP Domaines et Châteaux

1,50

La rémunération moyenne, de l’ordre de 0,80 €/litre est donc supérieure de 15 % environ par rapport aux années 1970.

Avec la baisse de rendement observée, aux alentours de 50 hl/ha, le revenu brut d’exploitation à l’hectare n’a donc absolument pas évolué alors qu’il faut consacrer plus de soins à la culture et de moyens à la vinification : les marges sont donc loin d’être meilleures.

Le chiffre d’affaires de la viticulture régionale a globalement été divisé par deux, en 4 décennies.

Pas étonnant que le nombre d’exploitants agricoles spécialisés en viticulture se soit effondré : 91.000 en 1970, 28.000 en 2000 et 18.000 seulement en 2010.

Sur le plan des emplois, la viticulture languedocienne aura perdu en 40 ans autant d’emplois que les mines de charbon et la sidérurgie réunies en Lorraine.

Actuellement, 5 hectares de vigne génèrent grosso modo 1 emploi direct ou induit.

On peut aussi dire que 1 emploi agricole dans l’amont de la filière viticole en entraîne 1 autre dans l’aval de la filière (transformation, commercialisation, aprovisionnements en intrants, machinisme, œnologie, transport, verrerie, mise en bouteille, recherche, vente au caveau, oeno-tourisme, etc.).

Le recensement général agricole a comptabilisé, en 2010, 18.200 unités travail année (dites UTA, soit 68 % d’exploitants, 20 % de salariés permanents et 12 % de saisonniers) dans les exploitations d’orientation viticole, contre 28.200 en 2000.

10.000 équivalents temps plein directs ont donc été perdus en 10 ans et vraisemblablement plusieurs milliers supplémentaires dans les secteurs d’activités connexes.

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La conquête des marchés à l’exportation

La production en Languedoc-Roussillon – 12 millions d’hectolitres en 2010 contre 20 millions en 2000 – représente tout de même encore 1/3 de la production nationale.

Elle se ventile à 20 % en AOP, 65 % en IGP et 20 % en VSIG (Vins sans indication géographique), ex Vins de Table (VDT), sous la dénomination maintenant Vin de France.

Notre région s’est manifestement spécialisée dans les vins de pays (IGP).

Ces derniers, tirés par l’exportation, sont souvent d’un meilleur rapport pour le vigneron régional : c’est pourquoi, une part importante d’IGP est issue de vignobles qui pourraient revendiquer l’AOP (37 % de la surface régionale mais seulement 21 % de la production, pour raison de rendements plus faibles certes mais aussi pour la raison opportuniste invoquée).

Le Languedoc-Roussillon demeure la première région productrice française (du premier pays producteur au Monde), avec 30 % des surfaces, 70 % de la production des IGP et 12 % de la production des AOP.

Son vignoble bénéficie d’une grande variété de terroirs, cultive une grande diversité de cépages et produit une multitude de vins capables d’occuper le bas comme le haut de gamme.

La crise de surproduction et/ou de mévente s’est maintenant éloignée (les cours du vin ont augmenté de 40 % entre 2000 et 2010).

Le Languedoc-Roussillon conquiert de nouveaux marchés à l’exportation au-delà de ses clients européens traditionnels (dans un ordre décroissant : Allemagne, Pays-Bas, Royaume-Uni, Belgique, Suisse).

Résultat : les ventes en Asie du Nord (dont la Chine, 1er client en valeur pour les AOP, et bien sûr le Japon), excèdent maintenant celles en Amérique du Nord (Etats-Unis et Canada).

La consommation des Français (30 millions d’hectolitres soit 55 litres/habitant/an) ne serait plus suffisante pour acheter les 45 millions d’hectolitres de vins produits en France.

Sur les 15 millions d’hectolitres exportés, le Languedoc-Roussillon en a vendu lui-même, en 2012, 3,4 millions rien qu’en IGP (2,8 millions), soit environ 1/3 de sa production et en AOP (0,6 million), soit environ 1/5 de sa production.

Quelle quantité de Vin de France produite en Languedoc-Roussillon est exportée ?

La France vend à l’étranger, bon an, mal an, entre 7 et 8 millions d’hectolitres de VSIG, pour une valeur de l’ordre de 1 milliard d’€ (dont une part non négligeable provient de vignes classées en AOP, ou même IGP).

Les chiffres à l’exportation de ces vins en Languedoc-Roussillon (qui en produit un peu plus d’1/3 en France) ne sont en fait pas connus : il doit bien s’en vendre toutefois à l’étranger quelques centaines de milliers d’hectolitres sur les 2 millions disponibles.

Pour ce qui est des IGP, essentiellement des vins de cépage (Chardonnay, Sauvignon, Viognier, Marsanne, Roussanne, en blanc, Merlot, Cabernet-Sauvignon, Syrah, Mourvèdre, Pinot noir, etc.,  en rouge), le Languedoc-Roussillon truste 72 % des exportations françaises (et aussi 72 % en valeur).

Concernant les AOP, elle représentent tout de même 20 % du total français (l’AOC Languedoc avec ses villages et châteaux sans oublier les Vins Doux Naturels), même si cela ne représente que 3 % en valeur.

Dans les vins IGP exportés, 20 % sont des vins blancs et à 80 % des Vins de Pays d’Oc (le reste en Vins de pays de zone et de département).

Les vins AOP exportés sont très majoritairement des vins rouges, exceptés notamment la Blanquette de Limoux (7 % en volume) et les Muscats (1 % en volume).

En IGP, les Etats-Unis et le Canada sont de bons clients avec des prix unitaires élevés, de l’ordre de 2 €/litre.

En AOP, la rémunération moyenne est de 3 €/litre, un prix intéressant même s’il est loin de la moyenne française de 7 €/litre.

Globalement, les exportations sont une réelle chance pour la viticulture languedocienne.

Ce sont les IGP (ex Vins de Pays) qui sont en pointe dans le domaine et les AOP (ex AOC) à la traîne (il faudrait qu’elles croissent de 50 % pour rattraper le niveau d’exportation des IGP !).

La Blanquette de Limoux est aussi performante que les IGP à l’export, au contraire des Vins Doux Naturels (VDN) qui ne percent absolument pas à l’étranger.

Le label Sud de France et la Région Languedoc-Roussillon sont des appuis forts à l’exportation.

Cette dernière est l’avenir de la filière viticole régionale, avec le circuit court (déjà 1 viticulteur sur 5) et le Bio (150 exploitations en 2000, 1.000 en 2010 et un millier envisageant une conversion à l’Agriculture Biologique d’ici 5 ans).

C’est sur les marchés émergents (hors Europe) que le Languedoc-Roussillon doit porter ses efforts car nous suivons avec retard la montée constatée dans les autres régions viticoles françaises de la clientèle des continents américain et asiatique.

Sur les 12 millions d’hectolitres produits dans notre région, 1,5 sont consommés localement, 7 dans le reste de la France et déjà 3,5 à l’étranger.

A l’avenir, au prix de gains de productivité et d’une adaptation continue des produits proposés, nos vignerons vont développer leurs parts de marchés dans les pays émergents.

Notre viticulture vivra ainsi demain essentiellement de l’exportation !

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Crédit photographique : Michel Chastaing

26/11/2009

6ième Fête des Vignes à Montpellier : une allégorie de la campagne en ville

La 6ième Fête des Vignes se tient les 27 et 28 novembre 2009, sur la Place de la Comédie, à Montpellier.

Un « village vigneron » va accueillir 42 producteurs (Vins de Pays, AOC Pic Saint-Loup et AOC Grés de Montpellier).

 

Le dimanche 29 novembre, ces derniers recevront dans leur caveau les curieux et les acheteurs.

 

Pour 6 bouteilles achetées, une septième sera offerte sur présentation du coupon de dégustation.

 

Ce dernier, d’un coût de 2 €, permettra le vendredi et le samedi d’acheter un verre à vin gravé au logo de la Communauté d’agglomération de Montpellier et de déguster trois crûs de son choix.

 

Le bénéfice de la vente sera reversé à une association humanitaire, en l’occurrence, cette année 2009, au Sidaction.

 

6ièmeFêtedesVignes2009.jpg

Cette manifestation s’inscrit dans la politique de soutien des activités viticoles, agricoles et aux traditions rurales, menée par Montpellier Agglomération.

Il s’agit de mettre à l’honneur les vignerons des communes de Baillargues, Beaulieu, Castelnau le Lez, Castries, Grabels, Montaud, Montpellier, Murviel lès Montpellier, Pignan, Restinclières, Saint-Drézéry, Saint-Geniès des Mourgues, Saint-Georges d’Orques, Sussargues, Villeneuve lès Maguelone, etc.

 

La Fête des Vignes a été complétée sur l’année calendaire par la Foire de la Truffe à Saint-Geniès des Mourgues, le Festival de la Tomate à Clapiers et la Foire de l’Olive à Pignan.

 

Un soutien à la Fête de la Pierre à Beaulieu est à l’étude.

 

Pour revenir à la Fête des Vignes, caves particulières et caves coopératives ont leur stand sur la Comédie.

 

C’est aussi le cas du Muscat de Frontignan (sans concurrence sur le territoire de l’Agglo de Montpellier) et il existe une demande de certains vignerons, hors Agglomération de Montpellier, de profiter de l’aubaine : une affluence se comptant en plusieurs dizaines de milliers de visiteurs, juste avant les fêtes de Noël.

 

Montpellier confirme bien son rôle de capitale de la viticulture en Languedoc-Roussillon.